Château de la Droitière

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Période ou styleStyle Louis XVI
Propriétaire actuelAssociation des Amis de La Droitière
Destination actuelleLieu culturel ouvert au public
ProtectionLogo des sites naturels français Site classé (1942)
Château de La Droitière
Image illustrative de l’article Château de la Droitière
Château de La Droitière, 2021
Période ou style Style Louis XVI
Propriétaire actuel Association des Amis de La Droitière
Destination actuelle Lieu culturel ouvert au public
Protection Logo des sites naturels français Site classé (1942)
Coordonnées 47° 18′ 24″ nord, 1° 22′ 19″ ouest[1]
Pays Drapeau de la France France
Localité Mauves-sur-Loire
Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique
(Voir situation sur carte : Loire-Atlantique)
Château de La Droitière
Géolocalisation sur la carte : Pays de la Loire
(Voir situation sur carte : Pays de la Loire)
Château de La Droitière
Site web https://www.chateaudeladroitiere.fr/

Le château de La Droitière est situé dans la commune de Mauves-sur-Loire dans le département de la Loire-Atlantique, région Pays de la Loire, à 17 km à l'est de Nantes en direction d'Ancenis.

Le château est construit sur les falaises de Mauves-sur-Loire, à 76 mètres au-dessus de la Loire[2].

Sous l'Ancien régime

Le domaine de la famille Malestroit d'Oudon

Le domaine de la Droitière fait partie des possessions de la famille de Malestroit, seigneurs d'Oudon au XVIe siècle. Désargentés, Jean de Malestroit et son frère Julien se lancèrent dans la fabrication de fausse monnaie pour maintenir leur train de vie et leur rang. Il s'agissait de monnaies de cuivre recouvertes d'argent. L'atelier des faux-monnayeurs fut installé dans la falaise surplombant la Loire, au niveau de l'actuel château de La Droitière, dans la grotte encore appelée aujourd'hui grotte des Faux-Monnayeurs. Ils furent assistés par un clerc du nom de Jean Drouet, qui a laissé, comme unique souvenir à la postérité, le nom d'origine de la propriété : Drouetière qui se transforma dès le XVIIIe siècle en Droitière

Jean de Malestroit s'est peut-être réfugié en Amérique, julien et Jean Drouet furent arrêtés et jetés en prison à Paris. Leurs possessions furent confisquées[3].

Propriété de grands négociants nantais

Au XVIIe siècle, La Droitière appartient à la famille Barbot[4]. Ces négociants nantais construisent une maison noble en 1669. Celle-ci serait la base du château actuel.

Par la suite, La Droitière devient la propriété de la famille Bazille, eux aussi négociants nantais et transformateurs[5].

En 1732, Marie Bazille épouse Louis Thiercelin, également issu d'une famille de négociants originaire d'Orléans. À la suite d'un accident tragique dans lequel Marie se noie avec ses enfants, le château est transmis aux cousins Thiercelin[2].

En 1783, Marie-Flore Thiercelin (1759-1791) épouse François Guillet de la Brosse (1742-1826), capitaine aide-major des milices de Saint-Domingue, issu d'une famille de négociants installée à Nantes depuis 1730. La famille ayant fait faillite, François part à Saint Domingue à l'âge de vingt ans pour refaire la fortune de la famille. Il rentrera 20 ans plus tard pour prendre femme et restera à Nantes. En 1786, François achète une charge de conseiller-secrétaire du roi à la Chancellerie de Bretagne et dans le même temps rachète le château de La Droitière à la famille de sa femme[2].

À la suite de cet anoblissement, il engage des travaux sur le château et le parc de La Droitière. La bâtisse est remaniée dans le style Louis XVI. Le couple fait construire également l'orangerie, le potager et les communs, ainsi qu'une chapelle bénie en . Le parc est également aménagé, avec notamment un grand bassin maçonné au Sud séparant le jardin d'agrément du jardin potager[2].

Le château de La Droitière et ses propriétaires traversent une période difficile à la Révolution française. François Guillet de La Brosse est noble ; son frère, curé, a été noyé à Trentemoult sous ordre de Carrier. Le château est envahi en 1793, les vitres sont brisées, les tentures arrachées, le château, le potager et la cave pillés[2]. François est lui-même arrêté quelques semaines plus tard et enfermé à Nantes. La réaction de Thermidor en 1795 et la fin de la Terreur lui sauvent la vie[2].

Le château de la Droitière au début du XIXe siècle

Le château échoie à Julien Guillet de La Brosse par tirage au sort. En 1805, ce dernier épouse Maxence Suzanne Sallentin, issue d'une famille de négociants. Resté veuf, il se remarie en avec Marie-Victoire Palerne de La Haudussais. Le couple réside au château de La Droitière où il organise de nombreuses réceptions mondaines[2].

La fille du couple, Victoire Guillet de La Brosse (1819-1845), épouse le comte Charles de Montsorbier en 1842. Leur fille, Victoire-Marie, petite-fille de Julien Guillet de la Brosse, hérite du château à la mort de son grand-père en 1845[6]. En 1861, elle épouse Arthur de Cornulier-Lucinière[2].

Le couple possède d'autres propriétés, notamment le château de Lucinière à Joué-sur-Erdre. Le vicomte de Cornulier entreprend la construction d'un haras sur ses terres de La Lucinière. Pour faire face à ces dépenses considérables et à ses dettes de jeu, le château de La Droitière est d'abord loué, puis vendu sur adjudication.

Le château sous les Fleury

En 1867, Victor Fleury (1828-1886) achète le domaine pour la somme de cent mille francs[7].

Victor et son frère Jules Fleury (1825-1907) sont originaires de Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord. Jules est banquier et agent de change alors que Victor entre aux Eaux et Forêts. Ils possèdent également une filature héritée de leurs parents à Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne. La filature est expropriée par la ville de Saint-Maurice, les fonds leur permettent d'acquérir le château de La Droitière[2].

Victor Fleury est marié à Mathilde Verne (1839-1920), sœur du célèbre écrivain Jules Verne, depuis .

À partir de 1872, Victor entreprend plusieurs travaux sur le château. Il ajoute deux pavillons et remplace les armoiries de la famille Thiercelin par un F qui renferme quelques symboles de son appartenance à la Franc-Maçonnerie. L'architecte chargé de ces modifications est Jourdan Blondel.

De même, le parc est agrandi et restructuré dans l'inspiration des parcs chinois. Moins rigoristes que les jardins à la française, ils prendront l'appellation de « Parcs à l'anglaise ». Pas d'architecte paysagiste pour cet agrandissement du parc, Victor Fleury a les compétences et ce sera, aidé par son beau-frère Jules Verne, que les deux hommes vont donner au parc les bases de ce qui peut être admiré aujourd'hui dans la splendeur de sa maturité.

On trouve dans le parc de nombreuses traces des séjours de l'écrivain, son arbre (Cedrus Atlantica glauca pendula), sa gloriette, sa promenade, mais aussi dans son oeuvre littéraire dans laquelle on retrouve des détails puisés lors de ses séjours à La Droitière et à Mauves.

Victor Fleury était membre de la société d'acclimatation de Nantes et de la société nantaise d'Horticulture. Il devient également maire de la commune de Mauves-sur-Loire de 1871 à 1874 puis de 1874 à 1884[2]. À son décès en 1886, sa veuve Mathilde Fleury née Verne hérite de La Droitière[8]. Sa fille Jeanne (1861-1929), épouse de Maurice Douault, hérite de la Droitière en 1921[9]. À son décès le , le Château est transmis à ses trois fils [10]. La crise financière de 1929 étant passée par là, les trois frères n'ont pas d'autre choix que de vendre la propriété, mais à la découpe cette fois.

Sanatorium et hôpital des années 1930 aux années 1990

En 1930, un diplomate anglais, Cécil Gosling (1870-1944), marié à Christine von Linden (1879-1969), londonienne d'origine allemande, achète La Droitière et réalise quelques aménagements comme l'aménagement des écuries pour accueillir ses chevaux de course. Le couple ne réside pas longtemps à La Droitière. Il n'arrive pas à s'intégrer du fait de l'origine allemande de Madame. De 1932 à 1936 ses hommes d'affaires essayent de faire du château de La Droitière une maison de retraite. En 1936 et jusqu'en 1963, La Droitière devient un sanatorium pour femmes. Quelques constructions sont ajoutées pour les besoins de l'activité. L'établissement est dirigé par Eugène Maxim, ingénieur originaire de Roumanie[11]. Protégé par son statut de sanatorium, le château sert de base d'approvisionnement pour la résistance, notamment le groupe Vengeance du maquis de Saffré auquel appartenaient Eugène Maxim et son épouse Blanche[2].

Château de la Droitière.

En 1964, Le C.H.U. de Nantes devient propriétaire des lieux et restructure complètement les intérieurs du château. De plus, l'Unité de Soins Normalisés est construite et inaugurée en 1974 pour y installer un service de convalescents de 124 lits, puis un service de long-séjour de 150 lits pour personnes âgées dépendantes. L'ensemble des bâtiments a été fermé le , après le départ des derniers patients pour l'hôpital Saint-Jacques, avant d'être vendu en 2005 à un groupe hôtelier[12].

La Droitière aujourd'hui

Depuis 2018, l'association des amis du Parc et du Château de La Droitière s'attache à restaurer le château et valoriser l'ensemble du site, notamment par l'ouverture au public du parc[13] et par l'organisation de nombreux événements culturels.

En 2022, la propriété de La Droitière a été transmise gracieusement à l'association ce qui lui permet d'appréhender plus sereinement ses missions.

L'architecture du château

Le pavillon central reconstruit par les familles Thiercelin et Guillet de La Brosse est de Style Louis XVI. On observe la date de 1788 au milieu du fronton brisée de la lucarne axiale sur la façade est du château. Les intérieurs sont également remaniés. Côté parc, la façade est ornée de quatre colonnes surmontées d'un fronton sculpté. Ce fronton présente des similitudes avec celui réalisé par l'architecte nantais Mathurin Crucy pour la Chambre des comptes de Bretagne. Les travaux menés au XVIIIe siècle à La Droitière sont attribués à cet architecte important[2].

Au XIXe siècle, Victor Fleury fait profondément remanier le château. Deux grands pavillons latéraux, caractéristiques de l'architecture du XIXe siècle tout en respectant une continuité avec le style Louis XVI sont ajoutés. Les armoiries du fronton sont remplacées par un F évoquant les Fleury. Les travaux sont de l'architecte Jourdan Blondel[2].

L'occupation du château par le sanatorium puis le CHU a entraîné des dégradations importantes : construction de bâtiments annexes, installation de stores et de chiens assis sur la toiture. Mais l'association des Amis du parc et du château de La Droitière s'occupe à rendre au château son lustre initial.

Le parc : l'évolution de l'art des jardins au cours des siècles

Notes et références

Annexes

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