Le château d'Esquelbecq est l'un des derniers châteaux flamands dans la région[2]. Situé sur la grand-place du village, en face de l'église dont l'origine remonte au Xesiècle, le château a conservé son plan d'origine: un quadrilatère à huit tours et pignons à pas de moineaux, entouré de larges douves. Sa masse et ses tours impressionnent: 800 m2 habitables, entourés d'un terrain de sept hectares, dont un hectare de jardin et cinq hectares de parc paysager.
Historique
Les premières mentions de la seigneurie d’Esquelbecq remontent au XIIIesiècle. Mais c'est après la guerre d'indépendance des Pays-Bas contre l'Espagne que le châtelain et ses héritiers entreprennent la reconstruction du village, de l'église et du château. Les dates les plus anciennes inscrites sur le bâti du domaine sont 1590, sur la commanderie, et 1606 sur le colombier. Le jardin à la flamande date également du XVIIesiècle[3],[1].
Le château restera dans la famille: Jean, Gérard, Jean, Gauthier… Jeanne qui épousera Louis d'Hallewyn. On peut penser que les d'Hallewyn, seigneurs français furent contraints de vendre leurs biens en Flandre alors sous la domination espagnole. Cette vente eut lieu le (vente approuvée par Philippe II le )[4], l'acheteur et nouveau seigneur et «comte» d'Esquelbecq n'était autre que Valentin de Pardieu, né à Saint-Omer, gouverneur de Gravelines, seigneur de la Motte. Il meurt au siège de Doullens le , n'ayant aucun héritier. Valentin de Pardieu avait fait campagne avec les armées de Charles Quint.
C'est à Philippe Levasseur ou Le Vasseur, seigneur de Guernonval, son neveu que Valentin de Pardieu donna ses terres par testament du [5].
Propriété de la famille de Guernonval depuis le début du XVIIesiècle, des travaux de remaniement ont lieu vers la fin du XVIIIesiècle. Mais les dégâts matériels causés par les troubles révolutionnaires et l'endettement de la famille de Guernonval laissent le domaine en détresse[6].
En 1821, Charles de Bethisy, gendre d'Henri-Louis de Guernonval, vend la propriété en état avancé de dégradation à Louis Colombier-Batteur, industriel textile de la région, retiré des affaires. Il va se consacrer à la restauration du château et au relèvement de la tour de guet, ainsi qu'à la création du parc paysager, tout en doublant la superficie du domaine. Le domaine échoit ensuite par héritage à la famille Bergerot, propriétaire entre 1851 et 1941, qui en assure l'entretien et remporte plusieurs prix agricoles pour la gestion du domaine et la qualité d'entretien du jardin à compartiments[6].
Entre 1940 et 1944, le domaine est occupé par les Allemands. Après la Libération, en , le château et ses dépendances sont inscrits à l'inventaire des Monuments historiques[6].
La famille Morael achète le château en 1946 et en fait une maison de famille[5].
En , le donjon du château, qui avait été surélevé au fil des siècles, s'effondre sur une aile du bâtiment, ce qui détruit deux des trois salons[3]. L'événement rend le château inhabitable. De ce fait, la construction se dégrade rapidement[5], bien qu'elle ait été classée Monument historique en 1987.
La famille Tamer-Morael entreprend dans les années 2000 une première phase de restauration: reconstruction de l'aile nord, puis en 2015 réfection des toitures[5].
Depuis 2016, le châtelain décide de consacrer la quasi-totalité de son temps à compléter les travaux effectués par ses parents avec pour objectif d'ouvrir le domaine au public. Une première étape est franchie en 2016 avec l'ouverture des jardins. En 2018, une partie de l'aile nord, dont les salons de marbre et des quatre saisons, a été rendue accessible au public avec une exposition sur l'histoire du château[5].
Le château est représenté sur un timbre émis par l'Administration postale française en 1978[7].
Galerie
Le château et son donjon vers 1925.
La zone rénovée est l'endroit où le donjon s'est effondré en 1984.
12Ghislain de Montalembert, «Le château d'Esquelbecq récompensé du Grand Trophée de la plus belle restauration», Le Figaro Magazine, , p.76-83 (lire en ligne)