Château Gossuin
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Le château Gossuin est un château situé à Ferrière-la-Petite, dans le département du Nord en France. Il abrite actuellement les services de la mairie, le bureau de poste et la médiathèque municipale[1].
Situation géographique
Le château se situe en centre-ville, rue de la Mairie, à proximité de l’Église Saint-Médard de Ferrière-la-Petite, édifice du XVe siècle remanié en 1843. Il se trouve également près de l’emplacement de l’ancien château, où est installé le Musée de la Cour des Potiers, classé monument historique.
Le parc du château est traversé par le ruisseau de Quiévelon, franchi par un pont en pierre bleue.
Historique

L’ancien château de Ferrière-la-Petite appartient autrefois à la famille de Bousies. Les parties conservées de cet édifice sont ensuite utilisées pour les besoins d’une fabrique de faïence[2]. Au XVIIe siècle, François-Lamoral Le Brun de Miraumont, dit de La Vigne, seigneur de La Vigne et de Ferrière-la-Petite, fait construire une vaste demeure destinée à servir de résidence secondaire. À sa mort en 1693, sans descendance masculine, il lègue la seigneurie de Ferrière-la-Petite à sa fille, Marie-Anne Josèphe Le Brun de La Vigne, et à son gendre, Léon-Charles, seigneur de Bousies et vicomte de Rouveroy (1663-1721)[3]. À la fin du XVIIIe siècle, Charles-Alexandre Ferdinand de Bousies, dernier seigneur de Ferrière-la-Petite, fonde en 1798, avec Louis Joseph Delannoy, propriétaire du château de Vengiles à Damousies, la faïencerie de Ferrière-la-Petite. En 1805, Delannoy en devient l’unique propriétaire. À son décès, son épouse cède l’établissement à leurs deux fils en 1829. En 1835, Frédéric Louis Joseph Delannoy en prend seul la direction jusqu’à la vente de 1838 à Louis Gossuin.
Louis Gossuin, député du Quesnoy aux États généraux, acquiert alors la fabrique et le château. L’achat relève d’abord d’une opération spéculative sur les biens nationaux. Toutefois, il s’attache progressivement au domaine et y séjourne plusieurs mois par an. La famille Gossuin occupe le château jusqu’à la disparition de la faïencerie vers le milieu du XIXe siècle.
En 1863, à la mort de M. Gossuin, son neveu met en vente les biens dont il hérite. La commune achète le château le 15 juin 1865 pour la somme de 22 000 francs, dont 10 000 payables dans les trois mois et 12 000 échelonnés sur dix ans. Le bâtiment et le terrain situé à l’avant deviennent alors propriété communale.
À partir de cette date, le château accueille plusieurs fonctions : le logement de l’instituteur dans l’aile droite, la mairie dans le corps central et le presbytère dans l’aile gauche. En 1866, une aile est construite à l’arrière de l’aile droite afin d’abriter l’école des garçons, la salle initialement prévue étant jugée trop exiguë[4]. Si des modifications interviennent par la suite dans la répartition intérieure des pièces — la mairie ne disposant à l’origine que d’une seule salle à l’étage — l’aspect extérieur du bâtiment évolue peu jusqu’en 1950. À cette date, la façade est restaurée et l’escalier en pierre bleue, devenu dangereux, est remplacé par l’escalier actuel. Le terrain d’une superficie de 87 ares et 30 centiares, situé entre le château et le ruisseau de Quiévelon, connaît des transformations plus importantes : l’étang qui s’y trouvait est comblé à la fin du XIXe siècle et les tilleuls bordant l’allée sont abattus au début du XXe siècle.
En 1892, le projet de construction d’une nouvelle église est lancé ; l’édifice est construit à proximité immédiate du château[5].
Description
Le château présente un plan rectangulaire composé de trois corps disposés en U, les deux ailes parallèles étant de faible profondeur. Le rez-de-chaussée et l’étage de la façade nord sont percés d’une trentaine de baies. La façade du corps central est édifiée en pierres blanches extraites d’une carrière locale dite du « Trou au Blanc ». Les ailes, ajoutées ultérieurement, se distinguent par une pierre de taille et une teinte différentes. L’aile gauche n’est pas directement liée à la façade principale : la jonction est assurée par un mur de briques. Dans une région caractérisée par l’usage de la pierre bleue, la présence de linteaux en chêne constitue une particularité architecturale notable. Les emplacements des boulins — pièces de bois destinées à supporter les échafaudages lors de la construction — sont encore visibles sur la façade. Plusieurs fenêtres sont murées, témoignant de l’époque où l’impôt est calculé en fonction du nombre d’ouvertures. Les pierres utilisées pour la construction proviennent également de la carrière du lieu-dit L’Hagnacroute à Ferrière.
Le parc, alimenté par une dérivation du ruisseau de Quiévelon, comprend autrefois un plan d’eau en forme de croix. Une allée cavalière bordée d’arbres relie le pont au château. Aujourd’hui, l’édifice, qui abrite la mairie, s’ouvre sur une esplanade dégagée. La façade, débarrassée de son enduit jaune au cours du XXe siècle, laisse apparaître la pierre d’origine et restitue l’image d’une gentilhommière en pierres locales, intégrée dans un ensemble architectural largement ouvert.
- Plan actuel.
- Plan de 1811
- Le pont en Pierre bleue.
- Façade arrière.