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Cité des Étoiles (Givors)

cité à Givors (Rhône) From Wikipedia, the free encyclopedia

La Cité des Étoiles est un ensemble de logements situés au centre-ville de Givors. Construite entre 1976 et 1982, la Cité est l'œuvre de l'architecte français Jean Renaudie.

Destination initiale
Logement
Architecte
Construction
1976-1982
Faits en bref Destination initiale, Style ...
Cité des Étoiles
La Cité des Étoiles, image des Archives municipales
Présentation
Destination initiale
Logement
Style
Architecte
Construction
1976-1982
Inauguration
Patrimonialité
Localisation
Pays
Région
Département
Agglomération
Commune
Accès et transport
Gare
Coordonnées
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La Cité des Étoiles est un vaste projet de renouvellement urbain lancé par le maire Camille Vallin pour résorber le quartier insalubre du « Vieux-Givors » tout en apportant une qualité architecturale et programmatique au projet de construction. Les bâtiments construits forment différents ensemble, appelés « agrégats », reconnaissables à leur plan utilisant des angles à 45°, qui forment des étoiles, d'où le nom de l'opération.

La Cité est labellisée architecture contemporaine remarquable en 2003.

Historique

Contexte

À la fin des années 1960, le centre-ville ancien de Givors, situé entre la colline Saint-Gérald et la rue Gambetta et dit « Vieux-Givors », est considéré comme un quartier insalubre. Il s'agit d'un ancien village du XIIIe siècle rattrapé dès le XVIIIe siècle par l'industrialisation et l'urbanisation de la ville. Le quartier est classé dès 1967 en « bidonville vertical en dur » par le ministère de l'Équipement. Les problèmes identifiés sont notamment le manque de lumière et de lieux d'hygiène[1],[2].

La rénovation des logements initialement envisagée s'avère trop coûteuse, ce qui aboutit à la démolition du quartier en 1973, dans le cadre d'une opération de résorption de l’habitat insalubre. Quatre hectares de bâtiments, soit 270 logements ainsi qu'une trentaine de commerces, sont ainsi détruits[1],[2]. Initialement, la mairie tente de préserver l'îlot Gambetta, mais finit par renoncer, la démolition de ce dernier ensemble s'achevant en 1977[3].

Le maire Camille Vallin cherche alors à reconstruire du logement dans ce site. Peu auparavant, il a rencontré l'architecte Jean Renaudie, auquel il a confié son projet. Jean Renaudie souhaite créer un marqueur architectural fort qui se distingue des barres et des tours[4].

Conception

La volonté explicite du maire comme du maître d'œuvre est de conserver prioritairement la fonction de logement et la fonction sociale. Le programme initial comprend 350 logements dont 250 en location HLM et 50 en accession sociale à la propriété. Il n'est cependant pas monofonctionnel, avec également 2 500 mètres carrés de commerces. Le projet évolue en fonction des besoins, et ce sont finalement 207 logements, 1 500 mètres carrés de commerces et 3 000 mètres carrés d'équipements publics qui sont programmés[5].

Jean Renaudie conçoit son bâtiment comme un village : les espaces verts sont privatisés, tous les logements comprenant des terrasses, la voirie est intégrée au programme et non rejetée en périphérie, les modules d'habitats diffèrent les uns des autres à la fois en termes de superficie et d'agencement. Le but avoué est que les habitants s'approprient leur logement et leur quartier[6]. La population est en outre invitée à s'exprimer sur le projet, et de nombreux avis sont déposés. La maîtrise d'œuvre prend en compte ces remarques mais cela n'entraîne pas de modification majeure du projet[7].

Construction et inauguration

La structure est entièrement construite avant l'adjonction des éléments non porteurs, en particulier les façades. Cette méthode permet une rationalisation du chantier et une maîtrise des coûts, le chantier durant de décembre 1976 à septembre 1979[3].

La qualité du bâti représente un surcoût important, notamment dans les dépenses incombant à la commune. Les 4,5 millions de francs initialement à la charge communale se transforment finalement en une dépense de 20 millions de francs ; toutefois le maire obtient un prêt de 18 millions du Ministère de l'Équipement, au titre de la résorption de l'habitat insalubre[8]. Ce surcoût est notamment dû aux inondations de l'hiver 1976-1977, qui montrent la nécessité de conforter la colline[3]

Jack Ralite, alors ministre de la Santé, est notamment présent à l'inauguration de la Cité[1], ainsi que le sénateur Yves Dauge[9].

Architecture

La Cité des Étoiles de Givors présente des points communs avec la cité-jardin de la Maladrerie à Aubervilliers, œuvre de l'architecte Renée Gailhoustet[10].

La trame de base retenue est celle d'octogrammes réguliers, avec des angles à 45°, permettant d'éviter toute régularité et créer des espaces dans lesquels l'habitant devient partie prenante de l'aménagement en s'appropriant son espace et le différenciant de celui des voisins[7]. Structurellement, le nouvel ensemble de bâtiments est composé de dalles porteuses — qui permettent d'éviter la constitution complexe d'un réseau de poutres — s'appuyant sur des poteaux. Les façades, préfabriquées, ne sont pas porteuses[11].

Le complexe s'étend au pied de la colline Saint-Gérald et sur ses premières pentes, sur 1,3 hectare[8]. L'utilisation du relief et des ruines du château ainsi que la disposition en gradins des logements permet la création d'une mise en scène architecturale et topographique[12]. Il est composé de plusieurs ensembles nommés « agrégats ». ces agrégats prennent quatre typologies de formes : carrés (agrégats F & G), pyramides (agrégats B, E & L), ziggurat (agrégat J) et flanc de colline (agrégats A, C, D & K). Les vides ménagés par la construction entre le bâti et le relief sont mis en scène par l'architecte, notamment dans le cadre de passages piétons sous l'édifice, ou de proximités entre les façades et le rocher. Le bâtiment A, à flanc de colline, est de loin le plus haut avec dix niveaux au-dessus du rez-de-chaussée, les autres bâtiments ne dépassant pas le R+5[11].

Notes et références

Voir aussi

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