Château du Burgstall
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| Burgstall | |
| Coordonnées | 47° 54′ 39,2″ nord, 7° 12′ 35,1″ est |
|---|---|
| Pays | |
| Anciennes provinces de France | Alsace |
| Région | Grand Est |
| Département | Haut-Rhin |
| Commune | Guebwiller |
| modifier |
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Le château du Burgstall est un château fort en ruine situé dans le centre de la commune de Guebwiller dans le Haut-Rhin.
Le nom d’origine du château n’est pas connu : dans tous les documents antérieurs au milieu du XVe siècle il est simplement appelé « ma maison » par les propriétaires et « le château du seigneur d’Ungersheim » par les habitants[1]. À la fin du XVIIe siècle, les habitants l’appellent plutôt Heidenturm, « la tour des païens », un nom fréquent à l’époque pour désigner tout ce qui est ancien[2].
Le mot burgstall désigne en moyen alémanique un château abandonné et délabré. Ce mot apparaît dans un document de 1473 qui désigne le château comme das alte burgstall, « le vieux château désaffecté ». Lors des fouilles du début des années 1970, cette expression est réutilisée par les archéologues comme moyen commode de désigner le site et passe ensuite dans le langage courant[3].
Historique
Avant le milieu du XIIIe siècle, la ville de Guebwiller n’est pas ceinte de murailles et plusieurs petits châteaux coexistent dans et autour de la ville, habités par les ministériaux de l’abbaye de Murbach. C’est le cas du Hungerstein, mentionné dès 1179, de l’Angreth, mentionné à partir de 1214, et du Burgstall, dont la construction a eu lieu entre le dernier quart du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle, bien qu’il ne soit mentionné qu’à partir de 1270[4],[5]. À cette date il appartient à la famille d’Ungersheim, qui existe depuis au moins 1210, bien que le donneur d’ordre ne soit pas connu : les abbés de cette époque ayant bâti plusieurs châteaux, le Burgstall pourrait également être leur œuvre[6].
Après la construction des fortifications urbaines entre 1260 et 1271, le château se trouve à l’intérieur des murs et n’a alors plus qu’un intérêt militaire limité. Cela explique peut-être pourquoi Pierre d’Ungersheim vend en 1270 sa part à l’abbaye de Murbach, la famille le conservant toutefois sous forme de fief jusque dans le deuxième quart du XVe siècle[4],[7]. À cette date les Ungersheim abandonnent les lieux, qui est alors donné en fief à la famille d’Ostein, d’autres ministériaux de l’abbaye. Ceux-ci ne l’occupent que peu et il semble avoir été loué à un bourgeois de Guebwiller. Ce dernier obtient en 1473 l’autorisation de l’abbé de faire des travaux « dans le vieux château désaffecté », ce qui laisse entendre que le château était probablement déjà assez délabré à cette époque[7].
Après avoir demandé l’autorisation de l’abbé, les Ostein vendent le château pour 570 florins vers le milieu du XVIe siècle[3]. Il passe ensuite de mains en mains pendant un siècle avant d’être acheté le à un bourgeois de Rouffach par les Antonins du couvent d’Issenheim. En 1698, ceux-ci font détruire la majeure partie de ce qui subsiste du château et de nouveaux bâtiments englobant les murs subsistants sont construits. Ces immeubles commencent à être démolis à partir du dans le cadre du chantier de construction d’une supérette, faisant émerger les vestiges[2].