Château du Petit Perron
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| Château du Petit Perron | |||
Façade extérieure de l'aile est | |||
| Période ou style | XVIe siècle | ||
|---|---|---|---|
| Type | château | ||
| Architecte | (inconnu) | ||
| Début construction | après | ||
| Propriétaire initial | Antoine Gondi | ||
| Destination initiale | Agricole et de résidence | ||
| Propriétaire actuel | Jean-Jacques Renaud - Fondation Renaud | ||
| Destination actuelle | Propriété privée | ||
| Protection | |||
| Coordonnées | 45° 42′ 01″ nord, 4° 48′ 40″ est[1] | ||
| Pays | |||
| Métropole | Métropole de Lyon | ||
| Commune | Pierre-Bénite[2] | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : métropole de Lyon
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Le château du Petit Perron, aussi appelé maison des champs des Gondi est un château situé sur la commune de Pierre-Bénite, dans la métropole de Lyon, en contrebas du château du Grand Perron avec lequel il partagea un temps une histoire commune.
L’existence de terres et biens est attestée sur le site dès la fin du XIIe siècle selon différents toponyme : peyron ou peron. D’après Pitiot, Guillaume Rufus, chanoine de l’Église de Lyon aurait ainsi été en possession d’une maison de campagne dite « du Perron », sur la paroisse d’Oullins dans les années 1187-1190. En 1220, un édifice est désigné sous le terme de « grange », ou autrement dit, une habitation entourée de terres.
Dans les années 1520-1530, le hameau du Perron comporte plusieurs types d’habitations, principalement à vocation agricole, dominées historiquement, géographiquement et socialement par la ruine de la maison seigneuriale du Perron. Le Petit Perron sera constitué à partir de ces bâtis préexistants après 1520, date d'achat du domaine du Perron par Antoine Gondi, marchand d'origine florentine et sera nommé ainsi bien plus tard, lors de sa vente à Guillaume de Balmes, en 1609, où il sera détaché du domaine du Perron.
Certains auteurs attribuent, par erreur, à Jean Camus, marchand épicier originaire d’Auxonne l'édification du Petit Perron. Camus est contemporain d'Antoine Gondi à côté duquel il habite à Lyon dans le quartier du Change, sur la rive droite de la Saône. Ils sont tous deux marchands et échevins, et voisins également sur le territoire du Perron où chacun achète des terres, des vignes... Jean Camus achète en 1530 une maison haute moyenne et basse sur le territoire du Perron (Acte d'achat 2E253 aux archives départementales de l'Isère). Cette maison et les terres contiguës sont situées bien plus bas, le long du chemin allant de St Genis Laval au port du noyer sur le Rhône, l'actuelle rue Voltaire à Pierre Bénite (sans doute au numéro 53). Elles sont situées à l'angle de ce chemin et de celui tendant au moulin du sieur de Charly sur la rivière la Mouche, l'actuelle rue Ampère.
Antoine Gondi, avec sa femme Marie-Catherine de Pierrevive elle aussi d'une famille d'origine florentine, qu'il a épousée en 1516, acquiert le domaine du Perron, contenant la ruine seigneuriale, en contrebas de celle-ci des bâtiments formant un hameau, et un grand nombre de terres, vignes, bois, prés, garennes. A partir de ces bâtiments séparés, Antoine Gondi et Marie-Catherine Pierrevive constituent une maison des champs, qui ne s'appelle pas encore le Petit Perron, en les reliant et les unifiant à l'est par une façade à trois galeries d'un style toscan affirmé.
Autour des bâtiments, ils installent des jardins organisés en deux terrasses, jardins avec vues à l'est sur la vallée du Rhône et jusqu'au Mont Blanc certains jours, au sud sur les collines d'Irigny et à l'ouest jusqu'au Mont Pilat. Ces jardins-panoramas font pleinement partie de leur réalisation, ils accompagnent la maison et la complètent dans l'esprit toscan des "belles vues".
Après cette première entreprise, qui est une réussite, ils bâtissent ce qui s'appellera le Grand Perron sur le site de la ruine seigneuriale. Ils dotent ce beau bâtiment qui épouse l'arrondi du chemin et les dénivelés du terrain d'une façade sur le chemin et d'une autre, sur la cour et le jardin. Cette dernière façade est agrémentée au rez de chaussée sur cour (correspondant au premier étage à partir du chemin) d'une galerie de quatre arcades sur colonnes surmontées de deux autres galeries, ensemble qui rappelle la structure des façades du Petit Perron. Jean-François Grange-Chavanis en a fait une description précise et argumentée dans Philibert De l'Orme Lyonnais [3].
La salle de réception principale du Grand Perron, dite salle des princes, a été équipée d'une superbe cheminée monumentale, hélas reléguée à présent dans les sous-sols. Ouvrages d'artistes adroits et doués, les arcades et la cheminée sont deux des chefs d’œuvres que contenait le Grand Perron. Le bâtiment bénéficiait d'une façade d'orientation sud avec de nombreuses ouvertures à meneaux, et d'une façade nord-ouest avec cour et jardin.
Marie Catherine de Pierrevive, appelée auprès de Catherine de Médicis, rejoint Paris vers 1544[4]. Antoine Gondi reste à Lyon et vend le domaine du Perron en entier, les deux châteaux et les terres à son cousin Albisse Del Bene en 1555. Celui-ci décède en 1563 et c'est sa veuve, Lucrèce Cavalcanti, qui recevra le roi Charles IX, Catherine de Médicis et la cour au Grand Perron le lors de leur séjour à Lyon.
Jean Camus décède en juillet 1568. Antoine Camus, fils de Jean, achète en 1574 un autre corps de bâtiment proche de celui acheté précédemment par son père en contrebas du Perron, ce qui lui permet de compléter cette maison par une seconde toute proche.
En 1575, Antoine Camus achète auprès de Pierre d’Epinac, archevêque de Lyon, la justice du fief du Perron pour la somme de 3 000 livres. L'achat des droits de justice ne concerne pas les biens qui s'y trouvent.
Antoine Camus rachète ensuite le domaine du Perron à Alexandre Del Bene, le fils d'Albisse dont il a hérité. La vente a lieu le [5]
En 1609, Marc Antoine Camus, petit fils de Jean et fils d'Antoine, sépare le Petit Perron du domaine du Perron et le vend à Guillaume de Balmes, secrétaire du roi en la chancellerie du Dauphiné, qui a épousé Anne de Sèves en 1608. C'est dans l'acte de cette vente que, pour la toute première fois, le "Petit Perron" sera ainsi nommé.
Les familles Camus et de Balmes vivaient à proximité l'une de l'autre à Lyon, dans le quartier du Change, quartier de l'actuel musée Gadagne. Ce sont les Pierrevive qui ont bâti l'ensemble de ce qui s'appelait alors "l'îlot Pierrevive". Bien que racheté et occupé ensuite par les Gadagne, il serait plus adéquat aux faits et à l'histoire qu'il se nomme "musée Pierrevive".
Le lien entre le Petit Perron et le musée "Gadagne" tient à plusieurs faits. Antoine Gondi et Marie Catherine enfant furent témoins des chantiers de construction des bâtis de l'îlot Pierrevive; Antoine Gondi fut plus tard locataire de Belregard, la grande bâtisse à l'ouest de l'îlot Pierrevive édifiée par André de Pierrevive; enfin, elle fut rachetée par Marie Catherine en 1538[6].
À partir du début du XVIIe siècle, les propriétaires du Petit Perron, définitivement séparé du domaine du Perron, se succèdent sans discontinuité, à compter de son acquisition:
- (1609) Guillaume de Balmes.
- (1618) Guillaume II de Balmes.
- (1648) Mathieu de Balmes.
- (1677) Justinien de Balmes.
- (1683) Margueritte Croppet.
- (1705) Jean-Claude de Camus
- (1708) Marguerite Constance de Camus
- (1711) Marguerite Constance de Camus, épouse de Michel de Rosset de la Martelière, conseiller au parlement.
- (1716) Marie Violet, épouse Blanc.
- (1743) Claude Jean François Blanc.
- (1744) Claudine Blanc.
- (1744) Antoine Fabre.
- (1748) Antoine Fabre fils.
- (1767) Antoine et Mathieu Grimaud.
- (1772) Antoine Grimaud.
- (1792) Marie Françoise Cliquot.
- (1799) Jean Meillan.
- (1807) Jean Flageolet.
- (1807) Pierrette Gingenne.
- (1842) François Germagnet.
- (1861) Mme Drion-Besson, veuve de François Germagnet.
- (1879) Jeanne Germagnet, épouse Mallet-Guy.
- (1898) Marie François Joseph Célestin, dit Francis Mallet-Guy.
- (1898) Marie-Madeleine Gonnard, qui effectue quelques travaux d’aménagement qui dénaturent un peu le style de la demeure.
- (1919) Pierre Perrin.
- (1927) Joseph Eugène Rochette.
- (1930) Joannès François Rivoire.
- (1980) Jean-Jacques Renaud, pour la fondation Renaud, qui entreprend des travaux de restauration
L’association Renaissance du Petit Perron[7] créée en 2006 n'est qu'occupante des lieux.