Château des Tours (Anse)
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| Château des Tours | |
| Période ou style | Médiéval |
|---|---|
| Type | Château fort |
| Début construction | 1213 |
| Fin construction | 1218 |
| Propriétaire initial | Église de Lyon |
| Destination initiale | château garnison |
| Propriétaire actuel | Commune d'Anse |
| Destination actuelle | Ouvert au public |
| Protection | |
| Coordonnées | 45° 56′ 04″ nord, 4° 43′ 08″ est[2] |
| Pays | |
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes |
| Département | Rhône |
| Commune | Anse |
| modifier |
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Le château des Tours est un ancien château fort des archevêques de Lyon, du 1er quart du XIIIe siècle[3] qui se dresse sur la commune française d'Anse dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Considérant qu'il s'agit d'un « remarquable exemple d'architecture militaire », le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du [1].
Historique
Au milieu du Moyen Âge, Anse est une ville-frontière qui protège la limite nord de la seigneurie de l'Église de Lyon contre les entreprises des sires de Beaujeu. C’est ainsi qu’à la fin du XIIe siècle, l'Église de Lyon rénove l'enceinte gallo-romaine du Bas-Empire dans laquelle s’est développée l'agglomération d’Anse depuis le haut Moyen Âge.
Au début du XIIIe siècle, cette fortification n'est toutefois pas jugée suffisante et l'archevêque-comte de Lyon Renaud de Forez (1193-1226) décide, dans le cadre d’un vaste plan de rénovation des défenses de sa seigneurie, de construire à Anse un château qu’il implante au sud de l’enceinte urbaine. L’identification du château des Tours avec le « château-neuf » attribuée à Renaud de Forez par sa notice nécrologique[4] a été confirmée au début des années 1980 par l'étude archéologique et historique exhaustive de celui-ci[5],[6].
Comme les autres châteaux de l'Église de Lyon, le château d’Anse est remis à la charge d’un de ses chanoines. Celui-ci perçoit des droits sur le mandement et doit en retour entretenir les bâtiments. Si ce chanoine est tenu en théorie de résider au château, l’administration réelle est, dès les années 1270, dans les mains d’un capitaine, généralement issu de la noblesse locale, qui reçoit un salaire en espèce et en nature et doit entretenir une sentinelle et un portier au château. En période de troubles, il est assisté de soldats recrutés pour la défense. Ainsi, le , ce sont « quatre nobles et douze bons soldats (…) la moitié dans les Tours (…) l’autre moitié pour la garde de la juridiction ».
Au milieu du XIVe siècle, lorsque la ville d’Anse cède aux troupes des Tard-Venus de Seguin de Badefol dans la nuit du , le château est mis à sac. Les dégâts se limitent toutefois aux charpentes comme le montrent les comptes de réparation des années 1365-1366.
À la fin du Moyen Âge, malgré sa position stratégique, le château d’Anse perd très vite son rôle militaire, ne gardant qu’une fonction résidentielle et de représentation du pouvoir exercé par l'Église de Lyon. Les travaux des XVe – XVIIe siècles concernent en effet le percement de grandes baies, la création de circulations, le surhaussement des bâtiments pour créer de nouveaux espaces d’habitation.
En 1660, le château est affermé à un bourgeois de Lyon.
Après la Révolution, il est acheté par la municipalité. La mairie est abritée dans la grande salle jusqu'à son transfert place du Général de Gaulle en 1969, tandis que les autres espaces sont dévolus par bail à la gendarmerie.
En 1930, la façade est du château des Tours est représentée par Maurice Utrillo sur une gouache sur papier intitulée Château à Anse (Rhône).
À partir des années 1980, son étude archéologique débute et le donjon et le logis sont restaurés. Il est ouvert au public. Il accueille des expositions au rez-de-chaussée.
En 2008 la tour nord et la cour centrale sont restaurées et les découvertes archéologiques mises en valeur. Les hourds d'origine du XIIIe siècle sont sauvegardés[note 1]. Ils sont les plus anciens en élévation de France. La cour est recouverte d'une verrière. En 2020 la charpente, la toiture et la salle du 3e étage sont restaurées. Les chemins de ronde du XIIIe et du XVe siècle sont découverts et mis en valeur par des châssis de verre. Des enduits du XVIe et du XVIIe siècle sont découverts au 2e étage. Le 1er étage est occupé par l'archéothèque où le patrimoine gallo-romain est mis en valeur.

