Climat (Antiquité)

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Les cinq zones climatiques originelles, dans un manuscrit du Songe de Scipion de Macrobe du XIIe siècle.

Un climat, du lat. clima dérivé du grec κλίμα klima « inclinaison (d'un point de la Terre par rapport au Soleil) », dans l'Antiquité, correspondait à une division du globe terrestre en zones géographiques, sensiblement homogènes du point de vue météorologique, comprises entre deux parallèles ou latitudes prédéfinis.

Le climat d'un lieu était aussi l'endroit où était effectuée la mesure de la latitude ; on parle ainsi du climat de Rhodes, d'Athènes, etc.

La division de la Terre en zones climatiques - liée à l'inclinaison de celle-ci par rapport à l'écliptique - a varié en nombre suivant les époques et les auteurs.

Ainsi, Eudoxe, au IVe siècle av. J.-C. a été le premier à avoir divisé rationnellement la Terre en cinq climats différents.

Plus tard, Hipparque, au IIe siècle av. J.-C. définira sept climats qui lui étaient nécessaires pour établir une carte du monde habité (œcoumène).

Quant à Ptolémée, au IIe siècle, il divisera le monde boréal en 39 zones géographiques qu'il réduira éventuellement suivant les besoins de ses exposés.

La division de la Terre en climats tels que définis dans l'Antiquité, perdurera, employée en même temps que la latitude exprimée en degrés.

Cet usage disparaitra avec la notion actuelle des climats où la typologie accorde la priorité à la prédominance régionale.

Parménide

Au Ve siècle av. J.-C., la Terre est sphérique pour certains savants grecs.

Parmi eux, Parménide, vivant au milieu du Ve siècle av. J.-C. est le premier, avant Eudoxe, à avoir esquissé une théorie divisant la Terre en cinq zones climatiques, mais en exagérant la largeur de la zone dite « torride » [1].

Les cinq climats d'Eudoxe

Eudoxe de Cnide.

Ce n'est qu'au IVe siècle av. J.-C., qu'Eudoxe (408-350 av. J.-C.), dans son système astronomique, proposera une division rationnelle de la Terre en cinq climats.

À cette époque, la latitude exprimée en degrés, telle que nous la connaissons, n'existe pas - la division du cercle en 360° n'interviendra que plus tard (avant Ératosthène, 276-195 av. J.-C.).

Latitude et rapport gnomonique

Eudoxe, sera le premier à exprimer le concept de latitude ou hauteur du pôle par un rapport gnomonique : rapport de la longueur du gnomon à son ombre équinoxiale. Ainsi, par exemple, la latitude de la Grèce s'exprimait-elle par le rapport gnomonique de 4/3 (d'après Hipparque).

Ce rapport gnomonique correspond aussi au rapport du jour le plus long à la nuit la plus courte, en heures équinoxiales[2].

Ainsi, avec le vocabulaire d'aujourd'hui, parmi les latitudes connues d'Eudoxe qui a beaucoup voyagé, on trouve celles des tropiques du Cancer et du Capricorne que les Anciens Grecs donnaient pour 24° et celle de Rhodes de 36° qui correspondait à la latitude moyenne de l'œcoumène.

À partir de ces données, Eudoxe va définir des cercles dits « arctiques » dont le cercle « arctique » boréal de latitude 90° - 36° = 54°[N 1].

Fort de ces données, Eudoxe va proposer une division rationnelle de la Terre en cinq zones climatiques :

Les cinq climats d'Eudoxe.
  1. la « zone frigide boréale », comprise entre le cercle « arctique » terrestre boréal de latitude 54° et le pôle terrestre boréal ; le climat de cette zone très froide est supposé inhabitable ;
  2. la « zone tempérée boréale » comprise entre le tropique du Cancer de latitude 24° et le cercle arctique boréal de latitude 54° ; c'est la zone de l'œcoumène qu'il divisait en trois parties : l'Europe, l'Asie, l'Afrique ;
  3. la « zone torride », centrée sur l'Équateur et comprise entre les deux tropiques ; cette zone était considérée comme infranchissable. Par symétrie et par ses constatations et réflexions la partie inférieure du globe terrestre comprenait donc :
  4. une « zone tempérée australe » inconnue et qu'Eudoxe qualifiait d'« antœcoumène » ;
  5. une « zone frigide australe » allant du cercle arctique austral au pôle austral.

Aristote (384-322 av. J.-C.), dans son ouvrage Météorologiques[3] reprendra la proposition d'Eudoxe et la divulgera[4].

Les sept climats d'Hipparque

Hipparque (-160, -120), divisera la partie boréale de la Terre en sept climats qui seront définis par des informations quantifiées. Ces sept climats seront fréquemment utilisés et perdureront.

Pour chaque climat est précisé la localité représentative, la durée du jour solsticial d'été M en heures équinoxiales, la latitude φ, les longueurs d'ombre méridienne ou retrait d'un gnomon de 60 parties : re au solstice d'été, ro aux équinoxes, rh au solstice d'hiver[5] ; les valeurs des retraits sont ici subdivisées en sexagésimal.

Les sept climats d'Hipparque[6]
ClimatLocalitéMφrer or h
Équateur12 h26p30 S00p26p30 N
IMéroë1316° 2707p45 S17p4551p
IISyène (Assouan au tropique)13 1/223° 5100p26p3065p50
IIIBasse Égypte (Alexandrie)1430° 2206p5035p583p5
IVRhodes14 1/236°12p5543p50103p20
VHellespont (Rome)1540° 5618p3052p10127p50
VIMi-Pont-Euxin (mer Noire)15 1/245° 0123p1560p155p5
VIIBouches Borysthène (Dniepr)1648° 3227p3067p50188p35

Cette division de la Terre lui permettra de tracer sa carte du monde habité, première carte géométrique connue.

Les climats de Ptolémée

Notes et références

Voir aussi

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