Cleverbot

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Logo de Cleverbot
Logo officiel de Cleverbot

Adresse cleverbot.com
Description Application web
Commercial Non
Type de site Agent conversationnel
Langue Anglais [réf. nécessaire]
Inscription Aucune
Créé par Rollo Carpenter
Lancement 1997
État actuel en activité

Cleverbot est un logiciel de chat utilisant un algorithme d'intelligence virtuelle pour établir une conversation avec les utilisateurs. Créé en 1988[1] par Rollo Carpenter, un pionnier de l'intelligence artificielle, il a été mis en ligne en 1997[2]. Il est le successeur de Jabberwacky, un autre agent conversationnel du même auteur, les deux logiciels usant d'un algorithme différent pour « apprendre »[3].

Le principe de la simulation du langage naturel et des conversations humaines est apparu progressivement au cours des années 1950 lors de la théorisation du test de Turing[4], lequel déclarait alors qu'une machine capable de faire croire qu'elle est humaine est une intelligence artificielle[5]. Le traitement du langage naturel débute sur le principe de l'analyse « statistico-morphologique » de 1945 à 1955 dont le principe a été réutilisé bien plus tard dans les algorithmes de traduction automatique[4]. Dans la deuxième moitié des années 1950, l'approche est syntaxique, se basant sur la grammaire formelle[4].

Les premiers agents conversationnels sont apparus en 1966 avec ELIZA, un chatterbot destiné à imiter un psychanalyste rogérien[3], basé sur un troisième type d'approche, l'analyse sémantique[4]. À partir de l'utilisation de mots-clefs, ELIZA répond par des phrases basées sur des modèles structurels de phrases[6]. C'est à partir des années 1970 qu'un quatrième type d'analyse du langage naturel apparaît, avec l'approche « cognitive et pragmatique »[4].

Rollo Carpenter, spécialiste de l'intelligence artificielle, a créé ses premiers agents conversationnels avec Jabberwacky. En 2005 puis 2006, les avatars générés par Jabberwacky (Joan et George) gagnèrent le prix Loebner. En 2009, un avatar généré pour Cleverbot gagne aussi le prix Loebner[3]. Dans la première décennie de son existence, à partir de sa création en 1988 et jusqu'en 1997, Cleverbot a « appris » plusieurs milliers de conversations avec Carpenter et ses associés[1].

La personnalisation de Cleverbot, pour le transformer en une application utilisant comme base de données les répliques d'un seul utilisateur, est une piste de recherche vers laquelle s'est orienté Carpenter. En 2013, il a ainsi réalisé une version prototype personnalisée, qu'il aurait donnée à sa femme ; elle aurait dit que cette version a « des traits de sa personnalité[trad 1]. »

Fonctionnement

Les agents conversationnels utilisent une architecture assez simple en général. Une phrase entrée par un utilisateur est transformée en un langage abstrait permettant au logiciel d'effectuer des analyses et des recherches sur la phrase. La réponse est alors générée dans le langage du logiciel et doit être traduite en langage naturel en utilisant des modèles structurels pour la phrase[4]. Ces logiciels sont souvent inadaptés à des conversations généralistes, du fait du placage de structures de phrases rigides et du manque d'adaptation au contexte[6].

Cleverbot diffère des agents conversationnels traditionnels puisque l'utilisateur saisit ses lignes de conversation et le robot répond directement au texte entré. À l'aide d'un algorithme qui sélectionne les phrases dernièrement entrées dans sa base de données de conversations déjà enregistrées, Cleverbot donne la réponse la plus appropriée. Un bouton permet d'amener Cleverbot à répondre à la dernière entrée, un autre bouton permet de voir la conversation entière. Il a été revendiqué que « parler à Cleverbot est un petit peu comme parler avec la communauté collective d'internet »[trad 2]. Cleverbot fait ainsi partie d'une catégorie de chatterboxes capables d'intelligence par imitation. Une « mémoire à court terme » permet par ailleurs à Cleverbot d'élaborer une estimation du contexte[6].

Grâce à ce système, Cleverbot est capable d'apprendre d'autres langues[6].

Depuis qu'il a été lancé sur le web en 1997, le nombre de conversations a dépassé les 65 millions en 2011[7] et les 142 millions en 2013[5]. Cleverbot a ainsi appris près de 5 millions de lignes de conversation en moins de 10 ans après sa mise en ligne et gère fréquemment jusqu'à 200 000 requêtes par heure, discutant avec près de 3 millions de personnes par mois[1]. D'après Carpenter, les conversations avec Cleverbot peuvent être touchantes, certaines personnes ayant des débats et des disputes ou des conversations très longues, une jeune fille ayant discuté avec Cleverbot pendant 11 heures en ne faisant que trois pauses d'une quinzaine de minutes[trad 3].

Test de Turing

En , Cleverbot passe son premier test de Turing et remporte la BCS machine intelligence competition[8] mais ne fait que 42 % au test.

Le , Cleverbot passe le test de Turing lors du festival Techniche (en) à Guwahati en Inde, qui consista à faire juger en aveugle par un panel de 1 334 personnes si la conversation tenue par Cleverbot semblait tenue entre deux humains ou pas. 59,3 % des personnes jugèrent la conversation de Cleverbot comme tenue par deux humains, face à 63,3 % des personnes qui jugèrent que la conversation de deux humains semblait humaine[2],[9], ce résultat demeurant très subjectif. Rollo Carpenter estima à ce moment que « Cleverbot a surtout prouvé sa capacité à imiter l’intelligence plus que sa propre intelligence »[2]. Jusque-là aucun agent conversationnel n'avait dépassé les 50 % au test.

La version de Cleverbot qui a passé le test de Turing est cependant une « version améliorée » en cela que là où la version en ligne opère trois recherches dans la base de données de réponses avant de produire une réponse, la version testée en exploite 42[7],[9].

Cleverbot a été la vedette du The Gadget Show (en) le où l'un des animateurs lance une conversation entre deux autres animateurs et Cleverbot pour observer s'ils réalisent qu'il s'agit d'un robot[10].

Capacités conversationnelles

Notes et références

Liens externes

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