Claire Ferchaud
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| Nom de naissance |
Claire Yvonne Marie Ferchaud |
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Mystique chrétienne, religieuse catholique |
Claire Ferchaud, en religion sœur Claire de Jésus Crucifié, est née au Puy-Saint-Bonnet le et décédée à Loublande le . Mystique pratiquant la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, elle a demandé de faire apposer sa représentation sur le drapeau français pendant la Première Guerre mondiale, conformément à une mission qu'elle dit avoir reçue du Christ.
Elle a vécu au couvent des Rinfilières à Loublande dans les Deux-Sèvres.

Claire Ferchaud est née à quelques kilomètres de Saint-Laurent-sur-Sèvre, dans la petite bourgade du Puy-Saint-Bonnet[1], dans le bocage. Sa famille, très pieuse, s'honorait d'avoir caché un prêtre réfractaire durant les guerres de Vendée dans la propre ferme où est née Claire, et avait fait construire en 1862, à ses frais et sur son terrain, une petite chapelle dédiée à Notre-Dame de la Garde, appelée la chapelle des Rinfillières.
Elle est la fille d'agriculteurs vendéens, Jean-Baptiste Ferchaud (1856-1921) et Marie-Laurence Siaudeau (1866-1933). La fratrie compte six enfants : trois filles et trois garçons.
Enfant, elle fréquente l’école libre du Sacré-Cœur et depuis sa plus tendre enfance, elle déclare être sujette à des apparitions. Le Christ, la Vierge Marie viendraient à sa rencontre et lui délivreraient des messages.
Elle fait sa première communion le au Puy-Saint-Bonnet, et est confirmée le à La Chapelle-Largeau. Pendant la Première Guerre mondiale, alors que deux de ses frères sont mobilisés et sur le front, Claire part faire une retraite spirituelle ; elle a alors 20 ans.

Fin 1916[2], elle dit avoir eu la vision de Jésus lui montrant son Cœur « lacéré par les péchés de l’humanité » et traversé par une plaie profonde encore : l’athéisme. Elle s'en confie au curé de Loublande, l'abbé Audebert, qui lui demande de relater par écrit ses visions.
L'appel aux instances politiques & militaires
La rencontre avec le président de la République
Elle se considère comme investie d'une mission par le Christ : contacter le président Raymond Poincaré, lui demander de se convertir, d'« aller dans le droit chemin qui est la civilisation chrétienne [...] de montrer le bon exemple en combattant la franc-maçonnerie », de faire apposer l'image du Sacré-Cœur sur le drapeau national et que l'Armée française autorise le port de cet emblème sur les uniformes des soldats. De tout cela dépendra la victoire sur l'ennemi[3]. Elle écrit au président de la République pour lui demander audience le .
Grâce à l’intervention insistante d'Armand-Charles de Baudry d'Asson (père d’Armand-Quentin de Baudry d'Asson), député royaliste de Vendée, elle est reçue le à l’Élysée où elle vient délivrer son message : « Le Sacré-Cœur veut que la France officielle reconnaisse Dieu pour maître », « La France doit montrer que la religion n’y est plus persécutée en acceptant de peindre le Sacré-Cœur sur son drapeau ».
Le président lui explique qu'il ne peut, à lui seul, « défaire des lois » et que l'on ne peut modifier quoi que ce soit sur le drapeau national. Il semble lui promettre de poser la question à la Chambre des députés, mais il n'en fait rien. Claire Ferchaud lui envoie donc une seconde lettre le , qui restera lui aussi sans effet. Après cet échec, elle décide fin 1917 de fonder une communauté indépendante[4] de « vierges réparatrices » qui regroupe au départ six jeunes femmes. Claire Ferchaud prend le nom en religion de « Sœur Claire de Jésus Crucifié » et installe son couvent dans les locaux de l'ancien patronage, rebaptisés « Maison du Sacré-Cœur »[5].
L'appel aux généraux
Sa démarche n’ayant pas abouti auprès des autorités politiques, Claire Ferchaud va en tenter une auprès des militaires. Le , elle adresse une lettre d'avertissement à quatorze généraux d'armées, demandant « que l'image du Sacré-Cœur, signe d'espérance et de salut, brille officiellement sur nos couleurs nationales ». Cette lettre fut écrite en quinze exemplaires et envoyée aux généraux suivants :
- Hubert Lyautey, ministre de la Guerre dans le précédent gouvernement d'Aristide Briand ;
- Philippe Pétain, généralissime ;
- Joseph-Alfred Micheler, commandant la 1re armée ;
- Adolphe Guillaumat, commandant la 2e armée ;
- Georges-Louis Humbert, commandant la 3e armée ;
- Henri-Joseph-Eugène Gouraud, commandant la 4e armée, surnommée « Armée de Fontainebleau » ;
- Fénelon-François-Germain Passaga, commandant le 32e corps d'armée ;
- Paul Maistre, commandant la 6e armée ;
- Antoine Baucheron de Boissoudy, commandant la 7e armée ;
- Augustin Gérard, commandant la 8e armée ;
- Denis-Auguste Duchêne, commandant la 10e armée ;
ainsi qu'aux généraux : de Castelnau, Nivelle, Fayolle, et Foch.

On sait aujourd'hui — deux sources l'attestent[6] — que seul le général Foch (commandant le 20e corps d'armée de Nancy, puis commandant suprême des Forces alliées) a consacré les forces des armées françaises et alliées au Sacré-Cœur le au cours d'une cérémonie privée. Les fidèles de Claire Ferchaud ne manquèrent pas de faire remarquer que c’est lui qui remporta la victoire finale quelques mois plus tard.
Le Sacré-Cœur sera invoqué durant ce conflit par des millions de fidèles, mais ne sera jamais placé sur les étendards. De fait, l'image du Sacré-Cœur, diffusée à des millions d'exemplaires, était déjà bien présente dans les tranchées, au point qu'une circulaire du ministère de la Guerre du (contresignée par Pétain) en interdit l'exhibition.

