Claude Bassot
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Peintre (jusqu'en ) |
Claude Bassot est un peintre lorrain, né à Vittel vers 1580 et mort probablement dans le sud de la Lorraine à une date inconnue peut-être vers 1635. À partir de 1630, il n'y a plus, semble-t-il, d'œuvre reconnue de sa main.
Ce qui est plus assuré, c'est que ce peintre renommé en son temps, signant BC ou indiquant Bafsot fec[it] dans un détail de ses vastes toiles, est resté longtemps un véritable artiste régional inconnu redécouvert dès 1890 dans le cercle des sociétés savantes vosgiennes. Il a résidé à Épinal de 1607 à 1614, puis peut-être à Saint-Dié ainsi que dans le bailliage des Vosges et les contrées montagneuses du bailliage de Nancy durant sa carrière d'artiste.
L'inventaire méticuleux des œuvres de Claude Bassot, entrepris dans l'entre-deux-guerres et publié en 1948 par Jean Kastener, l'a sorti de l'oubli.
Fils du marchand Mengin Bassot, maire de Vittel en 1597, il s’installe à Épinal en 1606 après l’âge de 25 ans, et commence à travailler pour la ville en dessinant ses armoiries, chiffres et écussons. Il travaille ensuite pour la commande religieuse, en particulier le chapitre Saint-Goëry et les paroisses proches de Vittel et d'Épinal, en particulier celle de Jésonville en 1607. Son atelier accueille un apprenti, Nicolas Martin, natif de Lamarche, fils d'un marchand drapier. De 1608 à 1613, Claude Bassot acquitte un droit de bourgeoisie à Épinal.
Le petit atelier effectue, en particulier pour la petite ville, de multiples réfections, entretiens, rénovations de vieilles peintures, mais aussi des affichages et des poses de panneaux divers à l'occasion d'événements festifs. Il est possible que Nicolas Bellot, drapier de 1608 à 1611 féru de peinture et après 1617 peintre reconnu ultérieurement dans cette même ville, ait été un familier de l'atelier spinalien[1].
Claude épouse en 1611 Nicole Olry à Épinal. Les Olry sont des bourgeois propriétaires à Longchamp-sous-Châtenois. Le premier fils du couple lorrain, Nicolas, est baptisé le à Épinal. En 1613, Claude Bassot et son épouse acquièrent une maison sise à Vittel, des parents Bassot.
À partir de 1607, Bassot fournit des tableaux aux églises et communautés religieuses : des Nativités et des Adorations, des Vierges et des Saints, des portraits de notables religieux. Il semble que ce service le mène à embrasser une carrière de peintre itinérant entre plaine et montagne. Il semble se fixer d'abord dans la contrée de Mattaincourt vers 1616 et dans la région de Saint-Dié, plus particulièrement dès 1614 avec la commande de la collégiale saint-Dié et surtout entre 1620-1625 auprès du chapitre de chanoines. Vers 1630, le peintre serait présent en plaine lorraine, en particulier dans le Xaintois où il laisse L'Adoration des mages à l'église de la Nativité de Notre-Dame de Mirecourt.
De nombreuses églises et communautés religieuses des Vosges, en particulier les plus prospères du bailliage de Nancy, et du sud de la Lorraine regroupé dans le bailliage des Vosges en duché de Lorraine témoignent en conséquence d'une série de ses réfections ou ses réalisations, principalement entre 1607 et 1630.
Sa femme Nicole Olry, dont il a plusieurs enfants, lui survit assez longtemps puisque :
- en 1648, résidente à Paris, la veuve assiste au mariage de sa fille Françoise.
- en 1649, elle est présentée comme veuve du maître Bassot sur des actes notariés incluant ses enfants.
- en , elle modifie son testament en faveur de son fils Gabriel Bassot, médecin de Neufchâteau, homme de l'art médical estimé qui sera anobli quelques semaines plus tard le par le duc Charles IV de Lorraine.
- en 1665 et 1669, elle est signalée dans les recensements de Longchamp : « Dame Nicole Olry, veuve de maître Claude Bassot, qui ne paie plus rien audit lieu, à cause de son âge de quatre-vingt ans et plus. »
Hommage
La ville d’Épinal baptise une rue Claude Bassot en 1953[2].
Œuvres
Si sa prime formation pictoriale, peut-être allemande, flamande ou lorraine, reste totalement obscure et mystérieuse, il est facile de percevoir les influences de la peinture européenne. Les spécialistes supposent souvent que ce peintre modeste, qu'ils sous-classent d'emblée parmi les petits maîtres lorrains, les a reçues par la gravure de grandes œuvres modèles.
Mentionnons l'influence indéniable sur des thèmes précis des gravures de :
- Johann von Aachen : La Sainte Famille, Le Christ pleuré par deux anges, Le Martyre de saint Sébastien...
- Jacopo da Ponte : Saint-Christophe, L'Adoration des bergers
- Ludovico Carrache : L'Annonciation
- Albrecht Dürer : La Présentation de la Vierge au temple
- Jan Gossaert : L'Adoration des mages
- Jacopo Palma le jeune : Les Apprêts du martyre de Sébastien (gravure de Egidius Sadeler)
- Fresques des collégiales et abbayes vosgiennes : Vierge, saint locaux...
- Graduel de Saint-Dié (peinture d'enluminure anonyme vers 1515) : Vierge, sainte Barbe, saint Dié et autres saint locaux

Il reste, que faute d'avoir pu admirer tous ces chefs-d'œuvre en toile, Bassot est un formidable coloriste empruntant ou gardant le meilleur de la tradition locale, comme le prouvent les couleurs restaurées de ses Assomptions. Les contrastes et exaltations lumineuses rejoignent parfois l'art flamand ou l'école italianisante de Fontainebleau.

