Classe Poti

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La classe Poti est le nom de code attribué par l’OTAN à un groupe de corvettes de lutte anti-sous-marine construites pour la marine soviétique. Dans la nomenclature soviétique, elles portent la désignation de petits navires anti-sous-marins du projet 204. Ces bâtiments sont les premiers navires de guerre soviétiques propulsés par des turbines à gaz ; deux hélices sont installées dans des tunnels afin de permettre un très faible tirant d’eau. Leur autodéfense repose sur un affût double de canons de 57 mm (AK-725). Pendant la guerre froide, trois unités de la classe sont exportées vers la Roumanie et six vers la Bulgarie. En 2008, aucun navire de cette classe n’est encore en service.

Faits en bref Caractéristiques techniques, Type ...
Classe Poti
illustration de Classe Poti
Le Bditelni, corvette de la classe Poti en service dans la marine bulgare en 1987.
Projet 204
Caractéristiques techniques
Type Corvettes de lutte ASM
Longueur 59,4 m
Maître-bau 7,9 m
Tirant d'eau 2,0 m
Déplacement 508 t
À pleine charge 589 t
Propulsion CODAG à 2 × arbres
Puissance 38 000 ch (28 337 kW)
Vitesse 38 nœuds (70 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement
  • 1 × affût double de canons de 57 mm AK-725 (de) (ou ZIF-31B)
  • 2 × lance‑roquettes ASM RBU-6000 « Smerch-2 » (RBU-2500 (de) sur les navires roumains et les premières unités soviétiques)
  • 1 × affût quadruple de tube lance-torpilles de 406 mm OTA-40-204 ; certains navires disposent à la place de 1 × affût double de tube de 533 mm (4 × torpilles SET-40)
  • 18 × mines (en surcharge)
Rayon d'action 4 500 milles marins (8 300 km) à 10 nœuds (19 km/h)
Autres caractéristiques
Électronique
  • Radar de veille générale MP‑302 « Rubka » (Strut Curve)
  • Radar de navigation « Vaïgatch » (Don‑2 ou Spin Trough)
  • Sonar (GAS) « Herkules-2M »
  • Sonar plongeant « Bronza » (Hormone)
  • Radar de conduite de tir MR‑103 « Bars » (Muff Cobb)
  • 2 × systèmes « Bizan‑4B » (Watch Dog)
Équipage 80
Histoire
A servi dans  Marine soviétique
 Marine bulgare
 Marine militaire roumaine
Période de
construction
1960 - 1968
Période de service 1960 - 2005
Navires construits 66
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Conception et description

Désignée Maly Protivo Lodochny Korabl (en russe : petit navire anti-sous-marin) par la marine soviétique, la classe du projet 204, connue par l’OTAN sous le nom de classe Poti, constitue la première classe de corvettes soviétiques ne reposant pas sur les conceptions traditionnelles de lutte anti-sous-marine héritées de la Seconde Guerre mondiale. La classe Poti rompt avec la tendance aux navires de plus petite taille : ces bâtiments sont plus grands que les classes Kronshtadt et SO-1 qui les précèdent, ce qui permet l’installation d’une artillerie plus importante[1]. Les navires de la classe Poti sont également les premiers grands bâtiments de guerre soviétiques à intégrer une propulsion par turbines à gaz et figurent parmi les navires anti-sous-marins les plus rapides jamais construits par l’Union soviétique[2].

Les corvettes de la classe Poti mesurent 59,4 mètres de long pour une largeur de 7,9 m et un tirant d’eau de 2,0 m. Leur déplacement atteint 508 tonnes à l’état standard et 589 tonnes en pleine charge. Elles sont propulsées par un système CODAG à deux arbres, comprenant deux turbines à gaz M-2 développant 22 000 kilowatts (30 000 ch) et deux moteurs diesel M503A fournissant 6 000 kW (8 000 ch). Les deux hélices sont installées dans des tubes de poussée s’étendant sur toute la longueur de l’hélice. Les turbines à gaz évacuent leurs gaz par des orifices situés dans le tableau arrière et servent également à alimenter des compresseurs d’air, lesquels injectent de l’air dans les tubes de poussée afin d’accroître la propulsion. Le groupe propulsif est comparable à celui utilisé sur les navires de la classe Mirka. Cette configuration permet une vitesse maximale de 38 nœuds et une autonomie de 4 500 milles nautiques à 10 nœuds, ou de 520 milles nautiques à 37 nœuds[2].

En service soviétique, les corvettes sont armées à l’avant d’une tourelle unique comprenant deux canons polyvalents de 57 mm/80 (AK-725 (de)) ou ZIF-31B[note 1][3][4]. Certaines des premières unités disposent d’affûts ouverts, tandis que les bâtiments construits ultérieurement reçoivent des tourelles fermées[4]. Les canons peuvent s’élever jusqu’à 85 degrés et tirent des projectiles de 2,8 kg à une portée maximale de 6 kilomètres, avec une cadence pouvant atteindre 120 coups par minute[3]. Les navires sont également équipés de tubes lance-torpilles de 406 mm, montés en affûts doubles ou quadruples, destinés aux torpilles anti-sous-marines soviétiques de type 40[3][4]. Celles-ci disposent d’un autodirecteur actif/passif d’une portée maximale de 8 milles nautiques, atteignent une vitesse de 40 nœuds et emportent une charge militaire de 100 à 150 kg[3]. Les premières unités construites embarquent deux lance-roquettes anti-sous-marins RBU-2500 (de) à 16 tubes, tandis que les bâtiments plus récents reçoivent deux lance-roquettes RBU-6000 à 12 tubes[2].

Les navires de la classe Poti de la marine soviétique sont équipés du radar de veille surface Don-2 ou Spin Trough, du radar de veille aérienne МР-302 Strut Curve et du radar de conduite de tir Muff Cobb (en)[note 2][4]. Ils disposent également d’un sonar haute fréquence Herkules-2M monté en coque ainsi que d’un sonar plongeant Hormone. Pour la guerre électronique, les corvettes sont dotées de deux systèmes de contre-mesures Watch Dog. En service soviétique, leur équipage se compose d’environ 80 officiers, officiers mariniers et marins[note 3][2].

Corvette soviétique de la classe Poti en 1983.

Un total de 66 navires ont été construits entre 1960 et 1968. En Union soviétique, les corvettes de la classe Poti sont retirées du service à la fin des années 1980 et remplacées par les corvettes de la classe Pauk[4]. Les chantiers constructeurs sont[2]:

Exportation

Bulgarie

Après la Seconde Guerre mondiale, la Bulgarie entre dans la sphère d’influence de l’Union soviétique. Dans les années 1950, les forces armées bulgares sont réorganisées selon le modèle soviétique et dotées d’équipements d’origine soviétique. En 1955, la Bulgarie acquiert des chasseurs de sous-marins de la classe Kronshtadt afin de constituer ses forces de lutte anti-sous-marine. À mesure que ces bâtiments deviennent obsolètes, des remplaçants sont recherchés et six navires de la classe Poti sont transférés à la marine bulgare entre 1975 et 1990[5]. Les numéros soviétiques d’origine de la plupart de ces navires ne sont pas connus, bien qu’il soit établi que les unités MPK-59, MPK-77 et MPK-109 figurent parmi celles cédées à la Bulgarie. En 2008, l’ensemble des corvettes de la classe Poti en service en Bulgarie est retiré et mis hors d’usage[6].

Davantage d’informations N° de fanion, Nom ...
N° de fanion Nom Nom soviétique Transfert Commission Statut
44 (ex-14, 33) Khrabri MPK-? Années 1960 1986[7] Désarmé en 2005, vendu pour démolition.
45 (ex-44, 34) Strogi MPK-? Années 1960 1990[7] Désarmé en 1993[7], vendu pour démolition en Turquie en 1997.
46 (ex-15, 35) Bezstrashni MPK-? Années 1960 1990[7] Turbines à gaz démontées en 1994. Retiré du service en 2005, vendu pour démolition.
41 Letjashhi MPK-? Années 1960 Décembre 1975[7] Désarmé en 2005, vendu pour démolition.
42 Bditelni MPK-? Années 1960 Décembre 1975 [7] Désarmé en 2005, vendu pour démolition.
43 Naporisti MPK-148 1962 Décembre 1975[7] Désarmé en 1993[7], coulé pendant son remorquage vers la Turquie en 1997.
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Roumanie

Après la Seconde Guerre mondiale, la Roumanie passe dans la sphère d’influence de l’Union soviétique et adhère au pacte de Varsovie. Toutefois, à partir de 1964, le pays commence à s’écarter de la ligne soviétique, ce qui entraîne une réduction du soutien militaire, la rupture s’accentuant encore après l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968. Trois navires sont transférés à la marine roumaine en 1970[8]. Les bâtiments roumains conservent les lance-roquettes anti-sous-marines RBU-2500 les plus anciens ainsi que des tubes lance-torpilles doubles de 533 mm utilisant des torpilles soviétiques de type 53[9][10]. Les trois unités sont construites au chantier de Zelenodolsk et transférées à la Roumanie dès leur achèvement[10]. Les numéros soviétiques d’origine des navires ne sont pas connus avec certitude, bien qu’il soit établi que les unités MPK-106 et MPK-125 figurent parmi celles cédées à la Roumanie.

Davantage d’informations N° de fanion, Nom ...
N° de fanion Nom Nom soviétique Lancement Transfert Statut
31 Contraamiral Nicolae Cristescu MPK-? 5 décembre 1968[10] 1970 Retiré du service après 1992
32 Contraamiral Nicolae Negru MPK-? 1er avril 1969[10] 1970 Retiré du service après 1992
33 Contreamiral Irimescu MPK-? 20 octobre 1969[10] 1970 Retiré du service après 1992
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Notes et références

Voir aussi

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