Claudine Amiel-Tison
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| Nom de naissance |
Claudine Camille Tison |
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Université Paris-Descartes Institut national de la santé et de la recherche médicale Maternité Port Royal (d) |
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Claudine Amiel-Tison, née le à Soorts-Hossegor et morte le à Paris, est une pédiatre française, directrice du service néonatal de la maternité Baudelocque de l'Hôpital Port-Royal (Paris) et directrice de recherche à l'INSERM.
Qualifiée de grande dame de la néonatologie française[1], sa conception de l’évaluation neurologique du nouveau-né et du jeune enfant constitue une référence internationale.
Par une analyse patiente de la sémiologie neurologique, elle a décrit des signes neurocrâniens persistants et précoces qui permettent d’identifier, dès les premiers mois de la vie, les enfants à risque de troubles du développement. Ces signes permettent de faire le lien entre des événements périnataux, les anomalies du développement de la petite enfance et les difficultés d’apprentissage rencontrées à l’âge scolaire.
En élaborant une telle approche, elle a donné aux équipes médicales un outil qui permet un dépistage des anomalies de développement et une prise en charge précoce et ciblée de l’enfant[1].
Claudine Amiel-Tison a été interne puis chef de clinique en pédiatrie des hôpitaux de Paris. Elle a poursuivi sa formation médicale au Presbyterian Medical Center de l'Université de Columbia (New-York), puis au Centre Médical de Stanford (Californie).
Elle rentre en France en 1962 et elle intègre l’unité néonatale du Pr Alexandre Minkowski de la maternité de l’hôpital Port-Royal, dirigée alors par le Professeur Jacques Varangot.
Evolution de carrière
Claudine Amiel-Tison se passionne et se consacre dès lors à une discipline médicale naissante : la neurologie du nouveau-né. À partir de 1968 elle accède à la direction du service néonatal de la maternité Baudelocque de Port-Royal.
En 1975 elle publie en collaboration avec Jacques Varangot, Roger Henrion et Emile Papiernik, le mémoire La souffrance cérébrale du nouveau-né à terme. Causes et devenir.
À partir d’une enquête réalisée sur 65 enfants nés à terme et ayant présentés des signes neurologiques, même lorsque le coefficient d’APGAR était satisfaisant, l’équipe scientifique a identifié pour 45 d’entre eux une triade de facteurs obstétricaux : anomalies de la présentation (notamment en occipito-postérieure), anomalies dynamiques du travail et épreuves du travail. L’équipe s’interroge également sur le fait que les bébés traumatisés obstétriques survivants ne soient comptabilisés par aucunes statistiques alors que les bébés décédés le sont[2].
En 1977 elle publie en collaboration avec J.Varangot, R.Henrion, M-T.Esque-Vaucouloux (Université de Barcelone), J.Goujard (INSERM), G.Firtion et C.Tchobroutsky l'étude clinique La souffrance cérébrale du nouveau-né à terme. Résultats d’une enquête prospective.
À partir d’une enquête prospective poursuivie durant 15 mois à la maternité de Port-Royal l’équipe scientifique est parvenue à identifier certaines situations obstétricales constituant des facteurs de signes de souffrance cérébrale constatées chez 88 nouveau-nés dans la période néonatale : faux travail, dystocie fonctionnelle, travail long, épreuve de travail trop prolongée, constitution d’une bosse séro-sanguine, primiparité, présentation en occipito-postérieure droite[3].
En 1977 également, Claudine Amiel-Tison a participé au symposium scientifique « Coûts de la prévention du handicap mental majeur », organisé par la fondation CIBA et qui s’est tenu à Londres. Elle y a présenté sa publication « Une méthode pour l’évaluation neurologique au cours de la première année de vie : expérience avec des nouveau-nés à terme traumatisés de naissance. »
Dans sa conclusion elle indique qu'avec des soins appropriés tels la surveillance par monitoring cardiaque du fœtus, les asphyxies ou les compressions de tête prolongées pourraient être évitée dans la plupart des cas durant les accouchements dysfonctionnels. Elle ajoute qu'une évaluation neurologique devrait être ajoutée aux données périnatales, ce qui pourrait permettre d’identifier un groupe à hauts risques. Le nombre de décès intrapartum additionné au nombre d’enfants sévèrement handicapés est insuffisant pour apporter une image précise de l’évaluation des pratiques obstétriques. Pour une évaluation continue années après années de l’adéquation de l’obstétrique, une évaluation neurologique de chaque nouveau-né est nécessaire et ce peu importe le score d’Apgar[4].
En 1978 elle participe à la 1ère journée du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF) et y présente sa publication Quelques accidents périnatals évitables.
Elle y traite de la prévention des lésions cérébrales au cours de l’accouchement, des situations à risques et des progrès accomplis. Elle indique notamment que la dystocie apparait particulièrement élevée en cas de présentation postérieure et que parallèlement du côté néonatal, il apparait un déplacement des états de souffrance sévère vers les états de souffrance plus modérée mais pouvant entrainer des séquelles. Elle expose également son travail sur la prévention des accidents infectieux périnatals[5].
En 1986 Claudine Amiel-Tison participe à la conférence internationale Comité sur la mortalité et la morbidité périnatale organisée par l’International Society of Gynaecology and Obstetric (FIGO). Elle y présente sa publication « Morbidité neurologique de l’enfant à terme comme indicateur du niveau des pratiques obstétriques. »
Elle indique qu’une détection minutieuse de la disproportion fœto-pelvienne (DCP) par évaluation clinique, radiologique et échographique est un progrès parmi les plus importants de l'obstétrique, et qu’une césarienne élective est plus sûre pour la mère qu’une césarienne en urgence[6].
En 1987 elle participe au 2e meeting de l’European Association of Gynaecologist and Obstetricians. Durant la session Aperçu du risque périnatal, elle présente sa publication Handicap cérébral chez le nouveau-né à terme relié a une grossesse tardive et/ou à l’accouchement[7].
En 1999 elle fonde l'APECADE (Association pour la Prise En Charge des Anomalies de Développement de l’Enfant) avec Françoise Lebrun (pédiatre) et Evelyne Soyez (kinésithérapeute-ostéopathe).
En 2010, elle signe avec le docteur Bernard Seguy un tribune dans laquelle ils critiquent les critères élaborés en 2003 par l'International Task Force on Cerebral Palsy pour caractériser les atteintes neurologiques du fœtus durant l'accouchement. Appliqués à la lettre lors de contentieux obstétrico-légaux, ces critères permettent à certains experts ou médecins-conseils des assurances d'éliminer toute cause intra-partum. Ils affirment qu'il y a des limites déontologiques et éthiques à ne pas dépasser afin que les enjeux financiers ne dominent pas le débat au détriment de la vérité des faits et de la juste indemnisation des victimes[8].
En 2018 le CHU de Tours lui rend hommage en nommant à son nom sa nouvelle unité de néonatologie. Selon Dominique Saillant, chef du service, ce nom était une évidence[9]. Un portrait réalisé par le sculpteur Michel Audiard orne l'entrée du bâtiment[10].
Distinctions
En 2008, Claudine Amiel-Tison a été décorée du titre de chevalier de la Légion d'honneur[11].