Parti français (Corse)

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Fondation1755
Disparition1796
SiègeDelà des Monts (1755-1769)
Ajaccio (après 1769)
Parti français
Pro-français
Parti républicain (après 1792)
Image illustrative de l’article Parti français (Corse)
Logotype officiel.
Présentation
Figures de proue François Gaffori
Matteo Buttafoco
Christophe Saliceti (après 1789)
Napoléon Bonaparte (après 1789)
Jacques Pierre Abbatucci (après 1769)
Antoine Gentili (après 1793)
Fondation 1755
Disparition 1796
Siège Delà des Monts (1755-1769)
Ajaccio (après 1769)
Religion Catholicisme
Allégeance Drapeau de la Corse République corse (1755-1768)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France (1768-1789)
Monarchie constitutionnelle française (1791-1792)
Première République (France) (1792-1796)
Alliés Drapeau de la Corse Paolistes (1755-1768 puis 1789-1793)
Drapeau de la Grande-Bretagne. Royaume de Grande-Bretagne (1755-1768)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France (soutien indirect, 1755-1768)
Adversaires Drapeau de la République de Gênes République de Gênes (1755-1768)
Drapeau de la Corse Paolistes (1768-1789 puis 1793-1796)
Drapeau de la Grande-Bretagne. Royaume de Grande-Bretagne (après 1790)
Royaume de Sardaigne (1793)
Drapeau du Royaume de France Armée des émigrés (après 1793)
Forces armées Drapeau du Royaume de France Régiment Royal-Corse (jusqu'en 1788)
Drapeau de la Corse Armée de la République corse (1755-1768)
Drapeau de la France Bataillons républicains de Corse (1792-1796)
Idéologie Nationalisme corse (jusqu'en 1768)
Anti-génois
Francophilie
1768-1789
Monarchisme
Pro-Maison de Bourbon
Unionisme
1789-1796
Monarchisme constitutionnel (1789-1792)
Républicanisme (après 1792)
Nationalisme français
Nationalisme d'État
Communautarisme corse
Idées des Lumières
Anti-royalisme
Robespierrisme (factions)
Anglophobie
Affiliation nationale Montagnards (jusqu'en 1794)
Drapeau de la France Thermidoriens (après 1794)
Drapeau de la France Comité de salut public (après 1792)
Drapeau de la France Directoire (après 1795)

Le Parti français était une faction politique corse du XVIIIe siècle favorable d'abord à des relations étroites entre la République corse et le Royaume de France. Par la suite, le Parti français devient un mouvement unioniste.

Le terme de Parti français est alors synonyme de « Francophilie » ou de « Partisans de la Maison de Bourbon » durant les 39 années de la Guerre d'indépendance corse contre la République de Gênes. Par la suite, le Parti français devient synonyme de soutien à l'intégration de la Corse à la France.

Histoire

Sous la République corse (1755-1768)

Le Parti français participe aux côtés des Paolistes à la fondation et à l'établissement de la République corse.

La participation à la vie politique est forte, Matteo Buttafoco sera ainsi l'instigateur du Projet de constitution pour la Corse et demande à Jean-Jacques Rousseau de rédiger la Constitution corse.

Le Parti français incite le Général Paoli a se rapprocher de la France. Si Paoli envoie des représentants auprès des capitales européennes pour essayer d'obtenir une reconnaissance, il se méfie en revanche du Royaume de France dont il ne partage ni les principes, et pense que trop se rapprocher de la France. De plus, Paoli, bien qu'il doit composer avec le Parti français tout aussi viscéralement anti-génois que ses propres partisans, le Général se méfie de fait du Parti français, qui reste très influent dans le Sud de la Corse.

Bien que le Royaume de France soit officiellement l'allié de la République de Gênes, le Régiment Royal-Corse de l'Armée royale française s'avèrent soutenir la République corse contre Gênes, Buttafoco et François Gaffori étant eux-mêmes des gradés de l'armée française en parallèle d'être des hommes politiques de la République corse. En effet, le Royaume de France agit en sous-main et fait double jeu car il a l'ambition de prendre la Corse.

Conquête française de la Corse

Avec le Traité de Versailles de 1768, le Royaume de France obtient officiellement de Gênes la souveraineté temporaire sur la Corse. Le Royaume attaque la République corse, et le Parti français se range derrière la Monarchie française, bénéficiant d'un certain soutien que la République de Gênes n'avait pas.

Après la Bataille de Ponte-Novo en 1769, le régime paoliste est renversé et la Corse est rattachée de facto à la France. Les autorités françaises proclament l'amnistie générale. Le Parti français en sort renforcé, tandis que des Paolistes s'exilent ou prennent les armes contre la Monarchie française, d'autres rejoignent le Parti français dont Jacques Pierre Abbatucci et Charles Bonaparte.

En contrepartie, le Royaume de France anoblit les puissants clans Corses qui lui ont prêté allégeance, qui s'avèrent être nombreux, l'exemple le plus frappant étant la Famille Bonaparte, les mesures concernent également les Abbatucci et la Biaccochi, qui sont très puissants sur l'île.

Révolution française et réconciliation avec les Paolistes

À l'instar des Paolistes, le Parti français soutien la Révolution française en 1789, et les acquis qu'elle donne. La même année, Christophe Saliceti, le puissant député aux États généraux corse propose le Décret de rattachement de la Corse à la France.

« Je demande qu'il soit rendu sur-le-champ un décret par lequel il est déclaré que la Corse fait partie de l'empire français ; que ces habitants doivent être régis par la même question que les autres Français, et que dès à présent le roi sera supplié d'y faire parvenir et exécuter les décrets de l'Assemblée nationale. »

Le décret fut ensuite voté à l'unanimité par l'Assemblée constituante nationale peu avant sa dissolution :

« L'île de Corse est déclarée partie de l'empire français ; ses habitants seront régis par la même constitution que les autres Français, et dès à présent le roi est supplié d'y faire parvenir et publier tous les décrets de l'Assemblée nationale[1],[2]. »

Pascal Paoli, qui soutient la révolution et la monarchie constitutionnelle d'abord une lettre au président de la Constituante « [...] En admettant la Corse parmi les provinces de la France, elle a trouvé le moyen le plus infaillible d'attacher les habitants de cette île au gouvernement français [...] ». Plus tard, Paoli envoie une lettre à Nobili-Savelli « Notre peuple rompt ses chaînes, l'union libre à la nation française n'est pas la servitude, mais la participation de droit. »[3]

Avec l'appui des révolutionnaires français, du Parti français et de ses partisans, Pascal Paoli est accueilli triomphalement d'abord à Paris, puis en Corse en 1790. Ces événements constituent alors une réconciliation entre Paolistes et partisans corses de la France.

Toutefois, à partir de 1792, les relations se tendent à nouveau entre les Paolistes et le Parti français, et lorsque la Terreur s'abat dans toute la France, Christophe Saliceti la soutient ouvertement, les généraux Corses de l'armée révolutionnaire française appuient la Convention Montagnarde, Napoléon Bonaparte est envoyé par Saliceti pour écraser les insurrection du Sud de la France. Au contraire, les paolistes s'éloignent progressivement de la Révolution française à cause des excès qu'elle suscite.

En 1793 le député Saliceti avait favorablement voté pour la mort du roi Louis XVI, le Parti français ne se soulève pas après l'exécution de Louis XVI, et une bonne partie des partisans corses sont proches du régime de Maximilien de Robespierre.

Le moment fatidique de la seconde rupture entre Paolistes et Républicains corses s'annonce avec l'Expédition de Sardaigne qui s'avère un fiasco total. Saliceti et Lucien Bonaparte soupçonnent Paoli d'avoir fait saboter l'opération par ses partisans. Tandis que le directoire envoie Christophe Saliceti et deux autres hommes politiques en Corse. Paoli est alors soupçonné de protéger des Prêtres réfractaires et de sympathie contre-révolutionnaires.

Rupture définitive avec les Paolistes

Tandis que Lucien Bonaparte accuse ouvertement Paoli de sabotage et de sédition. Paoli reçoit une convocation des autorités révolutionnaires. La France révolutionnaire étant au même moment en période de Terreur, Pascal Paoli sait que se rendre à Paris devant la Convention signerait son arrêt de mort. Le Directoire déclare finalement Paoli « hors-la-loi », « ennemi du peuple » et l'accuse de trahison envers la République française[4].

Paoli décide alors de faire Sécession et en appelle au Royaume de Grande-Bretagne. En 1794, l'invasion de la Corse par la Grande-Bretagne déclenche la guerre de Corse, les Paolistes et les Britanniques entrent en conflit ouvert avec le Parti français.

Guerre de Corse et chute du Paolisme

L'Invasion de la Corse mène à des affrontements ouverts entre la Garde nationale de Corse qui fait face aux Paolistes soulevés à l'intérieur et aux Britanniques qui attaquent les côtes.

Rapidement, Paoli s'alienne les anciens généraux de la République corse désormais membres de la Garde nationale de Corse. Lors de l'établissement du Royaume anglo-corse, Jacques Pierre Abbatucci, Ange-Mathieu Bonelli et Antoine Gentili, autrefois proches de Paoli, prennent désormais le parti de la France révolutionnaire.

Une partie des Corses soutiennent néanmoins le nouveau régime anglo-corse et le Parti français se retrouve largement affaibli dans l'île. Toutefois, durant les deux années de présence britannique en Corse, le mécontentement devint croissant. Les britanniques concentrent le pouvoir, les acquis de la révolution française, bénéfiques pour les Corses sont balayés par des lois imposés par le Royaume de Grande-Bretagne et en 1795, les britanniques évincent Pascal Paoli et l'incite à s'exiler en Grande-Bretagne. Ces mesures, contre-productive pour le régime et les britanniques s'avèrent renforcer le parti républicain.

Au fil du temps, le Parti français se renforcent du fait de la colère des Corses envers le régime pro-anglais, renforcé par des transfuges paolistes mécontent que le Général soit écarté et forcé à l'exil par les Britanniques.

En 1796, le Parti français se soulèvent et prend le maquis, puis c'est Bocognano qui s'embrase contre le regime anglo-corse, le Parti français et les transfuges du paolisme de toute la Corse finissent par se soulever. Horatio Nelson fait un constat désespéré de la situation

« Nos affaires de Corse sont bien sombres ; il y a un parti républicain très fort dans cette île, et ils sont bien soutenus par la France ; au premier moment favorable, ils agiront certainement contre nous[5]. »

Les Britanniques et les derniers partisans Paolistes sont attaqués de toute part par les rebelles Corses soutenus par la France, subissant la débâcle. De plus, la menace de l'entrée en guerre de l'Espagne incite les britanniques à quitter la Corse, scellant la fin du Royaume anglo-corse. Lorsque les troupes du Général français Antoine Gentili débarquent en Corse, le Royaume anglo-corse avait déjà cessé d'exister. Le parti français a gagné son bras de fer, tandis que les Paolistes ont perdus définitivement toute influence.

Motifs de ralliement

Ancien Régime

Le soutien d'une partie de la population corse au Parti français s'explique par les privilèges et la puissance qu'offrait aux nobles Corses les forces du Royaume de France. Par exemple, la Famille Bonaparte est reconnue noble en 1771.

De plus, l'Ancien Régime a amnistié tous les soldats et dirigeants de la République corse. Toutefois, des rebelles paolistes mènent une insurrection depuis le maquis jusqu'en 1789.

France révolutionnaire (1789-1796)

Durant la Révolution française, le Parti français désigne le parti pro-révolutionnaire en Corse. C'est le Parti français, comme le reste des nouvelles forces révolutionnaires de Paris qui accueillent Pascal Paoli, qui revient de son exil. Le Parti français tout comme les paolistes sont unis ideologiquement par leur soutien aux idées des Lumières. À Paris, des députés pour la Corse sont élus.

Christophe Saliceti, député pour la Corse, est à l'instigation de la réunion de la Corse à la France, acceptée par Paoli qui adhère alors à la France révolutionnaire. L'un des motifs étaient la crainte que la République de Gênes puissent revenir en Corse. La motion est acceptée par les Corses et l'Assemblée nationale vote pour l'intégration de la Corse et la considération des Corses comme des citoyens français bénéficiant des mêmes droits que les autres Français.

Puis après la formation du Royaume anglo-corse, le parti français en Corse gagne du terrain par rapport aux Paolistes qui composent avec le régime britannique à cause de la politique britannique qui s'avère être contraire aus aspirations des Corses: alors que le Royaume anglo-corse était formé comme une Union personnelle avec le Royaume de Grande-Bretagne, les britanniques avait en réalité l'intention d'absorber la Corse dans leur empire et évincent immédiatement Pascal Paoli, ce qui a eu un impact décisif sur la victoire du Parti français devenu très puissant dans l'île. Après deux années de domination britannique, le Royaume anglo-corse s'effondre suite à la révolte de 1796 à Bocognano qui a finalement embrasé toute la Corse[6].

Motifs historiques

Dans leur histoire, de nombreux Corses s'étaient battus pour des puissances étrangères avant la Guerre d'indépendance corse, qui leur offrait des opportunités. La France était l'un de ces pays et disposer d'un régiment corse.

Héritage

Bibliographie

Références

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