Chronique du règne de Charles IX
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Chronique du règne de Charles IX[1] est un roman historique de Prosper Mérimée, publié en 1829.
En 1816, Guy Mannering de Walter Scott est traduit en français. Mais c'est Old Mortality, traduit l'année suivante sous le titre Les Puritains d'Écosse, qui fait connaître l'auteur écossais en France. En 1823, Scott triomphe sur le continent avec Quentin Durward[2]. En 1826, Alfred de Vigny publie à son tour un roman historique, Cinq-Mars, qui a beaucoup de succès[3]. Quant à Walter Scott, sa popularité accuse un recul sensible en France avec la traduction en 1827 de sa Vie de Napoléon Buonaparte[4]. Prosper Mérimée veut écrire un roman historique, mais très différent de ceux de Walter Scott, très différent aussi de celui de Vigny.
Issu d’une famille voltairienne, Mérimée, qui n'avait pas été baptisé, est critique à l’égard de la religion. Cependant, il fréquente beaucoup les milieux protestants. Écrivant sur les guerres de religion, il se montre, dans ce livre, plutôt favorable aux huguenots persécutés. Parmi ses nombreuses sources[5], sa préférence va à Agrippa d’Aubigné.
Le livre paraît le . Trois semaines plus tard, le , paraîtra Le Dernier Chouan ou la Bretagne en 1800, roman historique de Balzac, qui deviendra en 1834 Les Chouans ou la Bretagne en 1799.
Résumé
En 1572, durant une courte période de paix des guerres de religion, Bernard de Mergy, jeune noble protestant, se rend à Paris pour se mettre aux ordres de Coligny. Il y retrouve son frère, George, converti au catholicisme.
Amoureux d'une noble catholique, Diane de Turgis, Bernard tente de la séduire et de conquérir l'estime du roi. Mais il ne peut faire oublier sa religion, dans cette époque d'intolérance.
Pour les beaux yeux de Diane, il se bat en duel et tue son rival, Comminges. Blessé, il est soigné par Ambroise Paré. Il est ensuite caché par une sorcière à qui Diane fait dire une messe blanche pour son rétablissement. Mais Diane, qui est très dévote, veut à tout prix le convertir.
Au hasard d'une rue, il échappe de justesse à des catholiques. Et il se trouve fort heureusement chez Diane pendant le massacre de la Saint-Barthélemy. Cette nuit-là, Diane tente une nouvelle fois, mais en vain, de le convertir. Déguisé en moine, Bernard fuit Paris.
George, de son côté, a refusé d’abattre Coligny, puis de prendre part au massacre. Il est emprisonné. Libéré sur ordre du frère du roi, il participe au siège de La Rochelle, ville dans laquelle Bernard a trouvé refuge.
Bernard, qui combat sous les ordres de La Noue, tend une embuscade à un groupe de cavaliers menés par un capitaine en qui il ne reconnaît pas son frère. Il ordonne à ses arquebusiers de ne pas manquer le capitaine. George est grièvement blessé. Il meurt stoïquement, refusant l’assistance d’un moine et d’un ministre de la religion réformée qui se disputent impudemment son âme.
Quant à savoir si Bernard va se consoler et si Diane va prendre un autre amant, l’auteur laisse au lecteur le soin d’en décider.