Chronobiologie des migraines
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La chronobiologie des migraines consiste en l'étude de la variation des migraines selon le temps. La nature oscillante des migraines s’observe à plusieurs échelles et suggère qu’elle suit des rythmes circadiens, hebdomadaires, menstruels et saisonniers.
Influence de la mélatonine plasmatique

Il existe une variation circadienne dans la fréquence des crises de migraine et ces dernières sont déclenchées avec un pic en matinée[1](entre 6 h et 12 h).
Il a été suggéré que la mélatonine plasmatique, une hormone qui est impliquée dans la rythmicité endogène du cycle éveil-sommeil, pourrait être un marqueur biochimique fiable dans la détection des migraines. La population souffrant de migraine a montré une diminution significative des niveaux de mélatonine plasmatique, comparée à celle d’un groupe témoin[2]. Ceci a été d’ailleurs confirmé par une étude effectuée sur une petite série de patients migraineux, chez qui la mélatonine administrée a été efficace dans la réduction des crises de migraines[3].
Influence du cortisol plasmatique
Le stress représente le facteur le plus important à l’origine de migraines démontrant qu’une autre hormone pourrait être impliquée dans l’oscillation circadienne des crises de migraine : le cortisol plasmatique. En général, les niveaux de cortisol atteignent leur pic tôt le matin, juste avant le réveil, et chutent au cours de la journée[4]. Certains patients migraineux présentent des niveaux de cortisol élevés qui ne respectent pas la norme. Cependant, l’augmentation de cortisol plasmatique pourrait être le résultat de la douleur des migraines elles-mêmes ou de la présence d'un certain type d’état psychologique ou émotionnel et non pas directement la cause de la migraine[5].
Les résultats retrouvés dans la littérature mentionnent à la fois des niveaux de cortisol élevés[5] et normaux à faible[6] dans certains cas, durant des épisodes de migraines. Néanmoins, les raisons expliquant ces différences sont encore méconnues. De plus, il s’avère que peu importe la matrice biologique utilisée, les résultats restent les mêmes[6]. Ainsi, l’association entre les taux de cortisol plasmatiques et les migraines est encore mal connue et même plutôt controversée.
Bien que des études montrent que les crises de migraine suivent un modèle cyclique monophasique de 24 heures avec un pic tôt le matin, d'autres études rapportent un pic à d’autres moments de la journée ou encore un modèle cyclique biphasique de 24 heures avec deux pics[7]. Toutefois, cela pourrait s'expliquer par des différences méthodologiques telles que les différences d'âge et le type d'étude.
Distribution hebdomadaire
Les crises de migraines ont une distribution hebdomadaire et leur fréquence augmente vers la fin de la semaine. En effet, le samedi est associé à un nombre significativement plus élevé de crises que les autres jours de la semaine. Toutefois, il est peu probable qu’un rythme infradien endogène soit responsable du schéma de distribution de ces migraines. En revanche, les facteurs environnementaux sont une explication plus plausible puisque le passage de la semaine au week-end s'accompagne souvent de changements dans le mode de vie[8].
L'explication généralement proposée pour les migraines qui apparaissent à cette période est le changement du niveau de stress, voire la disparition soudaine du stress pendant la fin de semaine[9]. De plus, seuls les patients ayant un emploi, et non les chômeurs, possèdent ce schéma de distribution hebdomadaire. Ces résultats indiquent donc que le travail et le stress lié au travail influencent grandement le schéma hebdomadaire de la migraine[10].
La modification du rythme du sommeil a également été soulignée, puisqu’il a été suggéré que le sujet dort trop longtemps, ou plus longtemps que d'habitude pendant la fin de semaine. Néanmoins, le fait de faire la grasse matinée la fin de semaine ne semble pas à lui seul être un facteur suffisant pour induire un risque[11].
Quelques études ne démontrent pas une augmentation significative de la fréquence de ces crises le week-end et suggèrent plutôt qu’elles sont distribuées de manière égale tout au long de la semaine[12].
