Christophe Saliceti
politicien français
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Antoine Christophe Saliceti ou Salicetti, né à Saliceto (Corse) le , mort à Naples le , est un homme politique et diplomate français.
| Membre du Conseil des Cinq-Cents | |
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| Député de la Corse | |
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| Député aux États généraux de 1789 | |
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| Nom dans la langue maternelle |
Antone Cristufaru Saliceti |
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Carlo Saliceti Pierre-Jean-Thomas Boerio (Beau-père) |
| Parti politique | |
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Biographie
Enfance et éducation
Antoine Christophe Saliceti naît le à Saliceto[1][réf. incomplète]. D'une famille gibeline originaire de Plaisance et réfugiée en Corse[1]. Dès son plus jeune âge, Saliceti fit preuve d'une intelligence vive et d'une mémoire infaillible, qualités qui lui valurent d'excellents résultats scolaires. Étudiant en droit en Toscane, il manifesta un intérêt marqué pour la politique corse. Après avoir obtenu son diplôme, il fut admis au barreau de Bastia et au Conseil supérieur de Corse, dont il devint plus tard député du Tiers État.
Le , il est élu député du tiers état aux États généraux[1]. Informée par Jean-Baptiste Galeazzini, Guasco et Morati de l'émeute du à Bastia, saisie de l'adresse de citoyens d'Ajaccio rédigée le par Bonaparte, toutes deux dressées contre l'intendant de Corse Barrin et son entourage contre-révolutionnaire, la Constituante vote le une motion de Saliceti qui intègre la Corse au royaume de France et une motion de Mirabeau autorisant le retour dans leur patrie des Corses qui après avoir combattu pour leur liberté se sont expatriés à la suite de la conquête de l'île. Ce vote fait suite aux demandes inscrites dans les cahiers de doléances de la population corse de 1788, d'intégrer "à égalité de droits et de devoirs l'empire français" et permet en le retour en Corse de Pascal Paoli exilé en Angleterre.
À la tête de l'opposition contre Pascal Paoli, devinant chez lui des sentiments très tièdes pour la Révolution, Saliceti redevient député à la Convention élu par le département de la Corse en . Il siège avec les Montagnards. Dès , il dénonce à la Convention la trahison probable de Paoli. Le , il vote pour la mort du roi Louis XVI.
Il demande qu'on s'occupe de la défense de la Corse et signale l'indiscipline de Paoli qui protège les prêtres réfractaires. Le , il est désigné commissaire avec Lacombe-Saint-Michel et Joseph-Étienne Delcher. Ils ne débarquent dans l'île qu'en ; mais ne parviennent pas à convaincre Paoli de se rendre à Paris. Entre-temps influencée par les dénonciations de Lucien Bonaparte au club jacobin de Toulon, la Convention décrète les arrestations de Pozzo di Borgo et de Paoli. La situation en Corse devient intenable pour la famille Bonaparte puis pour les commissaires qui doivent rembarquer pour ne pas être pris en otage. Le , la Convention déclare « le traître Paoli hors-la-loi ».
Saliceti, représentant en Provence, aide à la répression d'une révolte à Marseille et, le , fait nommer Napoléon Bonaparte commandant provisoire de l'artillerie à l'armée assiégeant Toulon.
À la chute de son ami Robespierre, le 9 thermidor, Saliceti est dénoncé mais sauvé par l'amnistie de l'an IV.
Sous le Directoire et le Premier Empire
En , il est nommé commissaire à l'armée d'Italie et y joue un rôle auprès de Napoléon Bonaparte. Il contribue, en , à la reconquête de la Corse, et à la réorganisation des deux départements qui divisent l'île. Il est élu député au Conseil des Cinq-Cents. En 1798, il est en mission dans la république Ligure (Gênes). Hostile au Coup d'État du 18 Brumaire an VIII (), Napoléon l'envoie néanmoins représenter la France à Lucques (1801-1802), puis à Gênes (1805) où il fait voter l'annexion de la Ligurie à la France. En 1806, il accompagne à Naples le nouveau roi Joseph Bonaparte et celui-ci le nomme ministre de la Police le . Le , il est aussi nommé ministre de la guerre. Il agit à Naples en quasi vice-roi pour le compte de l'Empire français. En , il survit à l'explosion de sa maison organisée par une cellule bourbonienne dirigée par le prince de Canosa (commandant sicilien dans l'ile de Ponza). Confirmé par le nouveau roi Joachim Murat, en il lui donne son unique succès militaire, la prise de Capri, que Saliceti a préparée avec son réseau d'agents secrets et de contrebandiers corses (notamment Antoine Suzarelli). Le , il démissionne du ministère de la guerre par ordre de Napoléon, qui le rappelle à Naples. Envoyé à Rome comme président de la commission de réforme administrative des territoires ex-pontificaux annexés au Grand Empire. En juin il revient à Naples menacée par l'expédition anglo-sicilienne d'Ischia et Procida.
Napoléon a dit de lui[2] : « Saliceti, les jours de danger, valait cent mille hommes ! ».
Il est le gendre de Pierre-Jean-Thomas Boerio et de Marie Catherine Arrighi de Casanova.
Mort
Saliceti mourut subitement dans la nuit du 23 décembre 1809, des suites d'une crise de douleurs abdominales et de vomissements survenue à la fin d'une représentation théâtrale : « il n'eut pas le temps de faire son testament ni de se confesser, en fait, il n'y eut même pas de prêtre pour l'assister dans ses derniers instants, car on l'appela et il arriva alors qu'il était déjà mort »[3]. En raison de nombreuses rumeurs selon lesquelles il aurait été empoisonné par le préfet de police de Naples, Antonio Maghella, une autopsie fut ordonnée. Elle fut pratiquée par Cotugno et le protochirurgien Peborde, qui conclurent à une mort par « colique hépatique d'origine néphritique ».
Héritage

Saliceti était détesté de beaucoup. Il avait un caractère dur, distant et méfiant, conformément à sa profession. « De Robespierre, il avait appris la froideur absolue, le regard glacial, l'absence totale d'émotion. C'était un acteur raffiné et détaché. Il savait se montrer docile puis impitoyable, inflexible et inexorable. » C'est ainsi que Guy de Maupassant le décrit, d'après les témoignages que le célèbre écrivain a recueillis en Corse.
Bibliographie
- Laure Junot d'Abrantès, Mémoires sur la restauration, ou souvenirs historiques, Bruxelles, Wahlen,
- Augusto Aglebert, I primi martiri della libertà italiana ed origine della bandiera tricolore; o congiura e morte di L. Zamboni e G. B. De Rolandis, Bologne, Mattiuzzi,
- (it) Attilio Brunialti, Lo Stato e la Chiesa d’Italia, Torino, UTET,
- (it) Vittorio Fiorini, I francesi in Italia (1796-1815), Milan, Fratelli Treves,
- Giovanni Sforza, Per la storia Del Tricolore Italiano, Modena 1907.
- (it) Riccardo Pierantoni, Il tricolore d'Italia, Florence, Bemporad,
- (it) Luigi Rangoni-Machiavelli, « La bandiera tricolore e gli stati italiani del 1848-49 con cenni sull'origine del Tricolore », Rassegna storica del Risorgimento, Roma, vol. 1,
- Guy de Maupassant - Une page d'histoire inédit - Le gaulois 27 ott 1880.
- Guy de Maupassant - Le commissaire de la République Saliceti sauve Napoléon - Les Nouvelles 1886.
Notes
- De la correspondance de Christophe Salicetti est conservée aux Archives nationales sous la cotes 212AP[4].