Château de Montgeard
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Château de Montgeard | ||||
Vue de la façade côté jardin (sud) | ||||
| Période ou style | Gothique ; Renaissance | |||
|---|---|---|---|---|
| Type | Hôtel particulier | |||
| Début construction | Fin du XVe siècle | |||
| Fin construction | 1555 | |||
| Propriétaire initial | Famille Durand | |||
| Destination actuelle | Propriété privée | |||
| Protection | ||||
| Coordonnées | 43° 20′ 19″ nord, 1° 38′ 02″ est | |||
| Pays | ||||
| Région | Occitanie | |||
| Département | Haute-Garonne | |||
| montgeard.fr | Montgeard | |||
| Géolocalisation sur la carte : Haute-Garonne
Géolocalisation sur la carte : région Occitanie
Géolocalisation sur la carte : France
| ||||
| modifier |
||||
Le château de Montgeard, également appelé hôtel Durand, est un ancien hôtel particulier situé au cœur du village de Montgeard (Haute-Garonne), au n°39 rue de la Bastide. Il a été construit par les Durand, famille locale enrichie par le commerce du pastel[1], entre le XVe siècle et le XVIe siècle, puis modifié à plusieurs reprises, jusqu'à être partiellement détruit au milieu du XIXe siècle[2].
Il ne doit pas être confondu avec le château de Roquefoulet, également sur la commune de Montgeard mais construit bien plus tard, sous la Restauration[3].
Moins connu que l’église du village et d’une compréhension plus difficile du fait de sa construction chaotique et peu documentée, le château de Montgeard n’en est pas moins un bel exemple de résidence urbaine de la période de transition entre le gothique finissant et la Première Renaissance française
Le château de Montgeard est inscrit sur la liste des Monuments Historiques (1992) et une partie de sa décoration intérieure est classée (1995)[4].
Les Durand de Montgeard
Entre le XVe et le XVIIe siècle, les Durand sont une famille assez bien documentée du Lauragais occidental, implantée notamment à Trébons-sur-la-Grasse, Gardouch, Montgeard, Monestrol…[5] La branche montgeardine est surtout connue pour son ascension exceptionnelle, grâce au commerce du pastel, passant en l’espace d’un demi-siècle de simples propriétaires terriens à seigneur local et même capitoul[6].
Le premier Durand de Montgeard connu par les sources est Pierre Durand le vieux, qui teste en 1484 ; il est le père de Bernard Durand, mécène important de l’église du village[7]. Ce dernier obtient dès 1515 l’autorisation de l’archevêque de Toulouse de construire une chapelle privée dans l’ancienne église du village[6]. Cette chapelle existe toujours aujourd’hui et abrite au moins deux caveaux de la famille Durand[8]; les dalles funéraires sont gravées du sceau familial, un écu frappé de l’initiale D et surmonté d’une croix archiépiscopale.
Avec Bernard et ses fils, les Durand acquièrent un prestige important, grâce à leur générosité sur le chantier de construction de la nouvelle église de Montgeard (1522/1524-1536, puis 1546-1561) l’une des plus belles et richement ornées du Lauragais. Cela se traduit par l’omniprésence du nom de la famille, tant dans les sources écrites qu’épigraphiques[7]. Ainsi, Jacques, l’aîné des fils de Bernard Durand, nous est connu par un don exceptionnel de 50 000 briques pour bâtir le clocher de l’église[9]. Jean, le cadet, assure la maîtrise d’ouvrage de la fin du chantier, en particulier le suivi de la construction du clocher[10]. Avec Guillaume, le benjamin, le renom de la famille franchit un nouveau cap, puisqu’il devient le premier seigneur de Montgeard[6],[11].
En effet, le , Guillaume Durand achète à Catherine de Médicis, comtesse du Lauragais, les droits seigneuriaux sur le village de Montgeard : « baylie, leude, notarie, greffe, four bannier, sceau des consuls, juridiction haute, moyenne et basse, avec tous ses revenus et préeminences », le tout pour la somme de trois mille livres[6]. Par la suite, ce même personnage, devient Greffier aux présentations du Parlement de Toulouse et même capitoul en 1559[12].

Dans le parc du château voisin de Roquefoulet, une pierre sculptée ornée des armes de la famille Durand porte l’inscription latine : « Guillaume, fils de Bernard Durand, seigneur de Montgeard, fit construire [ce château], l’an 1555, aux calendes de décembre »[13]. Cependant, les parties les plus anciennes de l’hôtel Durand remontant au XVe siècle[2], il faut interpréter cette inscription, un an après l’achat des droits seigneuriaux par Guillaume, comme la volonté d’affirmer son nouveau statut de façon ostentatoire plutôt que comme la première pierre marquant le démarrage de la construction du château[14].
Outre leur hôtel de Montgeard, les Durand, grands bâtisseurs, ont également construit dans les environs le château de Fajac-la-Relenque[15], un "château du pastel" qui permettait de contrôler leur production depuis le centre de leur immense domaine[1]. La famille Durand est aussi responsable de la construction du pigeonnier du Fort[16],[17], probablement pour affirmer localement son statut de seigneur haut justicier. A la fin du XVIe siècle, les Durand possédaient aussi deux moulins à l'entrée du village de Montgeard[7].
Par la suite, le château reste dans la famille Durand jusqu’au XIXe siècle, avant qu’elle ne le vende et quitte le village[2],[5].
De "maison" à hôtel
L’histoire du château de Montgeard est complexe, du fait du manque relatif de sources et de sa destruction partielle au milieu du XIXe siècle.
S’il est acquis que Guillaume Durand n’a pas construit le château au milieu du XVIe siècle, mais l’a plutôt transformé, la date et la responsabilité de la construction d’origine restent cependant floues. Les caves voûtées et les linteaux monolithiques en accolade des plus petites fenêtres de la partie basse de la façade Sud indiquent une origine de la première « maison » au XVe, voire au XIVe siècle[2],[18].
Durant le premier quart du XVIe siècle, cette première maison est transformée et agrandie[19]. On lit assez facilement aujourd’hui ces ajouts sur les faces Sud et Est du château avec leurs belles fenêtres à meneaux[2]. C’est peut-être à la même époque qu’est construite une « forte tour » d’escalier de 220 marches et quelque 20 mètres de hauteur[2],[20]. Selon toute vraisemblance, ces travaux auraient donc eu lieu quelques années avant la création de la chapelle privée de la famille Durand dans l’ancienne église de Montgeard (1515)[6].
Pendant le dernier quart du XVIe siècle, une échauguette est élevée pour garder l’extrémité Sud du mur d’enceinte du jardin clos de l’hôtel, jardin situé à l’extérieur des douves qui ceinturaient la bastide[21].
Le château est par la suite régulièrement modifié au fil des siècles. Au XVIIIe siècle, de hautes et larges fenêtres sont percées sur les façades Sud et Ouest. Quelque part durant le même siècle, une petite orangerie est ajoutée à l’angle Sud-Ouest du château et la disposition intérieure est de nouveau modifiée[2].
En 1842, les derniers Durand vendent le château à neuf familles de Montgeard pour 18 000 francs or[2]. L’objectif est de diminuer la taille du château en détruisant et en vendant à la découpe ses dépendances et parties hautes, pour le transformer en presbytère. Pendant 10 ans (jusqu’en 1851), l’hôtel Durand est donc partiellement démoli et dépouillé. En comparant une vue actuelle du château à vol d’oiseau avec un plan cadastral de 1833[6], on constate la disparation d’environ la moitié du château[22] :
- la galerie de couverts qui longeait au Nord la rue des Arcades jusqu’au croisement avec la rue de la Bastide est réduite des 2/3 (seules trois arcades subsistent),
- la grande tour d’escalier située dans l’angle Nord-Ouest de la cour est rasée et avec elle une bonne partie de l’élévation du 2e et du 3e étage, toujours sur le côté Nord
- sur le côté Sud, les probables dépendances ou locaux commerciaux accolés à l’aile Est sont détruits, même si une partie des murs est conservée pour servir de clôture.
Certains des éléments dispersés du château ont été retrouvés. Outre la pierre de Roquefoulet déjà mentionnée, le plus notable est un couple de fenêtres à meneaux inséré au premier étage d’une façade de maison du XIXe siècle, dans la commune voisine de Nailloux[23]. À Montgeard, on remarque également de belles poutres sculptées en arcs en accolade sur la façade d’une maison du XIXe siècle[2].
Après ces destructions, le château de Montgeard est reconverti en presbytère. On y crée également un café et une épicerie[2]. En 1950, le presbytère est racheté par la mairie de Montgeard. Depuis les années 1970, au fil des rachats successifs, le château est patiemment recomposé et restauré par ses propriétaires dans un état proche de ses dispositions d’origine[24].
- Détails de la décoration intérieure
- Clé de voûte : sceau de la famille Durand enserré dans une rosette de pastel stylisée.
- Clé de cheminée : blason de la famille Durand.
