Clara Möller-Coburg

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Clara Möller-Coburg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 49 ans)
MunichVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Enfant
Susanne Ehmcke (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Steglitzer Werkstatt (d)
Kunstgewerbe- und Handwerkerschule Magdeburg (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Maîtres
Fritz Hegenbart, Maximilian Dasio (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Clara Möller-Coburg, née le à Cobourg et morte le à Munich, est une designeuse et graphiste allemande. Elle réalise des œuvres graphiques : affiches, ex-libris, cartes de visite ainsi que des jouets. Elle est aussi connue pour ses broderies et des vêtements en ligne avec le mouvement de la réforme vestimentaire. Elle crée une classe de broderie et de mode à l'atelier Steglitz (de) de Berlin puis une classe textile à l'École des arts et métiers de Magdebourg (de) et enseigne dans chacune.

Jeunesse et formation

Clara-Lisette Möller est née le à Cobourg. Elle est la fille de Johannes Möller, professeur, et de Susanna Margareta Flinzberg[1]. Elle termine sa scolarité à l'âge de 15 ans et suit des cours de dessin auprès de son père. Elle gagne sa vie en copiant des tableaux et en donnant des cours de dessin à Cobourg[1],[2].

À la fin des années 1890, elle étudie la peinture, d'abord dans l'atelier privé de Sophie Hormann à Munich puis à l'Académie des Dames de l'Association des femmes artistes de Munich[1].

Elle s'oriente alors vers les arts appliqués, elle étudie auprès de Fritz Hegenbart et Maximilian Dasio (de) en 1900 et 1901[1].

En 1901, elle entreprend un voyage d'études en Italie avec trois autres artistes, dont la poétesse Margarete Susman, qui est alors étudiante en arts appliqués[1].

Elle choisit Clara Möller-Coburg comme nom d'artiste, ajoutant le nom de sa ville de naissance à son nom.

Robe de réforme vers 1906, Clara Möller-Coburg

L'atelier Steglitz

De 1902 à 1904, Clara Möller-Coburg travailla à l'atelier Steglitz (de) de Berlin[2].

Elle y crée un département de broderie et de mode grâce à ses propres ressources financières, enseignant principalement la broderie à la machine[1]. Ses broderies et ses créations de robes de réforme sont présentées lors de plusieurs expositions[2].

En 1903, le Musée du Commerce de Nuremberg organise un concours de jouets, auquel elle participe.

Parallèlement, elle réalise des graphismes publicitaires et commerciaux pour l'entreprise Syndetikon, propriété d'Otto Ring, son principal client, ainsi que des décorations de livres et des ex-libris[3],[1].

L’École des arts et métiers de Magdebourg

Clara Möller-Coburg est ensuite professeure de design et de réalisation textile à l'École des arts et métiers de Magdebourg (de), sous la direction d'Emil Thormählen. Elle y est chargée de créer la classe de textile d' à [1],[2].

Düsseldorf

En 1905, elle épouse le graphiste Fritz Helmuth Ehmcke, cofondateur du Steglitzer Werkstatt de Berlin et s'installe à Düsseldorf[2]. De ce mariage naissent deux enfants : un fils, Johann Caspar (1908–1995), qui deviendra architecte, et une fille, Susanne Ehmcke (de) (1906–1982), future illustratrice et autrice de livres de jeunesse. Clara Möller-Coburg conserve son nom d'artiste même pendant son mariage et travaille de manière indépendante. Sa signature d'artiste se compose des trois initiales CMC, disposées en triangle. Avec les initiales FHE de son mari, disposées en carré, ce triangle devint le toit d'une maison, symbole de son atelier.

À Düsseldorf, elle poursuit son activité artistique, principalement le tissage et la broderie[2].

Timbre publicitaire vers 1908

Elle conçoit aussi des ex-libris, des affiches publicitaires, des emballages de produits, des cartes de visite, des pages de garde, des vêtements pour enfants, des ouvrages tissés et brodés, des jouets pour enfants pour les Deutsche Werkstätten (éléphant pendulaire, toupie, œuf de Pâques en bois[3]), des emballages pour la parfumerie Hager à Stettin et des meubles de poupées pour la fabrique de meubles en rotin F. Baudler à Cobourg[2],[1]. Dans sa pratique artistique, elle évite les lignes courbes et les couleurs de l'Art nouveau et utilise des formes abstraites.

En 1905, elle crée Das Pilzbuch (Le Livre des Champignons ), un recueil de dessins aquarellés mettant en scène des champignons dans des situations de la vie quotidienne. Un autre de ses ouvrages contient des illustrations de chansons pour enfants. « Sa forme picturale, issue du folklore et du monde du jouet, se distingue nettement des autres œuvres du Steglitzer Werkstatt et est incontestablement unique »[4].

Entre 1908 et 1912, ses créations sont exposées à plusieurs reprises[1].

Durant son séjour à Düsseldorf, Clara Möller-Coburg continue de donner des cours particuliers et emploie des assistants pour gérer ses commandes. En 1907, l'artiste et photographe Erwin Quedenfeldt (de) réalisa une série de photographies la montrant dans ses créations vestimentaires[5]. Elle devient également membre des jurys d'examen pour les professeures de couture de Rheydt, Düsseldorf et Essen.

Fin de vie à Munich

A partir de 1913, Fritz Helmut Ehmcke enseigne à l'Ecole des arts appliqués de Munich[1]. La famille vit à Pasing et à Munich. On ne connaît que peu d'œuvres de Clara Möller de cette période, ce qui laisse supposer qu'elle a cessé sa pratique artistique. La situation financière de la famille est plus confortable et la forte baisse des commandes dans le secteur des arts appliqués en raison de la guerre sont deux explications possibles à sa cessation d'activité[1].

Clara Möller-Coburg décède en 1918 à l'âge de 49 ans de la grippe espagnole[1]. Elle est inhumée au cimetière de Widdersberg (de)[6]. Sa petite-fille Sabine Bloch estime que l'œuvre de sa grand-mère est « encore largement inexplorée »[7].

Expositions

En 1901, Clara Möller-Coburg participe à la Première exposition des arts et métiers de Munich avec ses broderies[1].

En 1902, ses broderies, ses nappes, ses éventails, ses tapis et ses robes de femmes sont exposés à la Première exposition d'art décoratif moderne de Turin, dans le cadre du département des arts appliqués de l'Association Frauenwohl (de) de Nuremberg, dirigée par Else Oppler. Les créations sont signées Margarethe Hausberg, Clara Möller et Else Oppler[1].

Les Steglitzer Werkstätten participent à la grande exposition d'art de Berlin en 1903 avec une salle à manger. Les rideaux et les couverts de la table sont de Clara Möller-Coburg. Elle présente également des broderies colorées à la machine, dans une vitrine. Entre 1908 et 1912, elle participe à plusieurs reprises à des expositions d'arts appliqués et, avec son mari, lance une exposition itinérante comptant plus de vingt présentations en Allemagne et en Suisse[1].

Clara Möller-Coburg crée des tapis et des rideaux pour la bibliothèque conçue par Fritz Helmut Ehmcke lors de la Troisième exposition d'arts et métiers (de) de Dresde en 1906[1]. Clara Möller-Coburg conçoit les coussins brodés au point de croix, le tapis fabriqué par Krefelder Teppichfabrik AG et les rideaux.

En 1907, elle conçoit les revêtements muraux de la salle d'exposition de son mari à l'Exposition nationale d'art de Düsseldorf[1].

Clara Möller-Coburg participe à l'exposition spéciale de travaux d'aiguille au Musée royal des arts et métiers de Berlin en 1908. Ehmcke et Möller-Coburg présentent leurs œuvres ensemble aux⁣⁣ expositions du Sonderbund à Düsseldorf et Cologne en 1910 et 1912.

En 2019, le Goethezeitportal présente deux séries d'œufs de Pâques colorés en bois, conçus en 1906 par Clara Möller-Coburg pour les Dresder Werkstätte : une famille « bourgeoise » et une famille « royale », chacune composée à l'origine de six figurines. Les corps creux en bois de tilleul tourné peuvent être ouverts au milieu et utilisés comme récipients ou jouets[3].

De mai à , le Musée des Arts et Métiers de Hambourg présente l'exposition Gegen die Unsichtbarkeit, Designerinnen der Deutschen Werkstätten Hellerau, 1898 bis 1938, consacrée aux designeuses invisibilisées des ateliers d'Hellerau, parmi lesquelles Clara Möller-Coburg[8].

Œuvres (sélection d'illustrations)

Les créations de graphismes publicitaires de Clara Möller-Coburg font partie des collections de l'ancien Musée allemand des Arts du Commerce (de), fondé en 1909, et sont acquises par le Musée Kaiser Wilhelm de Krefeld en 1923.

  • Coussin, col, poche de manchette, cravate, 1903[9]
  • Oeufs de pâques en bois[3]
  • Robe du soir, 1904[10]
  • Broderies, tissages [11]
  • Papiers imprimés[12]
  • Coussins, vêtements d'enfants, textiles divers, jouets d'enfants 1908[13]

Bibliographie

  • (de) Sabine Bloch et Maria Linsmann (éd.), « Biographie. Susanne Ehmcke », Reim und Bild. Die Autorin und Illustratorin Susanne Ehmcke, , p. 9-12
  • (de) Beispiele zeitgemässer Drucksachen nach Entwürfen von Clara Möller-Coburg und F. H. Emcke, Düsseldorf, Prof. F. W. Kleuken, Darmstadt und Max Hartwig, Hanovre, 1908
  • (en) Gerda Breuer (éd.) et Julia Meer (éd.), Women in Graphic Design. Jovis/Berlin 2012, ISBN , S. 437., Jovis, (ISBN 978-3-86859-153-8)
  • (de) Saur Allgemeines Künstlerlexikon, 32 : Ebersbach-Eimbke, p. 431-432
  • (de) Dorothee Linnemann, « Das Reformkleid von Clara Möller-Coburg », Kleider in Bewegung – Frauenmode seit 1850, Michael Imhof Verlag, (ISBN 978-3-7319-0930-9)
  • (de) Gerda Breuer, Her Stories in Graphic Design. Dialoge, Kontinuitäten, Selbstermächtigungen. Grafikdesignerinnen 1880 bis heute, Berlin, Joris Verlag, (ISBN 978-3-86859-773-8),  72–85, 314, 315

Liens externes

Article connexe

Notes et références

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