Château de Nunney
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Type | |
|---|---|
| Propriétaire | |
| Gestionnaire | |
| Patrimonialité | |
| Site web |
| Localisation |
|---|
| Coordonnées |
|---|
Le château de Nunney se trouve dans le comté du Somerset, dans le village anglais du même nom, Nunney. Il est construit à la fin du XIVe siècle par John Delamare (en), grâce aux gains obtenus à la suite de son implication dans la guerre de Cent Ans.
Le style architectural de ce château entouré de douves, peut-être influencé par les châteaux français, a provoqué d'importantes discussions qui ne sont cependant restées qu'à l'état théorique. Remodelé à la fin du XVIe siècle, le château de Nunney est endommagé lors de la première révolution anglaise et il est aujourd'hui en ruine. L'English Heritage entretient le site afin qu'il reste une attraction touristique. Nikolaus Pevsner, historien spécialisé dans l'architecture, décrit Nunney comme étant « le château le plus impressionnant du Somerset sur le plan esthétique ».
XIVe siècle
Le château de Nunney est bâti en 1373 près du village du même nom situé dans le comté du Somerset par John de la Mere (John Delamare) soldat lors de la guerre de Cent Ans contre la France, où il s'enrichit[1]. Il obtient d'Édouard III l'autorisation de construire des créneaux afin de bâtir un château sur le site où se trouvait initialement le manoir non fortifié du roi. Une fortification nouvelle et solide voit alors progressivement le jour.

Finalement, le château est composé d'un donjon en pierre au centre, haut de 16 m et mesurant 18 × 7 m à l'intérieur et de tours rondes placées aux angles. Le donjon avait des murs de 2,4 m d'épaisseur, fabriqués à partir de pierre de taille oolithe datant de la période du Lias et possédait environ trois étages. Les tours situées aux quatre coins étaient dotées de toits coniques et de mâchicoulis proéminents. Au rez-de-chaussée de la tour se trouvaient la cuisine et autres lieux de services. Des incertitudes demeurent quant aux fonctions qu'avaient le premier et le deuxième étage ; une théorie avance que le premier était un autre lieu de services, le second servant de hall ; une autre affirme que c'était le premier qui avait ce rôle, le second servant de logement ; une tendance minoritaire suggérait même qu'au premier se trouvait une armurerie. Quant au troisième étage, il était utilisé par les propriétaires des lieux.
Sur le plan d'origine, on trouvait plusieurs fenêtres et cheminées aux étages supérieurs mais le hall en revanche était relativement sombre et les escaliers étroits et donc peu pratiques. Le donjon avait une entrée modeste que l'on pouvait rejoindre en passant sur un pont-levis suspendu au-dessus des douves situées aux alentours du château et qui, à l'origine, en atteignaient même la base. Un mur d'enceinte, haut de 3,6 m, tout simple, et dont la valeur défensive était minime, entourait ces douves qui elles, au contraire, étaient étendues, profondes de 3 m et difficiles à drainer si telle avait été la volonté d'éventuels attaquants.
À l'est du château, le ruisseau de Nunney est utilisé comme une ligne de défense plutôt que comme un mur d'enceinte. Par le passé, des historiens comme Adrian Pettifer et Stuart Rigold, croyaient que le château de Nunney, tel qu'il était conçu, avait subi l'influence des châteaux français que Delaware aurait vus lors de ses campagnes militaires. Il ressemble par exemple beaucoup à la Bastille de Paris et, les mâchicoulis sont typiques de ceux que l'on trouve sur les châteaux français.
Son style était jugé traditionnel, quelque peu arriéré même, et, probablement construit ainsi pour se protéger des invasions françaises. Des historiens comme Robert Liddiard et Matthiew Johnson en sont maintenant moins certains. Le style de ce château est considéré comme étant vigoureux, saisissant, et ressemblant à bien des égards au style qui caractérise le château de Herstmonceux ou celui de Saltwood.
Bien que sa ressemblance avec bon nombre de châteaux français soit frappante, il n'existe aucune preuve directe attestant qu'il soit le résultat d'une pure imitation de ces derniers, et d'ailleurs, d'autres châteaux anglais comme celui de Mulgrave et de Dudley (en) ont une structure similaire à celle de Nunney. On peut en revanche plutôt mieux comprendre ce style comme étant caractéristique de cette très large gamme de donjons construits en Angleterre à cette époque et conçus « pour permettre aux hommes très riches de vivre dans le luxe et la splendeur » comme l'affirme Nigel Pounds.
XVe et XVIe siècles
Le château de Nunney passe au fils de John, Philip Delamare puis à Elias, son petit-fils, avant d'appartenir à la famille Paulet par alliance, à la suite de la mort probable d'Elias pendant les campagnes d'Henri V en France. John Paulet, son fils John et son petit-fils qui se prénomme également John, occupent le château pendant la plus grande partie du XVe siècle, mais leur résidence principale est plutôt à Basing House (en) qu'à Nunney. William Paulet, marquis de Winchester, est le dernier membre de la famille à posséder le château qui, à sa mort en 1572, a rapidement d'autres propriétaires et, en 1577, il est vendu par Swithun Thorpe à John Parker qui ne le garde qu'une seule année avant de le vendre à Richard Prater au prix de 2 000 livres. Pendant la seconde moitié du XVIe siècle, le château subit à nouveau des modifications, probablement menées par la famille Prater : les fenêtres sont agrandies pour laisser rentrer davantage de lumière, un magnifique escalier est construit dans l'une des tours ; on installe un autel catholique et, on construit un revêtement ou un terre-plein tout autour de la douve, côté intérieur, une douve dont la largeur est maintenant de 7,6 m.
XVIIe au XIXe siècle
Au XVIIe siècle, le château de Nunney appartient toujours à la famille Prater, membre de l'Église catholique romaine. En 1642, la première révolution anglaise éclate entre les deux factions rivales, celle des « Têtes-Rondes » et celle du roi Charles Ier ; comme beaucoup de catholiques, le colonel Richard Prater apporte son soutien à Charles Ier. Cependant, alors que la guerre se poursuit, la situation des Royalistes se détériore et le sud-ouest devient l'un des rares bastions royalistes à subsister ; une garnison est placée dans le château afin d'anticiper une éventuelle attaque parlementaire et, un certain nombre de réfugiés dont beaucoup de catholiques sont accueillis au château.
En , une armée parlementaire obéissant aux ordres de Lord Fairfax et d'Olivier Cromwell pénétre dans le Somerset, s'emparant au passage des châteaux de Sherborne, Cary (en) et de la ville de Shepton Mallet avant de se diriger vers Nunney. Deux régiments de soldats munis de canons encerclent le château le , et, face au refus de Richard Prater de se rendre, les canons ouvrent le feu sur le côté nord du château, ouvrant une brèche dans le mur. Richard continue de résister, hissant au-dessus du château un drapeau sur lequel on pouvait voir un crucifix catholique afin de se moquer des assaillants, mais deux jours plus tard, la garnison se rend.

En raison des dégâts causés par les canons, le château échappe à une destruction qui aurait été signe de mépris ou à une détérioration délibérée comme ce fut le cas pour beaucoup d'autres à la fin de la guerre civile. Cependant, Richard Prater n'est pas autorisé à retourner au château, malgré ses promesses de soutenir le Parlement, et son fils, Georges Prater, ne reprend Nunney à ses propriétaires intérimaires qu'en 1660, après l'accession au trône de Charles II, lors de la restauration de la monarchie anglaise.
Le château tombe en décadence et la famille Prater le vend à William Whitchurch vers 1700. Au XVIIIe siècle, le bâtiment est toujours dans un état correct et en 1789, un ordre est reçu indiquant qu'il devait être prêt à recevoir des prisonniers français, bien qu'il soit peu probable que ces derniers aient un jour mis les pieds dans ce château.
XXe et XXIe siècles

Au XXe siècle, le château de Nunney ne cesse de se détériorer et devient une véritable ruine, il est recouvert d'un lierre épais ; c'est alors que le , une portion du mur endommagé situé au nord s'écroule entièrement, et la plupart des pierres qui étaient tombées furent volées par des personnes vivant aux alentours. La structure du château n'étant pas très solide, Robert Bailey-Neale, le propriétaire, remet sa propriété en 1926 dans les mains d'une personne chargée de conduire les travaux nécessaires (Commissioner of Works) qui met en place tout un programme pour la restaurer.
Le château est aujourd'hui une attraction touristique gérée par l'English Heritage et il est classé monument historique.
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Nunney Castle » (voir la liste des auteurs).
- ↑ André Plaisse, La grande chevauchée guerrière d'Édouard III en 1346, Cherbourg, Éditions Isoète, , 111 p. (ISBN 2-905385-58-8), p. 79.
