Cinema Paradiso

film sorti en 1988 From Wikipedia, the free encyclopedia

Cinema Paradiso (Nuovo Cinema Paradiso) est un drame italo-français co-écrit et réalisé par Giuseppe Tornatore, sorti en 1988.

Titre original Nuovo Cinema Paradiso
Réalisation Giuseppe Tornatore
Scénario Vanna Paoli (it)
Giuseppe Tornatore
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
Cinema Paradiso
Titre original Nuovo Cinema Paradiso
Réalisation Giuseppe Tornatore
Scénario Vanna Paoli (it)
Giuseppe Tornatore
Musique Ennio Morricone
Andrea Morricone
Acteurs principaux Philippe Noiret
Salvatore Cascio
Marco Leonardi
Jacques Perrin
Leopoldo Trieste
Antonella Attili
Sociétés de production Cristaldifilm
RAI
Les Films Ariane
TF1 Films Production
Pays de production Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 118 minutes
Sortie 1988

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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À Rome, à la fin des années 1980, Salvatore vient d'apprendre la mort de son vieil ami Alfredo. Par cette nouvelle, c'est toute son enfance qui remonte à la surface : son village natal, en Sicile, quand on l'appelait Totò et qu'il partageait son temps libre entre l'église (où il était enfant de chœur) et la salle de cinéma paroissiale, où régnait Alfredo, le projectionniste qui, au travers des films qu'il projetait, lui apprenait la vie.

Ce film a la particularité de présenter, en plus de la version standard, une version longue « director's cut » qui a été assez abondamment diffusée.

Synopsis

Depuis qu'il a quitté Giancaldo, le village de Sicile dont il est originaire, Salvatore Di Vita n'y est plus jamais revenu. Dans les années 1980, il vit à Rome depuis 30 ans, où il est devenu un cinéaste célèbre.

Un soir, lorsqu'il rentre chez lui, il reçoit un appel de sa mère annonçant la mort d'un certain Alfredo. Pendant la nuit, le souvenir d'Alfredo renvoie Salvatore quarante ans en arrière, le replonge dans son enfance, son village, parmi les personnages qui l'ont peuplé.

À la fin des années 1940, Salvatore (qu'on surnommait alors Totò) est un enfant pauvre qui vit avec sa sœur et sa mère dans l'attente du retour de son père, envoyé combattre en Russie. Il est enfant de chœur pour Don Adelfio, à la fois curé, gérant de la salle de cinéma paroissiale (le Cinema Paradiso) et comité de censure : avant projection publique, il fait couper par le projectionniste Alfredo chaque scène qu'il juge « impudique » (simple baiser ou corps dénudé).

Fasciné par le septième art, Totò essaye en vain d'assister en cachette à ces projections privées et de voler quelques photogrammes coupés par Alfredo, qui au début se montre un peu revêche, importuné par les intrusions du gamin dans sa cabine de projection. Malgré l'opposition de sa mère, Totò commence à le fréquenter assidûment.

Il ne tarde pas à faire appel au bon cœur de son vieil ami : à l'occasion des épreuves du certificat d'études, Alfredo et le garçonnet se retrouvent dans la même salle d'examen. Le projectionniste, qui est illettré, tente alors d'obtenir des réponses de son jeune ami. Totò passe alors avec lui un accord : en échange des solutions de l'épreuve, le projectionniste lui enseignera toutes les ficelles du métier.

Un soir cependant, alors que la salle doit fermer, et que le public réclame à grands cris une deuxième projection de Les Pompiers chez les pin up (I Pompieri di Viggiù), Alfredo et Totò décident de le satisfaire en projetant le film à l'extérieur, sur la façade d'une maison. Mais une distraction d'Alfredo provoque un incendie qui rapidement se propage à toute la cabine de projection. Totò réussit à sauver son ami, mais ce dernier, les yeux brûlés, reste aveugle.

Grâce à Spaccafico, un villageois originaire de Naples devenu millionnaire au Totocalcio (it), la salle de cinéma est reconstruite et prend le nom de Nuovo Cinema Paradiso. C'est le début d'une nouvelle aventure pour Totò, puisque c'est lui désormais qui projette les films, et qu'ils ne sont plus censurés par le curé. Il retrouve Alfredo, désormais guéri mais devenu infirme. Durant cette période, Totò, devenu adolescent, fait la connaissance d'Elena, étudiante, fille de bourgeois aisés. Une idylle se noue, que la belle-famille n'apprécie pas.

Pendant que Totò fait son service militaire à Rome, il perd complètement la trace d'Elena, partie avec sa famille s'installer sur le continent. De retour à la vie civile, il retrouve Alfredo, confiant dans ses dons artistiques, qui lui conseille alors d'abandonner la Sicile pour toujours et d'aller faire sa vie à Rome. Salvatore, resté fidèle au dernier conseil d'Alfredo, ne revient pas en Sicile avant 30 ans, à la mort de son vieil ami. Après ce dernier souvenir, Salvatore revient à la réalité présente. Il a fait carrière dans l'industrie cinématographique : il est aujourd'hui un réalisateur riche et célèbre, mais, hanté par le souvenir d'Elena, n'est pas satisfait de sa vie privée.

L'enterrement d'Alfredo est alors l'occasion de revenir en Sicile et de renouer avec son passé. Devenu un cinéma érotique avant de fermer ses portes, il y a presque six ans, le Nuovo Cinema Paradiso est à l'abandon. Il vient d'être vendu à la ville pour être remplacé par un parking. Salvatore ne peut qu'assister impuissant à sa démolition. Salvatore rentre ensuite à Rome avec une bobine de film qu'Alfredo avait laissée à sa veuve pour lui. Il visionne dès son arrivée ce film, qui est un montage de toutes les séquences coupées par la censure du curé.

Fiche technique

Distribution

Version longue

Il existe une version longue dite Director's cut du film. Elle comporte plus de 50 minutes supplémentaires.

Cette version détaille d'avantage la vie de Salvatore (enfant, adolescent et adulte) mais surtout, elle présente des rebondissements sur son histoire d'amour avec Elena. En effet, en retournant à Giancaldo pour assister aux funérailles d'Alfredo, Salvatore retrouve la trace d'Elena (interprétée à l'âge adulte par Brigitte Fossey). Il reprend contact avec cette dernière, découvrant qu'elle est mariée et mère de deux enfants. Aussi la pellicule que Salvatore hérite d'Alfredo à la fin du film, présentant une compilation des scènes de baisers jadis censurées par le curé de Giancaldo, peut révéler une toute autre signification. Si elle est considérée comme un simple montage d'images perdues dans la version cinéma, elle peut être considérée comme un message d'Alfredo à Salvatore dans la version Director's cut : « Maintenant que tu as réussi ta vie, tu as le droit d'aimer. ».

Parmi les scènes supplémentaires de cette version :

  • Alors qu'il roule en voiture dans Rome, Salvatore s'arrête à un feu rouge et observe un couple de punks arrêté à sa gauche. Ne supportant pas d'être dévisagé, le conducteur démarre sur les chapeaux de roues ;
  • Alors qu'il assiste à une séance au cinéma, Salvatore regarde des images des soldats perdus de la guerre, pensant ainsi à son père qui n'est jamais revenu ;
  • À l'administration de la ville, Maria apprend que son mari a été déclaré mort au combat. Par la suite, elle et Salvatore marchent le long d'un bâtiment en ruine. Si Maria est attristée, Salvatore retrouve le sourire en apercevant une affiche du film Autant en emporte le vent ;
  • En voyant que le directeur Spaccafico est contraint de devoir diffuser un film en deux parties de la Titanus plusieurs fois en une journée, Salvatore lui propose alors de réhabiliter le cinéma du village d'à côté et de projeter les deux parties du film simultanément dans les deux salles. Par la suite, il demande à son ami Bocchia de faire des allers-retours pour porter les deux pellicules. En fin de journée, Bocchia, fatigué, abandonne ses trajets. Alors que les spectateurs du cinéma rouvert protestent contre l'attente de projection, Salvatore part rechercher son camarade. Il retrouve ce dernier en train d'avoir des rapports sexuels avec la prostituée de Giancaldo ;
  • Tandis qu'un film de gangster est projeté, le mafieux de la ville est abattu dans le dos. Un peu plus tard, un bouquet funèbre orne sa place de cinéma ;
  • Dans un moment d'intimité, Salvatore perd sa virginité avec la prostituée ;
  • Suite à leur premier baiser, Salvatore et Elena passent des moments ensemble : ils mangent des légumes dans des grandes feuilles, courent dans l'herbe puis roulent en voiture jusqu'à ce qu'ils tombent face à face avec le père d'Elena. Ce dernier, ignorant pratiquement Salvatore, raccompagne sa fille ;
  • Alors qu'il assure le cinéma en plein air durant les vacances d'été, Salvatore désespère revoir Elena un jour. Tandis que le jeune homme s'allonge l'air pensif et qu'il se met à pleuvoir, la jeune fille fait une apparition surprise ;
  • Alors qu'il s'apprête à partir faire son service militaire, Salvatore propose à Elena un dernier rendez-vous au cinéma Paradiso pour décider de ce qu'ils vont faire pour leur avenir. Au moment dudit rendez-vous, Salvatore attend l'arrivée d'Elena puis reçoit la visite d'Alfredo. N'ayant pas de nouvelles de la jeune fille, Salvatore accourt chez elle, laissant Alfredo sur place au Paradiso, puis frappe à la porte. La mère d'Elena, se trouvant dans la pièce, refuse de lui ouvrir ;
  • Durant son service militaire, Salvatore subit de mauvais traitements et fait parfois preuve d'indiscipline, ce qui le conduit plusieurs fois en prison. De même, il envoie une série de lettres à Elena mais celles-ci lui sont toutes retournées pour "destinataire inconnu à l'adresse" ;
  • Lors de leur discussion au bord de la mer, Salvatore raconte à Alfredo des anecdotes marrantes. Mais le vieil homme change de sujet de conversation en lui demandant ce qu'il compte faire de sa vie ;
  • Durant son séjour à Giancaldo, Salvatore se rend à un bar et commande un double whisky. Un client lui demande un autographe. En dirigeant son regard vers l'extérieur, Salvatore aperçoit une jeune fille ressemblant à Elena. Sous le coup de cette vision, il laisse tomber son verre ;
  • Salvatore dîne en famille chez sa mère, en compagnie de sa sœur, son beau-frère et ses neveu et nièce. Le téléphone ne cesse de sonner ;
  • Salvatore discute avec sa mère, lui demandant notamment pourquoi elle ne s'est jamais remariée. Maria lui répond qu'elle ne l'a jamais souhaité. Au passage, Salvatore débranche le téléphone qui continue de sonner à son attention ;
  • Salvatore se gare devant la maison d'Elena. Il aperçoit le mari de cette dernière sortir en voiture avec leur fille. En apercevant son visage, Salvatore découvre qu'il s'agît de son ami Bocchia. Par la suite, Salvatore se rend au bar situé en face et téléphone à Elena. Il lui propose de la rencontrer mais elle refuse ;
  • Alors qu'elle regarde un jeu télévisé, Maria reçoît un appel mais l'interlocuteur raccroche ;
  • Elena donne rendez-vous à Salvatore au bord de la mer, tard le soir. Les deux anciens amants se retrouvent avec nostalgie. Elena lui révèle notamment qu'elle a finalement refusé d'épouser le fils d'un associé de son père que celui-ci lui avait promis. Par la suite, elle affirme à Salvatore, à la stupeur de ce dernier, qu'elle s'était bien présentée à leur dernier rendez-vous au cinéma Paradiso mais en retard (Salvatore étant à ce moment-là parti chez elle en voiture). Elle était alors tombée sur Alfredo qui attendait sur place. Le vieil homme lui aurait conseillée d'oublier Salvatore, jugeant que leur histoire d'amour empêcherait ce dernier de réussir sa vie. Toutefois, juste avant de partir, Elena avait caché une lettre à Salvatore dans une des feuilles de projection de films. Ayant obtenu des éclaircissements sur cette histoire, Salvatore se sent soulagé et passe une nuit d'amour avec Elena dans la voiture ;
  • Salvatore retourne dans les ruines du cinéma Paradiso et fouille dans les anciennes feuilles de projection à la recherche de la lettre d'Elena. Il parvient à la retrouver ;
  • Salvatore discute une dernière fois avec Elena au téléphone. Celle-ci lui affirme que leur histoire n'est plus qu'un souvenir et qu'ils n'ont pas d'avenir ensemble ;
  • Deux plans sont rajoutés lors de la destruction du cinéma Paradiso : une réaction d'Elena à son domicile et la fille de celle-ci, riant avec ses copains en regardant des jeunes tourner autour des ruines du bâtiment.

Cette version est disponible en DVD et Blu-Ray aux éditions TF1 Vidéo.

Réception critique

Ce film classique a été largement salué à l’international pour sa dimension nostalgique et son hommage au pouvoir du cinéma. Sur Rotten Tomatoes, qui rassemble des critiques professionnelles, il obtient un score de 90% basé sur 84 avis, ainsi qu’une note de 96% du public, témoignant d’un accueil particulièrement favorable[1].

Dans La Tribune (Sherbrooke), la journaliste Pierrette Roy signe une critique particulièrement positive, décrivant Cinema Paradiso comme « un vibrant hommage au 7e art » et soulignant sa capacité à faire passer le spectateur « entre le rire et les larmes »[2]. Elle met en avant la force symbolique du récit, la charge émotionnelle de la mise en scène et la qualité du jeu des acteurs, notamment Philippe Noiret et le jeune Salvatore Cascio.

Distinctions

Récompenses

Notes et références

Voir aussi

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