Château de Boulainvilliers

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Nom localChâteau de Passy
Période ou styleClassique
TypeChâteau
Début construction1381
Château de Boulainvilliers
Image illustrative de l’article Château de Boulainvilliers
Le château (à gauche) en 1743 sur un tableau de Charles-Léopold Grevenbroeck.
Nom local Château de Passy
Période ou style Classique
Type Château
Début construction 1381
Propriétaire initial Samuel Bernard et Manon Dancourt
Destination initiale Habitation
Destination actuelle Château détruit en 1825 ou 1826
Pays Drapeau de la France France
Région historique Île-de-France
Département Seine
Commune Passy

Le château de Boulainvilliers ou château de Passy est un ancien château situé sur la commune de Passy, aujourd'hui dans le 16e arrondissement de Paris.

Origines

Le village de Passy est érigé en seigneurie au XVe siècle et son château est édifié en 1381[1].

Claude Chahu, trésorier général des finances, et son épouse, Christine de Heurles, se rendent acquéreurs de la seigneurie de Passy le , qui appartient au sieur et dame d'Argentieu[2]. M. et Mme Chahu agrandissent la seigneurie de Passy par des achats de propriétés, de terres, vignes et carrières. Claude Chahu fait construire en 1666 l'église Notre-Dame-de-Grâce de Passy[2].

Claude Chahu meurt à Paris le et sa veuve obtient de l'archevêque de Paris, en 1672, la création d'une paroisse de Passy indépendante de celle d'Auteuil. Elle loue la maison seigneuriale et se retire dans une communauté religieuse. Christine de Heurles est morte à Paris le et elle lègue ses biens à l'Hôtel-Dieu de Paris. En 1684, le fief, les terres et la seigneurie de Passy sont vendus à M. de la Briffe[2].

Le château de Passy

Marie Anne Armande Carton-Dancourt dite Manon Dancourt (1684-1740), Dame de la seigneurie de Passy. Elle est représentée en Diane chasseresse. Peinture anonyme, collection privée. Ancienne collection du château de Passy.
Plan reconstitué du château de Passy.

Marie Armande Carton-Dancourt, dite Manon Dancourt, veuve de Louis Guillaume de Fontaine, devient Dame de la seigneurie de Passy le par son acquisition auprès de Jacques-Daniel de Gueutteville, seigneur d'Orsigny[note 1] et grâce aux générosités du financier et amant, Samuel Bernard, qui lui donne les fonds nécessaires[3]. Elle rend hommage de la terre et la seigneurie de Passy à la Chambre de France suivant la tradition, le [4]. Samuel Bernard et Manon Dancourt  Madame de Fontaine  font restaurer le château par l'architecte Jules-Robert de Cotte.

Le château est bâti selon un plan en U, ouvert vers le nord-ouest. Il se trouve sur l'intersection entre les actuelles rue Raynouard et rue des Marronniers[5]. Son côté sud-est était longé par l'actuelle rue Raynouard et son côté nord-est par l'actuelle rue des Vignes[6].

Le château est entouré par un grand parc. Le domaine s'étend de la Seine à l'emplacement de la maison de la Radio à l’ouest, à celui de l'avenue Mozart à l'est, et de la rue des Vignes au nord à la rue des Tombereaux, actuelle rue de l'Assomption au sud. De l'autre côté de cette rue s'étend le domaine de la Tuilerie, sur la paroisse puis commune d'Auteuil.

Restitution de la vue sur les jardins du château de Passy (Paris), depuis la terrasse, XVIIIe siècle.

C'est surtout la vue spectaculaire sur la campagne parisienne, et le quartier de Vaugirard, qui faisait tout le charme des lieux. On découvrait la Seine tout le long, Paris vers le nord, Vaugirard en face des jardins en pente vers la Seine, et Auteuil vers le sud, tandis que dans les lointains se découvraient les châteaux de Vanves et d'Issy. Les textes anciens le confirment :

« À l'extrémité de cette rue est la maison seigneuriale, superbe château bâti par Samuel Bernard. Sa situation est des plus heureuses, ses jardins d'agrémens vastes et bien plantés, ses potagers en amphithéâtre sur le coteau, sont immenses et dans une belle exposition. Cette seigneurie appartient aujourd'hui à M. Bernard de Boulainvilliers, Prévôt de Parsi, son petit-fils[7]. »

Manon Dancourt se sait malade et après la mort de Samuel Bernard, survenue le , elle vend le château de Passy le à Gabriel Bernard de Rieux, fils cadet du financier[8]. Elle meurt l'année suivante, à Paris le d'un cancer au sein[9].

Le château de Boulainvilliers

Détail sur Passy depuis le château de Meudon, gravure du milieu du XVIIIe siècle.

Gabriel Bernard de Rieux y réside jusqu'à sa mort, en et le laisse alors à son fils, Anne Gabriel de Boulainvilliers (1724-1798), qui prend le nom de Boulainvilliers, provenant à la fois de la famille de son épouse et de celle de sa mère. C'est à lui, petit-fils de Samuel Bernard, que l'on doit les dimensions du domaine.

Il le loue en 1747, à vie, au fermier général Alexandre Le Riche de La Pouplinière, qui y mène une vie raffinée, y recevant une société d'artistes, d'écrivains et de grands seigneurs jusqu'à sa mort, en 1762. Il est l'époux de Thérèse Boutinon des Hayes, petite-fille de Florent Dancourt et fille de Marie-Anne-Michelle Carton-Dancourt.

Un théâtre ou cabinet de musique est ajouté, où Rameau dirige un orchestre. Après sa mort, Rameau est remplacé par Gossec.

Anne Gabriel Bernard de Boulainvilliers en reprend alors possession pour l'habiter à nouveau jusqu'en 1769, où il le loue à vie au duc de Penthièvre. Celui-ci l'occupe avec sa fille Marie-Adélaïde de Bourbon, jusqu'à son décès, en 1793[10]. Sa belle-fille, la princesse de Lamballe, achète en 1783 l'hôtel voisin, qui porte encore aujourd'hui le nom d'hôtel de Lamballe.

En 1794, Anne Gabriel Bernard de Boulainvilliers vend le domaine, que la Révolution laisse intact ; ses biens furent partagés entre la Nation et ses deux petits-enfants le . Le château abritait depuis cinquante ans trois célèbres pastels de Maurice-Quentin de La Tour - qui auraient ensuite été transportés « dans une voiture à foin traînée par des boeufs » au château de Glisolles (Eure) - et comptent parmi ses oeuvres les plus « ambitieuses » (Xavier Salmon) :

  • le portrait de la marquise de Sesmaisons, née Marie-Louise Gabrielle de La Fontaine-Solare de La Boissière (1738, Paris, musée du Louvre depuis 2014), nièce de Suzanne-Marie-Henriette de Boulainviliers, seconde épouse en 1719 de M. de Rieux, fils de Samuel Bernard, oeuvre exposée au Salon de 1738 et dont l'estampe de reproduction par Gilles-Edmé Petit fut admirée par Edmond de Goncourt ; en , le marchand de tableaux René Gimpel en offrit 150 000 francs, mais elle fut vendue quelques mois plus tard au collectionneur Arthur Veil-Picard ;
  • celui de Gabriel-Bernard de Rieux assis à son bureau (vers 1739-1741 - Getty Museum depuis 1994), qui fut exposé au Salon de 1741, puis cédé au marchand de tableaux (Nathan ou Georges ?) Wildenstein ;
  • celui de sa seconde épouse en tenue de bal ou « domino » bleue, un masque à la main (1742, Paris, musée Cognacq-Jay), exposé au Salon de 1742[11].

En 1815, les jardins de la propriété sont particulièrement dévastés par des troupes étrangères[12].

Le quartier de Boulainvilliers

Le domaine est vendu le par M. Cabal-Castel, notaire à la société Roëhn, qui ouvre des rues, créant ainsi le nouveau quartier de Boulainvilliers, et revend les terrains à des lotisseurs.

La rue du Ranelagh est ouverte à partir de 1825, la rue de Boulainvilliers en 1828, le hameau de Boulainvilliers en 1838, la rue des Marronniers de 1842 à 1849[13],[14].

L'industriel et philanthrope David Singer, ainsi que Louis Mors, célèbre constructeur automobile, en acquièrent de larges parties. Le premier est à l'origine du percement des rues Singer, Saint-Philibert, Neuve-Bois-le-Vent et de la Fontaine sur les dépendances de sa propriété, en 1836[15].

Bibliographie

Voir aussi

Notes et références

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