Les citernes de Tawila sont des réservoirs d'eau se trouvant à Aden au Yémen et datant de l'Antiquité.
Les citernes de Tawila dateraient du Iersiècle et auraient été construites par les Himyarites[1],[2]. Une plaque à l'entrée du site avertit néanmoins les visiteurs: « En ce qui concerne la construction originale, rien n'est connu avec précision ».
Les citernes sont mentionnées dans des manuscrits datant d'après l'implantation de l'Islam au Yémen au VIIesiècle: « Aden possède des réservoirs qui collectent l'eau quand la pluie tombe » écrivait Abū Muhammad al-Hasan al-Hamdānī au Xesiècle[3]. Al-Makdsi, trois siècles plus tard, évoque également les puits et les citernes d'Aden[4]. À l'époque de la dynastie des Rassoulides (1229-1454), les réservoirs étaient en ruines. Les Rassoulides reconnurent leur utilité et commencèrent à les restaurer[5]. Les citernes furent utilisées jusqu'au XVIesiècle[1].
Elles ont été redécouvertes par Robert Lambert Playfair en 1854[1]. Les Britanniques les ont restauré au XIXesiècle[2].
Caractéristiques
Dessin des citernes datant de 1876
Situées à 1 600 m d'altitude, les citernes servaient à approvisionner Aden en eau douce grâce aux eaux de pluie dévalant la montagne Shamsan[1],[2]. Dix-huit citernes se superposent et se remplissent successivement[2]. Elles sont fabriquées avec des roches volcaniques provenant de Wadi Tawila et sont alignées à l'aide d'un stuc spécial incluant des cendres volcaniques pour en faire un ciment naturel qui soit à la fois dur et imperméable. Leur contenance est de plus d'un million d'hectolitres, le trop plein étant déversé dans la mer par un système de canalisation[1]. Les plus grands réservoirs sont le réservoir Coghlan situé au centre du site et le réservoir Playfair, situé en contrebas, en dehors du site lui-même.
Les réservoirs sont aujourd'hui vides et ils trônent au milieu d'un jardin faisant office de parc public[1],[2]. Le site accueille également les touristes.
En cas d’inondation, ils sont néanmoins utiles pour absorber une partie de l'eau de la montagne. Un système d'oueds et de barrages favorise l'évacuation.