Château de Pernant

From Wikipedia, the free encyclopedia

Type
Château fort
Style
Châtelet devenu Maison forte puis Château d'agrément
Construction
XIVe-XVe – XVIe siècles
Propriétaire
Privé
Château de Pernant
Le château et sa terrasse vus du village
Présentation
Type
Château fort
Style
Châtelet devenu Maison forte puis Château d'agrément
Construction
XIVe-XVe – XVIe siècles
Propriétaire
Privé
Patrimonialité
Localisation
Département
Arrondissement
Canton
Commune
Adresse
10 rue du château - 02200 Pernant
Région historique
Coordonnées
Localisation sur la carte de l’Aisne
voir sur la carte de l’Aisne
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France

Le château de Pernant (souvent appelé à tort le « Donjon de Pernant ») est un fort médiéval de petite dimension situé à Pernant, dans le Soissonnais, en France[1],[Note 1].

Avec le donjon d'Ambleny, le château d'Armentières-sur-Ourcq et le donjon de Septmonts, c'est l'un des derniers vestiges de l'architecture militaire du XIVe siècle encore debout dans le département de l'Aisne [2].

Localisation géographique

Le village de Pernant occupe une vallée étroite se rétrécissant du nord vers le sud, creusée dans le plateau par le ruisseau de Pernant qui se jette au nord dans l'Aisne. Le château est niché sur un promontoire au sud du village. De la RN 31 de Soissons à Compiègne, l'accès se fait par la D 1150 (la rue principale de Pernant) remontant le village vers le sud jusqu'au hameau de Poussemy qu'il faut laisser sur sa gauche pour rejoindre le château.

Situation et implantation

Le château de Pernant se dresse sur un massif rocheux situé au bord du plateau et dominant le village situé soixante mètres en contrebas. Surplombant la vallée au sud et à l'est, le site a d'abord été isolé du plateau au nord et à l'ouest par un profond fossé en L dont la partie nord fut comblée au XVIIIe siècle, rattachant désormais le site au plateau ; il n'en reste donc aujourd'hui séparé qu'au sud par le fossé-carrière qui donne accès à d'anciennes carrières en sous-sol du domaine, transformées de longue date en dépendances souterraines pour l'élevage, aujourd'hui abandonnées. Le château est construit en pierres de taille dont la plupart viennent de ces carrières.

Évolution de la construction

La maison forte XVe siècle[3].

Certainement bâti au début du XIVe siècle, l'édifice est d'abord un simple châtelet entouré de murs d'enceinte parsemés de tours dont les fondations parfois, sont encore visibles : c'est donc une porte fortifiée à un étage avec salle unique accessible depuis le chemin de ronde des fortifications (et non depuis le sol comme suggéré sur le schéma ci-contre) traversée par un passage carrossable depuis la cour d'honneur vers le jardin avec sa herse et un pont-levis enjambant le fossé. Un accès piéton transversal au passage carrossable semble avoir existé depuis le sud avec un escalier taillé dans la colline dont on voit encore les emmarchements par endroits.

Il est ensuite rehaussé en deux phases à partir de la seconde moitié du XIVe siècle pour étendre son habitabilité et son confort, devenant la maison forte, dotée d'un confort permettant d'y séjourner : au XVe siècle il faisait ainsi partie d'un ensemble architectural militaire plus vaste.

Le château d'agrément XVIe siècle.

Au XVIe siècle il perd ses attributs militaires pour devenir un château d'agrément : la porte est comblée pour aménager : des caves en décaissement, par-dessus la salle avec sa cheminée monumentale sous une voûte à croisée d'ogive, et par-dessus un grenier en entresol, peut-être le logement des domestiques ; y est adjoint au nord-ouest un logis renaissance, au sud une terrasse séparée de la cour d'honneur par un rempart qui a remplacé les fortifications d'enceinte ; pour pallier la perte du pont-levis, le mur d'enceinte nord est encore supprimé pour permettre la construction d'un pont par-dessus le fossé vers la basse-cour de la ferme, tandis qu'une simple poterne couverte est aménagée depuis le logis par-dessus le fossé ouest pour rejoindre à pied le jardin jadis desservi par le pont-levis.

Au XVIIe siècle, la construction subit de plus en plus de petites transformations, mineures en apparence, mais qui fragilisent lentement la construction : percements des tours, de certaines cloisons, pour aménager d'autres distributions de pièces, dont le nombre augmente quand leur surface diminue, probablement pour répondre au besoin croissant de loger de plus en plus de personnel au fur et à mesure de l'expansion des activités agricoles.

Au XVIIIe siècle la terrasse est encore complétée par une voûte enjambant le fossé carrière ouest pour relier directement la terrasse avec le jardin ; la poterne est alors supprimée tandis que le fossé nord est comblé, noyant le pont dont seule une arche reste visible dans le mur.

Au XIXe siècle le château devient une propriété essentiellement agricole, d'autres granges étant construites à l'ouest de la propriété initiale pour reconstituer une basse-cour après la fusion de fait entre la basse-cour de la première ferme et la cour d'honneur du château.

En 1914, le château est intact et habité. Il est donc réquisitionné par les états-majors, tantôt français tantôt allemands, notamment en raison des carrières souterraines qui permettent de mettre les troupes à l'abri des intempéries comme de l'ennemi. Il reste faiblement endommagé jusqu'à 1917.

Un monument en péril

Destructions de la Grande guerre

La contre-offensive Mangin, lancée le sur un front de cinquante-cinq kilomètres, marque dans la région le début de la bataille de Soissons au cours de laquelle la ville sera détruite à plus de soixante-dix pour cent. Le plateau de Pernant est sur la route de Soissons, et à six heures du matin, le vingt-sixième Régiment d'infanterie accomplit un haut fait d'armes avec la capture au château d'un bataillon allemand et de son état-major au complet ; la vallée de Pernant, au milieu de laquelle passe la ligne de front, est progressivement conquise et plus de mille prisonniers y sont faits.

Ayant perdu la vallée de Pernant, les Allemands la bombardent finalement - et donc le château - six heures durant le « à raison d'un à trois obus par minute »[4] disent les carnets de marche et d'opération du 26e RI pour enfin gazer toute la vallée le lendemain . Le site en est largement ruiné.

Le monument est délaissé par ses propriétaires qui ont préféré utiliser les dommages de guerre payés en 1920, pour construire un manoir en pierre de taille de belle facture sur l'emplacement du jardin. Le monument est ainsi inscrit au titre des monuments historiques en 1927 pour empêcher sa démolition, mais n'est jamais restauré ; bien pis, la partie principale du Logis XVIe siècle est rasée peu après la guerre.

Abandonné tout le XXe siècle, le monument a beaucoup souffert d'un siècle d'intempéries et à la fin des années 1980 il menace de s'effondrer sur la route. Le premier éboulement déclenche la polémique au début des années 1990 : l'arrêté de péril destiné à contraindre le propriétaire à engager des travaux le conduit au contraire à déposer un permis de démolir, qui fait grand bruit dans la région.

Une sauvegarde inespérée

Une association de sauvegarde villageoise se monte alors, secondée par la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, qui obtient le classement d'office du château au titre des monuments historiques en 2007. Les travaux ne commencent pourtant pas.

L'acquéreur, un avocat belgo-vénézuélien, s'attelle le premier à ces travaux dont deux tranches sont réalisées en 2012 et 2013 avec le concours de la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) de Picardie ; c'est encore lui qui ouvre le monument à la visite pour la première fois en 2012 et célèbre enfin un symbolique septième centenaire du château en 2013. Mais un projet manque toujours pour le devenir du château, le propriétaire ne faisant pas un choix clair pour la restauration du monument, et le domaine est à nouveau mis en vente en 2014.

L'actuel propriétaire, arrivé fin 2015, tentera de mener de front le triple projet de restaurer le châtelet à l'horizon de juillet 2018 pour y ouvrir des chambres d'hôtes, d'aménager les granges pour y ouvrir des gîtes ruraux, d'organiser sur ce site des animations culturelles musicales.[réf. nécessaire]

L'inventaire historique

Bernard Ancien, secrétaire général puis président de la Société archéologique, historique et scientifique (SAHS) de Soissons s'intéresse le premier[réf. nécessaire] au château de Pernant et y fait une dizaine de visites entre 1945 et 1948, effectuant notamment l'important relevé des peintures décoratives aujourd'hui quasiment invisibles, étudiant le château en détail, réunissant notes et croquis. Mais ses travaux s'arrêtent là faute de temps.

Il faut attendre quarante ans pour qu'un autre président de la SAHS de Soissons, Denis Rolland se penche à son tour sur ce monument exemplaire, en constituant le premier dossier archéologique[3], travail qui a bien failli lui aussi rester sans suite.

L'architecte du patrimoine Alice Capron-Valat conclut ces opérations par la production d'une étude scientifique exhaustive (le Diagnostic du monument historique[5]) à l'occasion de la mise en chantier des premiers travaux de restauration sous le contrôle et avec la contribution de la DRAC Picardie. C'est elle qui est retenue par le propriétaire actuel pour assurer la maîtrise d'œuvre de la poursuite et on l'espère, de l'achèvement de la restauration du monument classé et de l'aménagement corrélatif de l'ensemble du site dont les carrières souterraines.

Description de l'état actuel

Ce qu'il reste aujourd'hui du monument est proche de la construction de son état du XVe siècle : de petite taille, construit sur un plan classique rectangulaire à quatre tours rondes plus une carrée, le bâtiment comprend deux étages identiques constitués d'une grande salle avec cheminée ouvrant sur les tours ; au premier, l'ancienne salle de la herse donne le volume supplémentaire d'une pièces attenante ; au niveau du sol, une vaste salle avec cuisine et cheminée est aménagée dans l'ancien passage carrossable avec grenier en entresol au-dessus et caves au-dessous à demi-enterrées, depuis lesquelles un escalier directement taillé dans la roche donne accès aux carrières souterraines. La cour d'honneur et l'ancienne basse-cour sont maintenant une seule et même cour, entourée au nord et à l'est de deux corps de ferme ; le logis renaissance n'existe presque plus : ne reste que la grande cage d'escalier.

Historique

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI