Château de Montautre

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Style
Médiéval
Début de construction
XVe siècle
Fin de construction
XVIe siècle
Château de Montautre
Vue sur la face nord du Château de Montautre, vers 1900
Présentation
Type
Style
Médiéval
Début de construction
XVe siècle
Fin de construction
XVIe siècle
Propriétaire initial
Olivier Mondin
Propriétaire actuel
Personne privée
Patrimonialité
Localisation
Pays
France
Région
Fromental (Haute-Vienne)
Coordonnées
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Le château de Montautre (anciennement Montostre), situé dans la commune de Fromental, en Haute-Vienne, est un édifice médiéval de l'ancien Comté de la Marche datant du XVe siècle.

Construit dans un style défensif typique de la vague de reconstruction dans la région après la guerre de Cent Ans, il est situé sur une petite colline en bordure de plateau, sans construction alentour. Le château est demeuré en ligne directe dans la même famille, les Mondin de Montautre, depuis le milieu du XVe siècle jusqu'à l'an 2000. Il a conservé son plan, son architecture d'origine et toutes ses archives depuis 1403, ce qui en fait un témoignage rare de la vie de la petite noblesse rurale de la fin du Moyen Âge à nos jours[1].

Les origines : du paléolithique au haut Moyen Âge

L’occupation de la colline de Montautre remonte au néolithique, mais c'est surtout à l’époque antique que le site a pris de l'ampleur, comme en témoignent de nombreux vestiges gallo-romains tels que pièces de monnaie, briques à rebord, urnes funéraires, bornes, meules et pierres taillées de toute sorte. Plus tard, et selon plusieurs écrits du XIXe siècle, une forteresse existait sur le site avant d’être détruite en 1356 par les Anglais dans la mouvance du Prince Noir, bien qu’aucun document de l’époque ne l'atteste[2],[3].

Construction et évolution du château

Le château actuel, édifié dans la seconde moitié du XVe siècle, a été construit par Olivier Mondin, écuyer du Roi à La Souterraine, reconnu noble par Louis XI, et par ses descendants. En 1465, Olivier rend hommage au baron de Fromental pour son « lieu et repaire de Montostre », attestant ainsi de la structure fortifiée existante. Initialement composé d’un logis seigneurial accolé à un logis antérieur aux Mondin, l'ensemble castral se complète à la fin du XVe siècle d'un second logis en vis-à-vis, dit « logis des gardes », puis, en 1550, d'une tour escalier « hors œuvre » tout à fait remarquable, qui mêle éléments médiévaux (meurtrières, passerelle de liaison avec le chemin de ronde, chambre sommitale entourée de son chemin de ronde, mâchicoulis, ...) et modernité de la Renaissance (escalier rampe sur rampe, tour non talutée, ...).

Les Mondin : fonctionnaires royaux reconnus nobles, puis militaires et introduits à la cour du Roi de France

Blason Mondin de Montostre

La famille Mondin, originaire de la Betoulle dans la Creuse, s'installe à la Souterraine à la fin du XIVe siècle ou au début du XVe siècle : Roland Mondin y tient une position de sergent du Roi en 1448. Son fils, Olivier Mondin, reconnu de famille noble "depuis au moins soixante années" par lettre patente de Louis XI, acquiert le fief de Montostre vers 1460. Ce premier "seigneur de Montostre", figure ainsi dans les registres de 1465 en tant qu'écuyer et seigneur du lieu. Il est reconnu pour ses services militaires, et rend hommage à Bertrand de Maulmont, baron de Fromental. La famille acquiert par alliance peu de temps après les fiefs voisins de Rechignevoisin et de La Barde dans la paroisse de Noth, près de la Souterraine, renforçant ainsi leur influence locale[1].

La famille Mondin s'élèvera au XVIe siècle à la cour du roi de France, et produira des seigneurs toujours fidèles à la Couronne et aux armées royales. Olivier Mondin, brigandinier dans la compagnie du seigneur de l’Aigle, est reconnu pour ses services lors des convocations de nobles en Poitou et dans des guerres locales. Son petit-fils, François de Montostre, rejoint la cour de François Ier comme gentilhomme de la vénerie et des vaultrais du roi (responsabilité des chiens de chasse), et bénéficie ainsi de plusieurs privilèges, y compris des lettres de sauvegarde pour le château de Montostre. Il conserve cette charge sous Henri II, et bénéficie alors d'un octroi royal de 50 écus d'or qui lui permet de construire le donjon, plus exactement la tour-escalier hors œuvre qui parachève ainsi la construction du château.

Les guerres de Religion : alliances et nouvelles descendance

Sous Gabriel Mondin de Montostre, le château traverse sans dommage les guerres de Religion qui frappent le royaume au XVIe siècle. Gabriel sert en effet dans l'armée royale lors du siège de La Rochelle en 1573, ce qui lui vaut une nouvelle lettre de sauvegarde du futur Henri III (« ... et qu'on ne moleste point Gabriel Mondin, sa famille et ses biens »). Il épouse Renée de Chamborand, liant ainsi la famille aux Chamborand, une maison noble prestigieuse de la région.

À la fin du XVIIe siècle, la famille Mondin s'étend : alors que la branche aînée continue d’occuper Montostre, la branche cadette s'établit à Saint-Maurice-la-Souterraine, à quelques kilomètres de là, et prend le nom de sa demeure, la Maison-Rouge. C'est ainsi que le dernier abbé général de l'abbaye de Grandmont, abbaye chef d'ordre de 150 abbayes en Europe, est François-Xavier Mondin de la Maison Rouge (1706-1787) qui mènera un combat épique pour sauver son abbaye jusqu'à son décès en 1787[4].

Ordonnance Louis XIV.
Ordonnance Louis XIV.

Le XVIIIe siècle et l'alliance avec les Bony

Au XVIIe siècle, François Mondin de Montostre, second du nom, est sollicité par Louis XIV pour monter une compagnie et rejoindre le régiment de Limoges dont il prendra la direction comme sergent-major. Sa vie, particulièrement bien documentée, lui valut de nombreux honneurs et une reconnaissance particulière à la cour tant et si bien qu'après la mort de Louis XIV, il entretiendra une correspondance privée avec le fils du régent de France, Louis d'Orléans (qui aurait été roi de France si Louis XV, âgé de 5 ans, n'avait pas survécu). Au début du XVIIIe siècle, il se marie à Marie-Anne de Chamborand et fait installer une chapelle au château, entièrement décorée de fresques pour honorer le renouvellement de cette alliance prestigieuse. En 1735, leur fille, Marie-Marthe de Montostre, épouse Joseph de Bony, comte de Ladignac, capitaine au régiment du Dauphin-Infanterie. Ce mariage marque le passage de la propriété de Montostre à la famille de Bony qui perpétue la tradition militaire, avec plusieurs membres servant dans l’armée royale durant le règne de Louis XV et Louis XVI. La fille de Marie-Marthe et Joseph de Bony épouse Charles Sylvain Dufour, seigneur de la Prugne, maire de la Souterraine qui installe ainsi le nom Dufour à Montautre jusqu'à l'an 2000[5],[6].

Montautre contemporain

Sous la famille Dufour, le château de Montautre traverse sans trop de dommages les bouleversements de la Révolution et des guerres napoléoniennes. Le domaine reste propriété de leurs descendants jusqu'à l'an 2000, date de la vente à un couple américano-hollandais qui vont préserver le site et lui donner le confort moderne (chauffage, salles de bains, ...) tout en respectant l'authenticité du lieu. Il est ensuite cédé en 2018 à une famille française qui s'attache à le restaurer dans un respect strict des solutions et techniques d'origine.

Le domaine du château de Montautre, composé des corps de logis et dépendances avec les cour et basse-cour ainsi que les deux parcelles formant la terrasse situés au lieu-dit Montautre, sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du [7].

Description architecturale

Références

Annexes

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