Château de la Brinière
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| Type | |
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| Construction |
XIX |
| Patrimonialité |
Recensé à l'inventaire général |
| Pays |
France |
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| Région | |
| Département | |
| Commune |
Le château de la Brinière, aussi appelé château de Jallais[1], est un château reconstruit au XIXème siècle situé sur la commune française de Jallais, dans les Mauges.
Le château initial est le théâtre d'opération de la bataille de Jallais, l'une des premières batailles des guerres de Vendée. Il est en grande partie détruit par les colonnes infernales, en 1793. Le château actuel est partiellement reconstruit par Jacques de Valpinçon en 1835. L'apparence actuelle est donné par son fils, Polynice, en 1855.
Ensuite passé par les femmes, le château de Jallais appartient aujourd'hui encore aux descendants de la famille de Valpinçon : la famille des Dorides.
Le premier château de Jallais, à l'époque appelé La Salle, occupait l'actuel quartier du Four à Ban de Jallais. Cet ancien château disparait à la fin du XIIIème siècle. Puis, le manoir de la Brinière s'élève progressivement, au XIVème d'abord, puis au milieu du XVème. A l'époque, d'après les récits d'A. Dolbeau, le château consiste en quatre murs formant un carré parfait, encadré de quatre grosses torus d'angles. Ces pierres résisteront des centaines d'années avant d'être détruites.
En 1540, La Brinière est la propriété de Marguerite Guesdon, qui épouse Gilles de Vau, de Bouchemaine. Ils abandonnent ensuite la châtellenie de Jallais à Charles Turpin de Crissé. Celui-ci prend donc dès 1565 le titre de seigneur de Jallais. Il reçoit le roi de France Charles IX au château de La Brinière autour du 8 octobre1565[2]. D'après l'Abbé Nippon, le roi reviendrait à ce moment là d'un voyage dans le midi, et aurait été accompagné de sa mère, Catherine de Médicis, de Jeanne d'Albret, et du prince de Béarn, le futur Henri IV[2]. Accueilli par Turpin de Crissé et par le garde des sceaux du château, Sébastien Cesbron, La Brinière héberge donc temporairement le cortège royal[2]. Le petit fils de Charles Turpin de Crissé, Louis, épouse en 1617 Suzanne Chenu. Puis, le 17 juin 1635, Claude Chenu, nouveau seigneur de Jallais, signe une pétition du clergé et des habitants de Jallais adressé à l'évêque d'Angers, afin de faire ériger dans l'église de Jallais la Confrérie du Rosaire. Il obtient gain de cause.
La Brinière échoit ensuite à Claude Vincent, maitre d'hostel de Louis XIV, de 1670 à 1677. Son fils, Nicolas, vend le château de la Brinière le 27 mai 1682 à André Bauyn de Perreuse. A la fin du XVIIème siècle, André de Perreuse fait dessiner le parc et le jardin de la Brinière par le célèbre Le Nôtre. Il aura deux fils, Prosper et Pierre. Lorsque l'ainé meurt en 1758, c'est son frère, Prosper, qui lui succède. Le marquis de Perreuse y décède à la fin 1782. A partir de 1783, La Brinière échoit à Antoine de Perreuse.
Le 25 aout 1791, la gendarmerie de la garde nationale de Chemillé disperse un important groupe de pèlerins en route vers Bellefontaine, à Jallais. Le marquis de Perreuse intervient en leur faveur, mais sans succès. Menacé, il quitte la Brinière fin 1791, pour ne plus jamais y revenir. Il fixe alors son domicile à Jouarre, où il possède un autre domaine. Il confie alors La Brinière au régisseur Berrard. Le château de Jallais ne sera jamais vendu comme bien national. Le marquis de Perreuse, accusé d'avoir soutenu la cause vendéenne, est emprisonné à la maison d'arret du Luxembourg en 1794. Il est libéré le 27 juillet 1794.

En 1793, un détachement de garde nationaux, commandé par le médecin Bousseau, de Chalonnes, vient occuper la Brinière, dans le but d'éviter toute tentative d'insurrection. Le 13 mars, les hommes de Cathelineau et Perdriau délogent ces mêmes gardes nationaux, du côté du calvaire de la route de Trémentines[3]. Les hommes de Cathelineau s'emparent du canon "Le missionnaire", puis s'empare du château de la Brinière[3]. La marquise de La Rochejaquelein notera[4] : "Quand les paysans s'avancent pour prendre un canon, si l'on tire avant qu'ils aient le temps d'y arriver, ils se jettent ventre à terre, sitôt qu'ils voient en mettre me feu à la poudre ; ils courent à quatre pattes et tuent les canonniers, avant qu'ils puissent tirer une autre fois"[4]. Les bleus sont battus en 10 minutes[5] par les blancs. Cette bataille est l'une des première batailles de la première guerre de Vendée.
Les armées vendéennes vont alors de succès en succès. Le 12 juin, Cathelineau, du Pin-en-Mauges, est nommé général en chef par les autres généraux. La Brinière l'accueille à nouveau le 17 juin, accompagné de l'abbé Cantiteau, de La Rochejaquelein, et d'autres officiers. Le 15 juillet suivant, Bonchamp s'installe à la Brinière pour quelques semaines, afin de se soigner d'une plaie reçue à la bataille de Martigné-Briand. Le 25 du même mois, Lescure, La Rochejaquelein et Talmont rejoignent Bonchamp. Ils y restent jusqu'au 10 aout. Le soir du 18 octobre suivant, La Brinière recueille quelques rescapés de la déroute de Cholet.
Le 5 décembre 1793, La Brinière est brulée une première fois, en grande partie, par les colonnes infernales de Cordellier[6]. Puis, le 26 janvier 1794, Cordelier[6] revient de La Jumellière avec sa colonne incendiaire et s'installe au château pour la nuit. Le lendemain, il écrit à son chef Turreau : "J'ai ordonné de passer à la baionnette tous les scélérats qu'on a pu rencontrer... En ce moment, qurante métairies éclairent la campagne, en direction de Chemillé..."
Puis, abandonné par les Bleus, à La Brinière est alors signé le pacte liant Stofflet, Charette, Sapinaud et Marigny : chaque général s'engage, sous peine de mort, à ne rien entreprendre sans l'avis des trois autres[7][8]. C'est à La Brinière également que, le 26 avril 1794, est prononcé l'arret de mort de Marigny[7][8]. Le jugement est exécuté le 10 juillet suivant, à Combrand[7]. Pendant plusieurs mois, La Brinière devient le lieu de rendez-vous de Stofflet et de ses officiers. Puis, le 2 mars 1795, l'abbé Bernier réunit un conseil de guerre à la Brinière afin de parvenir à la pacification de l'Ouest. Quelque temps après, le général républicain Canclaux établi ses quartiers au château et, tout en faisant occuper Jallais par son armée, recommande à ses troupes d'employer tous les moyens à leur disposition pour calmer les esprits.
Le marquis de Perreuse vend alors le domaine de La Brinière le 1er aout 1801. D'après l'acte notarial de maitre Lherbette, le château de Jallais, et ses 725 hectares de terres et forets, est vendu à Charles de Conantre, pour 135000 F. Antoine de Perreuse, chevalier de l'ordre de Saint Louis, meurt en l'an 1816, sans être jamais revenu à La Brinière.
Le 16 avril 1812, Charles de Conantre vend La Brinière à Monsieur Jacques de Valpinçon[9], pour la somme de 408522 F. Le château, brulé par les colonnes infernales, est très endommagé. A partir de 1835, Jacques de Valpinçon fait édifier la partie sud de l'ancien château, après avoir rasé ce qui restait de la chapelle. Il fait donc construire un bâtiment allongé, dont les extrémités sont les vieilles tours de l'ancien château. Les deux autres anciennes tours se trouvant dès lors isolées, face à la façade nord. La première pierre de ces travaux est posée le 31 octobre 1835, en présence de l'abbé Brouard, curé de la paroisse, et du docteur Guinebertière, maire de la commune. Les plans sont dressés par Monsieur Lecoy, architecte à Angers, et les travaux sont confiés à l'entreprise Martin, de Chemillé. L'ensemble est terminé en 1837, pour un cout de 90000 F, dont 30000 d'aménagement intérieur.
Jacques de Valpinçon a deux enfants : Anne-Cécile et Polynice. Ce dernier devient maire de Jallais en 1855, et le demeure jusqu'en 1870. Polynice de Valpinçon commence, en 1855, d'autres travaux : il fait tomber les restes des quatre tours restantes, et les remplace par quatre pavillons, deux à l'est et deux à l'ouest. Ces pavillons prolongeant donc les extrémités du bâtiment rectangulaire. Polynice fait également combler les douves. Ces travaux seront assurés par Monsieur Lévy, de Cholet, et par Monsieur Duvêtre, d'Angers. Les tuffeaux viennent de Mortagne et de Saumoussay. Aussi, Polynice de Valpinçon fait appel à un paysagiste nantais afin d'établir un parc à l'anglaise, sur 5 hectares autour du château. 8300 arbres y sont mis en terre, et on plante 10 000 châtaigners, au fond du parc, qui dépériront rapidement. Puis, en 1861, l'Orangerie du château est construite. C'est dans cette dépendance que sera ouverte l'école Saint Louis de Jallais.
La fille de Polynice de Valpinçon, Eugénie, épouse Monsieur Roboüam du Plessis. Ils ont ensemble deux filles : Elisabeth et Eugénie. Elisabeth épouse Monsieur Loury, et Eugénie, Monsieur de Boissac, qui deviendra maire de Jallais, en 1904, puis en 1908. En 1905, Monsieur de Boissac a des différends avec la préfecture. Pour cause : Boissac s'oppose aux méthodes scolaires du ministère Combes. Mais le couple Boissac n'a pas d'hériter. C'est donc la descendante d'Elisabeth Loury qui reprend le château de Jallais. La fille Loury épouse alors Monsieur Louis de La Ville de Férolles des Dorides, qui a quatre enfants, dont Hubert des Dorides. C'est lui qui reprendra le château de Jallais, avant de le léguer à son fils, Philippe de La Villes de Férolles des Dorides, marié à Agnès Jacquelot de Chantermerle de Villette. Ils ont ensemble trois filles. Cette même famille occupe aujourd'hui encore le château de Jallais.

Bibliographie
- Jacques Hussenet (dir.), « Détruisez la Vendée ! » Regards croisés sur les victimes et destructions de la guerre de Vendée, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, , 634 p. (ISBN 978-2911253348).

- Lionel Dumarcet, François Athanase Charette de La Contrie : Une histoire véritable, Les 3 Orangers, , 536 p. (ISBN 978-2-912883-00-1).

Sources et références
- ↑ « Patrimoine architectural (Mérimée) »
- 1 2 3 « Beaupréau-en-Mauges. Ils ont marqué l’histoire locale : le futur roi Henri IV est venu en 1565 », Ouest-France, (lire en ligne)
- 1 2 « Beaupréau-en-Mauges. En 1793, la prise du château de Jallais et du canon », Ouest France, (lire en ligne)
- 1 2 Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires de Mme la Marquise de La Rochejaquelein, (lire en ligne), chap. 6, p. 120
- ↑ « La bataille de Jallais évoquée lors d’une balade historique et gourmande », Ouest France, (lire en ligne)
- 1 2 Louis-Marie Clénet, Les colonnes infernales, Perrin, coll. « Vérités et Légendes », , 327 p., p. 159
- 1 2 3 Dumarcet 1997, p.335-344
- 1 2 Hussenet 2007, p. 46-47.
- ↑ « Au cimetière du père Lachaise : M. PINCON de VALPINCON Jacques (1770-1853) »