Cierge magique

baguette d'une vingtaine de centimètres de long, enduite d'une matière pyrotechnique, de sorte qu'il brûle lentement en projetant autour de lui des étincelles dorées ou multicolores From Wikipedia, the free encyclopedia

Une baguette Bengale, un cierge magique ou cierge merveilleux, appelé feu de Bengale ou baguette à étincelles, au Québec[note 1], est un fil métallique ou une baguette d'une vingtaine de centimètres de long, enduit d'une matière pyrotechnique qui brûle lentement en projetant autour d'elle des étincelles dorées ou multicolores. C'est un engin pyrotechnique prévu pour être tenu par la main.

Schéma de baguette.
Baguettes en mouvement.
Dans un sapin de Noël.
À Tokyo

Les étincelles sont très fines et refroidissent très vite. La température atteint néanmoins un millier de degrés au point de combustion.

Cet engin devrait être utilisé en plein air ou dans une pièce aérée, car sa combustion dégage une fumée âcre, chlorée (à partir du perchlorate) et contenant des métaux et oxydes métalliques (micro ou nanoparticules).

Histoire

Les cierges magiques tels qu'utilisés aujourd'hui auraient été inventés dans les années 1900. Ils étaient d'abord produits à partir de limaille de fer introduite dans une pâte pyrotechnique enduite sur un fil de fer d'environ 25 cm de long et mise à sécher.

Composition

La baguette est une tige en bois, tandis que le fil est métallique. Un liant assurant la consistance pâteuse lors de la fabrication (en dextrine ou nitrocellulose) emprisonne les particules métalliques indispensables à la formation des étincelles.

Ces particules sont formées des substances suivantes :

  • aluminium, magnésium, ou magnalium (alliage d'aluminium comprenant 5 % de magnésium): production d'étincelles blanches ;
  • fer : étincelles orange, se subdivisant « en branches » ;
  • titane : riches étincelles blanches ;
  • ferrotitane : étincelles dorées.

D'autres ingrédients déterminent la combustion, notamment sa vitesse : le soufre et le charbon de bois.

Un élément oxydant est nécessaire :

Des effets colorés supplémentaires peuvent être obtenus en ajoutant des colorants pyrotechniques : chlorures et nitrates de métaux, tels que le baryum, le strontium ou le cuivre.

Utilisation

Ces engins sont utilisées lors de fêtes, souvent en intérieur, du fait de leur moindre dangerosité comparée aux feux d'artifice proprement dit, puisqu'ils ne brûlent pas la main qui les tient.

Ils peuvent ainsi servir de décoration :

Ils sont aussi fréquemment utilisés comme ornements sur les gâteaux d'anniversaire, ou pièces montées, malgré la toxicité possible de certaines des substances chimiques employées pour les fabriquer.

Risques et dangers

Statistiques

En 2009, le National Council on Fireworks Safety rapporte qu'aux États-Unis (Conseil national de sécurité dans les arts pyrotechniques), ces engins, de plus en plus utilisées à l'occasion des fêtes de l'Indépendance (Fourth of July festivities), sont responsables de 16 % des blessures déclarées dans le pays provoquées par des dispositifs pyrotechniques (feux d’artifice inclus)[1]

Aux États-Unis, selon un rapport annuel sur les blessures induites par les dispositifs pyrotechniques de la Consumer Product Safety Commission, ces engins représentent un pourcentage important du total des blessures, et spécialement chez les jeunes enfants. Ils sont pour ceux-ci souvent plus dangereux que les pétards ou les feux d'artifice[2].

Davantage d’informations Année, Estimation du nombre de blessures ...
AnnéeEstimation du nombre de blessures% des accidents liés aux baguettes
sur l'ensemble des accidents liés
à l'usage de dispositifs pyrotechniques.
% d'accidents liés aux baguettes
sur la classe d'âge des moins de cinq ans
2011 [3]1 10017 %36 %
2012 [4]60012 %30 %
2013 [5]2 30031 %79 %
2014 [6]1 40019 %61 %
Fermer

Le nombre de blessés tend à augmenter avec la banalisation des feux d'artifice. Ainsi, en 2010, le risque de blessure par feu d'artifice (ramené à l'âge) était aux États-Unis le plus élevé pour les enfants de 5 à 14 (deux fois plus élevé que pour la population générale)[7].
Et les baguettes et quelques nouveautés représentaient à elles seules 38 % des 8 600 blessures traitées par les urgences hospitalières des États-Unis en 2010[7]. En 2015 aux États-Unis sur près de 12 000 blessés par feux d'artifice (record depuis l'an 2000), les blessés les plus graves étaient le plus souvent de jeunes hommes de 15 à 19 ans, suivis par des enfants de cinq à neuf ans[8] et 65 % environ de toutes les blessures provenaient de dispositifs réputés anodins dont les baguettes Bengale, de petites fusées ou des pétards[8].

Selon le combustible et le comburant (oxydant) utilisés, la température du point de combustion est d'environ 1 000 à 1 600 °C, ce qui est plus que suffisant pour faire fondre certains métaux, causer des brûlures graves de la peau ou mettre le feu à des vêtements[9].

Précaution et accidents

Les experts en sécurité recommandent que les adultes et enfants manipulant ce produit soient correctement mis en garde, supervisés et portent des vêtements ininflammables.

  • Dans les zones arides et en période de forte sécheresse, les étincelles peuvent provoquer des incendies de forêt (en Australie, par exemple, plusieurs feux accidentels de brousse auraient été déclenchés ainsi, ce qui a conduit à leur interdiction dans les établissements publics et lors d’événements de plein air durant l'été, comme la Fête Australie [citation nécessaire]).
  • Des « bombes » ont été produites en regroupant jusqu’à 300 baguettes avec du ruban adhésif. En 2008, aux États-Unis, trois décès ont été attribués à de tels dispositifs, qui peuvent s’enflammer ou exploser accidentellement lorsqu’exposés à la chaleur ou au frottement[10]. Parce que contenant généralement plus de 50 milligrammes d’une poudre explosive (interdite dans des pétards), de tels dispositifs sont illégaux aux États-Unis (U.S. Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF) regulations.) [10].

En 2008, un homme Brookings, SD, a été tué alors qu'il était assis sous son porche, avec une bombe sparkler qui semble avoir spontanément explosé[10].

Les représentants de l'industrie des feux d'artifice reportent la responsabilité sur les clients. Ils prétendent ne pas pouvoir agir pour empêcher les gens d'utiliser des feux de Bengale ou d'autres dispositifs pyrotechniques de manière dangereuse ou détournée. Pour Bill Weimer (vice-président de l'entreprise de feux d'artifice Phantom, qui détient Sparklers diamant, unique fabricant américain de bougies-étincelles), limiter les ventes par personne « ne va pas empêcher quatre personnes de venir et d'acheter deux paquets chacune ».

D'autres[Qui ?] pensent qu'il est important de sensibiliser le grand public au risque de blessures involontaires, dont les brûlures qui pour la plupart pourraient être évitées par une meilleure gestion du risque[11].

Des risques existent aussi en amont, au niveau de la fabrication, du transport et du stockage. Par exemple, l'usine de Bright Sparklers Fireworks fire (Sungai Buloh, Selangor, Malaisie) a explosé le , accident qui a tué 26 personnes et fait de nombreux blessés[12],[13].

Réglementation

Selon les pays ou les régions du monde, ce produit peut être interdit d'utilisation tout ou partie de l'année (c'est le cas dans cinq États américains).

Il peut aussi être soumis à une réglementation particulière pour sa fabrication, son stockage et son transport, dont par exemple pour le transport sur les voies d'eau intérieures en Europe à la suite de l'« Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par voies de navigation intérieure »[14].

Voir aussi

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