Christos Clairis
From Wikipedia, the free encyclopedia
Christos Clairis, né en 1941 à Istanbul est un professeur émérite de linguistique générale à la Sorbonne, Université Paris Descartes et vice-président de la Société Internationale de Linguistique Fonctionnelle (SILF)[1]. Il est l'un des premiers à s'être intéressé à la langue des Alakalufs, une tribu de la Terre de Feu au sud du Chili, dans les années 1970 avant la dictature de Pinochet. Il a co-écrit une grammaire du grec moderne avec Giorgos Babiniotis.
| Naissance | |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle |
Χρήστος Κλαίρης |
| Nationalité |
Française, Grecque |
| Formation | |
| Activités | |
| Rédacteur à |
Temporalités, La Bretagne linguistique (d), Journal de la société des américanistes, La Linguistique (d) |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Membre de |
Société internationale de linguistique fonctionnelle (d) |
| Directeur de thèse |
Travaux principaux
De 1967 à 1969, Christos Clairis suit des études de linguistique à Paris où il obtient le Diplôme d’Études Approfondies sous la direction de Bernard Pottier, puis il s’inscrit en thèse de doctorat sous la direction d'André Martinet, le père de l’analyse fonctionnaliste en linguistique française[2].
Ses recherches sur les langues de la Patagonie et de la Terre de Feu le conduisent à fonder en 1972, au sein de l’Université Catholique de Valparaíso, le Centro de Investigación de Lenguas Indígenas (CILI)[3] qu’il dirigera jusqu’à sa suppression par les autorités militaires sous la période de la dictature de Pinochet, arrivé en pouvoir par un coup d'état en 1973. Dans le cadre de sa troisième mission de collecte de données auprès des Qawasqars à Puerto Edén en 1973, il va collaborer avec Jacques-Yves Cousteau qui se rend à Puerto Edén avec la Calypso[4] pour la préparation du film La vie au bout du monde[5] dans lequel il apparaît brièvement. Ses enregistrements de musiques issues des différents peuples autochtones d'Amérique du sud vont aussi donner lieu à la sortie d'un vinyle sous le titre Amerindian Music of Chile: Aymara, Qawashqar, Mapuche sorti aux États-Unis en 1975[6].
Revenu en France, il occupe successivement les postes de lecteur à l’Université de Nanterre-Paris 10, chargé de cours, puis maître de conférence associé, professeur associé et finalement, en 1986, professeur titulaire de linguistique générale à Université René Descartes-Paris 5, en Sorbonne[2].
Auparavant, il a soutenu, en 1982, sa thèse de Doctorat d’État intitulée Linguistique fuégienne. Le qawasqar sous la direction d’André Martinet[2].
De 1987 à 1990 il assume la direction de l’UFR de linguistique générale et appliquée de l’Université René Descartes en tant que doyen[2]. Avec Fernand Bentolila, il fonde, en 1992, le laboratoire Théorie et Description Linguistique dont il assume la direction de 1997 à 2009[2].
Christos Clairis est l'un des premiers linguistes à s'intéresser à la langue qawasqar[2], la langue parlée par les Qawasqars, aussi appelés Alakalufs, une tribu nomade vivant dans la Terre de Feu. Il est le deuxième scientifique à se rendre auprès d'eux à la suite de José Emperaire, qui était resté auprès d'eux dans les années 1946-48 et en avait fait un livre Les Nomades de la mer[7]. Dans les années 1970, Clairis va se rendre auprès d'eux et enregistrer plusieurs heures de conversation en qawasqar, une langue aujourd'hui en voie de disparition et dont certains extraits sont disponibles en ligne sur son site[8].
En tant qu'héritier d'André Martinet, Christos Clairis va promouvoir une approche fonctionnaliste de la linguistique dont témoigne son ouvrage principal Vers une linguistique inachevée de 2005[9], traduit en grec en 2007[10] et en portugais en 2008[11].
Il s'est aussi rendu sur l'île de Pâques en 1976 où il a effectué des enregistrements sonores uniques de la langue rapanui[12] qu'il a aussi publiés en vinyle sous le titre "Musiques de l'île de Pâques" avec le Musée de l'homme[12],[13].
Dans les années 1990-2000, il a co-écrit une grammaire du grec moderne avec Giorgos Babiniotis de l'Université d'Athènes[14].
En 2025-2026, Christos Clairis contribue, avec Giorgos Babiniotis et Georgios Koumoutsakos (délégué permanent de la Grèce auprès de l'UNESCO), à la désignation par l'UNESCO du 9 février en tant que journée mondiale de la langue grecque[15],[16].
Apparitions filmographiques
Christos Clairis apparaît dans le film "La vie au bout du monde" de Jacques-Yves Cousteau de 1975[5] et dans l'ouvrage éponyme de 1979[4].