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La prise de Melun par les Normands en 909, avec une vue du château de Melun au XVesiècle. Grandes Chroniques de France, Jean Fouquet, f. 166v, vers 1455-1460.
Les premiers Capétiens résident souvent à Melun, qui devient l'une des résidences ordinaires des rois successifs, et ce jusqu'au XVesiècle. Délaissé par la suite, les derniers vestiges du châteaux disparaîtront définitivement vers 1833.
Le château était ceint de murs hauts de 6 mètres, qui dessinaient deux polygones. Un quadrilatère cantonné de 5 tours de 13 mètres de haut, était ouvert à l'est sur la ville par une porte-châtelet. Côté ouest, un triangle épousait la pointe de l'île et était occupée par le donjon. Des fossés encadraient la forteresse. La cour orientale renfermait le logis royal[2].
Sous Philippe Auguste, une tour située à la pointe occidentale, appelée tour de César, fut ajoutée. Typique de l'architecture philippienne, son diamètre extérieur de 6,51 m, son petit escalier à vis logé dans l’épaisseur des murs, rappelle en effet d’autres constructions de l'époque comme le donjon de Montlhéry. Les documents iconographiques de l’époque moderne la présente sans aucune couverture, surmontée seulement de créneaux situés sur des mâchicoulis.
À la fin du XIesiècle, le premier complexe castral laisse place à un «palais neuf». Une chapelle est attestée en 1165 par une mention de dédicace en l'honneur de Notre-Dame et de saint Vincent.
Les premiers Capétiens séjournent volontiers dans cette place stratégique. Robert II y meurt en 1031, et sa veuve la reine Constance d'Arles en 1032. Leur fils Henri Ier en fait sa demeure principale.
Au début du XIIIesiècle, le château est profondément remanié par Philippe Auguste: lors de la campagne de fortification de la ville, le chantier du château est confié à Garnier, qui pour 1 700 livres, entoure le château d’une enceinte de pierre qui s’ouvrait d’une porte à l’est.
Melun demeure ainsi une résidence royale de second ordre jusqu'au XVesiècle. Mais après la guerre de Cent Ans, le roi n'y séjourne plus guère: le château devient une garnison et une prison (ce qu'il était déjà occasionnellement, puisque sous Philippe le Bel, les templiers de Melun et des alentours y avaient été enfermés). Parmi les prisonniers de marque incarcérés à Melun, on trouve le duc Jean d’Alençon en 1456, l’amiral de Brion en 1539, François de Coligny en 1558,etc.
Vue de Melun en 1650 par Israël Silvestre, montrant le château dans son état du XVIIesiècle.
L'édifice est délaissé à partir du XVIIesiècle. La ruine des tours (signalée dès 1639) et les destructions dues à l’explosion d’un magasin à poudre (1647) provoquent la levée en 1660 d’un impôt de 40 000 livres sur la généralité de Paris, consacré entre autres aux réparations au château. Cependant, les destructions se poursuivent: en 1674 et en 1692, deux tours sont détruites par un incendie. Le château devient une carrière de pierres: en 1689, les capucins en prélèvent pour la construction des piliers de leur cloître et en 1692 des pierres sont employées pour réparer la porte de Bierre.
Au XVIIIesiècle, le château est cédé à la municipalité pour y installer une caserne. Ce projet restant sans suite, les vestiges du logis royal sont loués aux fermiers des coches d'eau en 1743, tandis que l'aménagement du port entraîne le remblaiement des fossés et la démolition des fortifications.
Les derniers éléments de l'édifice sont détruits dans les années 1830. Seul le soubassement d'une tour marque encore le site occupé par le château jusqu'au début du XXesiècle. De nos jours, plus aucune trace ne subsiste de l'ancien château de Melun, en dehors d'une citerne incluse dans une propriété privée.
↑ Alain Erlande-Brandenburg, Art et architecture à Melun au Moyen Age, Actes du colloque d'histoire de l'art et d'archéologie tenu à Melun les 28 et 29 novembre 1998, Paris, Picard, (ISBN2-7084-0602-7), p. 185-200.
↑ Henri Moranvillé, Etude sur la vie de Jean le Mercier 13..-1397, Paris, , Pièce justificative 88, p.354.