Château de Bridiers
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| Destination initiale | |
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| Destination actuelle |
Parc et jardin, accueil du public, événementiel |
| Construction | |
| Propriétaire |
Bien public |
| Patrimonialité |
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| Commune |
| Coordonnées |
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Le château de Bridiers est une ruine du château-fort médiéval construit à partir de la fin du XIIe siècle par les vicomtes d’Aubusson. Il est situé au lieu-dit Bridiers dans l'Est de la commune de La Souterraine, dans le département de la Creuse, région Nouvelle-Aquitaine, en France.
La tour de Bridiers est la pièce maîtresse la plus visible de l'ancien château fort. Ce donjon, longtemps à l'abandon, a fait l'objet d'une campagne de sauvegarde et un chantier archéologique a dégagé les structures pentagonales de l'édifice.
En 2019, le chantier est toujours en cours de fouille et de restauration, mais le site est ouvert à tous publics et toute l'année. On peut y accéder directement par la route, mais aussi par le biais d'une promenade pédestre au départ de l'étang du Cheix. Un jardin médiéval agrémente le parterre du château.
Historique
Par sa situation, aux marches de la région limousine, au carrefour de la route gauloise de Lyon à Saintes, et de la voie romaine de Bordeaux à Bourges, le château a connu de nombreuses opérations militaires.
En 1177, il fut assiégé et pris par Henri II d'Angleterre[1].
En 1356, la bande du Captal de Buch, allié des Anglais, s'en empara.
La tour et les vestiges du château sont classés au titre des monuments historiques, par arrêté du [1].
Bridiers était le siège d'une vicomté, en Marche mais juste au sud des confins du Berry, le Poitou et le Limousin étant assez proches. L'enchaînement des vicomtes est confus, et les familles seigneuriales se succèdent parfois en s'enchevêtrant.
- Les vicomtes de Bridiers[2],[3],[4] sont d'abord les seigneurs de Crozant au XIe siècle et dans le premier tiers du XIIe siècle, fondus ensuite dans les vicomtes de Brosse : Géraud Ier de Crozant, le premier seigneur de Bridiers cité par Geoffroy de Vigeois, offre La Souterraine à St-Martial de Limoges pendant le règne du roi Robert II, vers 1017. Il est suivi par son fils Béraud Ier, lui-même père de Géraud II, dont le fils Béraud II de Crozant-Bridiers clôt la lignée vers 1137.
- Succèdent alors les de Brosse au XIIe siècle, car Bernard Ier de Brosse († vers 1105) était le gendre de Béraud Ier et le beau-frère de Géraud II de Crozant-Bridiers : ainsi, son fils Géraud Ier de Brosse († après 1154) succède vers 1137/1139 (1138), à Bridiers et Crozant, à son cousin germain Béraud II de Crozant-Bridiers. Puis viennent les fils de Géraud, Bernard II († 1168) et Foulques de Brosse, vicomtes de Bridiers.
- Le règne des Brosse sur Bridiers s'achève alors et la seigneurie passe aux Lusignan, comtes de la Marche au XIIIe siècle : peut-être dès Hugues IX, comte en 1199-1219 ; en tout cas Hugues X de Lusignan, comte en 1219-1249, époux de la comtesse-reine Isabelle d'Angoulême, contrôle Crozant et Bridiers. On trouve ensuite comme vicomtes de Bridiers les Thouars, à partir de 1265 et jusque vers 1350, car une fille d'Hugues et d'Isabelle, Marguerite de Lusignan († 1288), a marié Aimery IX de Thouars († 1250). Le titre de vicomté ornant la seigneurie de Bridiers peut venir d'une transposition de la vicomté de Brosse ; mais selon l'historien Jean-Pierre Boucher (« Remarques sur le titre de vicomte et de vicomté de Bridiers », Mémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, t. 56, 2010-2011, p. 107-118) les seigneurs de Bridiers prennent le titre de vicomte par la transposition du titre vicomtal des Thouars en faveur de Marguerite de Thouars, donc vers 1375 seulement : voir plus bas.
- Après la mi-XIVe siècle, Pierre II ou III de Ste-Maure-Montgauger est vicomte de Bridiers († v. ou ap. 1372 ; mari de Marguerite d'Amboise, belle-fille d'Isabeau de Thouars).
- En parallèle, la famille de Naillac détient la vicomté à partir de 1275 (ou plus tard au XIVe siècle ?) : Pierre Ier de Naillac ; père de Pierre II ; père de Perrichon (Pierre III, † en 1372) ; ce dernier semble le père de Philibert de Naillac, grand-maître de l'Ordre de St-Jean de Jérusalem, et de Guillaume de Naillac, sénéchal de Saintonge et de Beaucaire, marié en 1385 à Jeanne, fille de Guy V Turpin ; père de Jean (grand-panetier, sénéchal de Limousin, tué en 1429 à la bataille des Harengs), de Marguerite de Naillac (femme de Gilles de Preuilly), et de l'héritière Jeanne de Naillac qui épouse en 1419 le maréchal Jean de Brosse de Boussac (1375-1433). Il est possible que le titre de vicomte de Bridiers ne soit venu aux Naillac que par les secondes noces vers 1375 de Guy V Turpin avec Marguerite de Thouars - comtesse de Dreux, fille de Louis Ier de Thouars et belle-mère de Jeanne Turpin, la femme de Guillaume de Naillac ; cela signifierait-il que les Thouars aient gardé Bridiers, au moins en partie, au XIVe siècle ?
- En parallèle, dans la 2e moitié du XVe siècle, Bertrand III de Maulmont-Fromental est vicomte de Bridiers en partie (de la famille Maulmont de Gimel, liée à Ventadour ?) (fl. entre 1449 et 1476), proche des comtes de la Marche Jacques II et Jacques III (cf. La Chesnaye des Bois : Dictionnaire de la noblesse, t. 13, p. 458).
Au XVe siècle, les Brosse de Boussac de Ste-Sévère, descendants de Jeanne de Naillac et du maréchal de Boussac, comtes de Penthièvre en 1454, comtes puis ducs d'Etampes en 1534/1536, tiennent Bridiers jusqu'en 1522, date à laquelle la vicomté passe à leur parente Philiberte de Savoie (1498-1524), fille du duc Philippe II et de Claudine de Brosse-Boussac (une fille de Jean II de Brosse), femme en 1515 de Julien de Médicis, duc de Nemours.
- Jean II de La Barre (v. 1480-1534) obtient le comté d'Etampes et la vicomté de Bridiers en 1526, en récompense de sa fidélité au roi François :
- leur fille Denise de La Barre, mariée en 1523 à Jean II d'Estouteville-Villebon († vers 1556/1559) : vicomtes de Bridiers ;
- leur autre fille Marguerite de La Barre († 1552), épouse en 1527 François Ier de Courtenay (ca. 1495-1561), chevalier, seigneur de Champignelles, de Bléneau et de Villars, bailli et gouverneur d’Auxerre : parents de Françoise de Courtenay, femme en 1566 d'Antoine de Lignières : vicomtes de Bridiers (cf. Ambroise Tardieu : Canton de St-Gervais d'Auvergne, p. 198) ;
- leur fille benjamine Renée de la Barre succède, mariée avant 1534 à Charles (ou Gabriel Jean) de (la) Varie/de Varye, sieur de L'Isle-Savary, fils de Guillaume de Varye (qui fut général des Finances, et un grand collaborateur de Jacques Cœur ; cf. Marie-Edith Poulon : Guillaume de Varye). Leur fille Denise de Varye marie en 1577 Paul de Couhé : vicomtes de Bridiers (leur descendance prendra le nom de Couhé de Lusignan).
- En 1623, Marguerite d'Aubray, fille de Claude d'Aubray, seigneur de Bruyère-le-Château, devient la vicomtesse de Bridiers. Elle est la femme de François Pot de Rhodes († 1622 ; Grand-Maître des cérémonies), et la mère d'Henri Pot († 1662 ; Grand-maître des Cérémonies ; mari de Gabrielle de Rouville), vicomte de Bridiers ; lui-même père de Charles Pot († 1705 ; Grand-maître des Cérémonies ; mari d'Anne-Thérèse de Simiane) ; père de Marie-Louise-Charlotte Pot (1694-† en couches, le , à vingt ans), femme de Louis de Gand de Mérode d'Isenghien, vicomtesse de Bridiers, marquise de Rhodes, dame de Menetou et de La Maisonfort.
- Les héritiers des Pot furent des membres de la famille de Mesgrigny : Charles-Hubert (1664-1732 ; sans postérité), et sa sœur Louise-Françoise (1661-1729 ; x 1688 Jacques-Léon Bouthillier, 1640-1712), car ils étaient les enfants de Françoise du Mesnil-Simon-Beaujeu, fille d'Esmé du Mesnil-Simon de Beaujeu et de Louise Pot de Rhodes, cette dernière étant la cousine germaine de Charles Pot († 1705) : ils étaient donc les cousins issus de germain de Marie-Louise-Charlotte Pot de Rhodes (cf. Racines&Histoire, p. 9 ; Racines&Histoire, p. 8).
- Les Bouthillier de Beaujeu, vicomtes de Bridiers, vendent la vicomté en 1756 à Marguerite-Henriette de La Roche, veuve de Jean-Baptiste-Jacques Boucher, trésorier des colonies françaises en Amérique (cf. La Chesnaye des Bois : Dictionnaire de la noblesse, t. XII, p. 150). Leur fille Marie-Victorine/Victoire (1745-guillotinée en ) épousa en 1757 Louis-François-Marie-Honorine de Rochechouart-Pontville (1734-1779), avant-dernier vicomte de Rochechouart.
- Leurs enfants sont : le dernier vicomte de Rochechouart : Armand-Constant de Rochechouart-Pontville (1761-1832) ; et sa sœur Michelle-Marie-Constance de Rochechouart-Pontville (1762-1843), qui marie en 1787 le comte Antoine-Joseph Flotard de Montagu-Lomagne (alias de Montaigut), chevalier de St-Louis, et donne en 1820 le domaine castral à leur fils Armand-Jean Flotard de Montagu-Lomagne : ce dernier aliéna les terres par parcelles, dont la grosse tour.
Architecture
Le jardin médiéval
Le projet du jardin médiéval de Bridiers est né des mains de Jean-Philippe Béguin et des personnes membres du chantier d’insertion de la ville. Depuis 2008, sa conception et son entretien sont confiés aux services municipaux. Le jardin se trouve à quelques mètres de la tour. À partir de 1999, un troupeau de chèvres du Rove participe également à l’entretien du site[5].

