Chrysostomos Mantzavinos
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Université nationale et capodistrienne d'Athènes
Université Eberhard Karl de Tübingen
| Naissance | |
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| Nom dans la langue maternelle |
Χρυσόστομος Μαντζαβίνος |
| Nationalité | |
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École allemande d'Athènes (en) Université nationale et capodistrienne d'Athènes Université Eberhard Karl de Tübingen |
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Chrysostomos Mantzavinos (né le 19 août 1968) est un philosophe grec, professeur de philosophie à l’Université d’Athènes[1]. Il est membre de l’Academia Europaea[2], de l’Académie européenne des sciences[3] et de l’International Academy of Philosophy of Science[4]. Il est également correspondant étranger au Centre de philosophie contemporaine de l’Université de la Sorbonne[5].
Mantzavinos est surtout connu pour ses travaux sur l’analyse institutionnelle, l’herméneutique et la philosophie des sciences. Son ouvrage Individuals, Institutions, and Markets (Cambridge University Press, 2001) propose une théorie générale de l’économie politique à travers une approche multidisciplinaire de l’analyse institutionnelle. Ce livre construit un cadre systématique pour analyser les fondements moraux du marché et le rôle des institutions politiques dans les échanges économiques. Il offre une théorie générale sur la manière dont des agents cognitivement imparfaits interagissent, comment cette interaction donne naissance à des règles morales et à des institutions politiques, et comment les marchés, intégrés dans ces institutions, fonctionnent[6],[7].
Son ouvrage Naturalistic Hermeneutics (Cambridge University Press, 2005) développe une philosophie du langage qui constitue une synthèse entre la philosophie analytique et la philosophie continentale. Il y défend une théorie de l’interprétation des textes orientée vers les standards d’intelligibilité intersubjective, de testabilité empirique et d’argumentation rationelle. L’ouvrage propose une solution au vieux problème du dualisme entre les sciences de la nature et les sciences sociales, et plus précisément entre l’explication et la compréhension. Mantzavinos y montre que la méthode hypothético-déductive peut également être utilisée dans l’interprétation des actions et des textes humains, et que les sciences sociales et humaines ne doivent donc pas être considérées comme méthodologiquement autonomes[8].
Son livre Explanatory Pluralism (Cambridge University Press, 2016) développe son approche de l’explication scientifique déjà esquissée dans son article « Explanatory Games » publié en 2013 dans le Journal of Philosophy[9],[10].
Son ouvrage plus récent, The Constitution of Science (Cambridge University Press, 2024), répond à la question : « Comment la science peut-elle être protégée, par qui et à quel niveau ? » Selon Mantzavinos, si la science est valorisée comme l’incubateur des solutions les plus efficaces aux problèmes représentationnels de la réalité et comme la base des interventions les plus performantes dans le monde naturel et social, alors ses fondements constitutionnels doivent être protégés. Les activités scientifiques sont des formes particulières d’activités de résolution de problèmes épistémiques, qui se déroulent dans un contexte institutionnel. Ces institutions de la science, d’un niveau de généralité élevé, constituent la « Constitution de la science » et jouent un rôle fondamental pour canaliser efficacement le processus scientifique[11].
Mantzavinos publie également des dialogues philosophiques sur des sujets variés — la nature de la science, l’explication, la compréhension, les institutions, le républicanisme, etc. — dans le but de rétablir la forme dialogique comme genre philosophique. Ses dialogues ont été publiés dans des revues de philosophie, mais aussi sous forme d’ouvrages : A Dialogue on Explanation (Springer, 2018)[12] et A Dialogue on Institutions (Springer, 2021)[13].