Climat de l'Afrique
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Le climat de l'Afrique se décline localement en une large gamme de climats que l'on regroupe en : climat équatorial, climat tropical de savane (sec à humide selon les cas), climat de mousson tropicale, climat semi-aride (semi-désertique à steppique), climat désertique (hyper-aride et aride), climat subtropical humide et climat subtropical des hautes terres. Les climats tempérés sont rares sur tout le continent sauf à très haute altitude et le long des franges et dans une partie du sud du continent. Le climat de l'Afrique, souvent plus variable par la quantité de précipitations que par les températures, presque partout constamment élevées. Les parties les plus ensoleillées et sèches de l'Afrique sont les déserts, liés à la présence dominante des masses d'air chaud et sec de la crête subtropicale aux latitudes des chevaux. L'Afrique est le continent globalement le plus chaud toute l'année, et où les étés sont les plus chauds, à la durée moyenne d'ensoleillement la plus élevée, et qui détient le plus de records de chaleur. Après l'Arctique, c'est aussi l'une des zones du monde qui se réchauffent le plus rapidement[2].
La position et taille de l'Afrique sur la planète (latitudes équatoriales et subtropicales dans l'hémisphère nord et sud) lui confère une grande variété de climats et microclimats. Sa position surtout intertropicale (entre le tropique du Cancer et le tropique du Capricorne) confère une aridité à sa partie nord, et une intéressante densité d'humidité à la zone située au sud du Sahel, notamment dans le bassin du Congo[3],[4]. Les précipitations y sont la plupart du temps fortes, mais moins intenses qu'en Amazonie (« De grandes zones de l'Amazonie reçoivent 2,500 mm à plus de 3,000 mm par an en moyenne, alors que peu de zones du bassin du Congo reçoivent plus de 1,750 mm par an en moyenne. Les pics de précipitations ont tendance à se produire l'après-midi en Amazonie, mais la nuit ou tôt le matin dans le bassin du Congo. Cela suggère que les systèmes convectifs de méso-échelle jouent un rôle plus important dans le bassin du Congo »)[4]. Les climats chauds dominent le continent, mais sa partie nord est marquée par l'aridité et les températures élevées alors que les franges les plus septentrionales et les plus méridionales du continent ont un climat méditerranéen. Les mécanismes climatique du continent ne sont pas encore complètement compris, pour l'Afrique centrale notamment[5].
L'équateur traverse le milieu de l'Afrique, ainsi que le tropique du Cancer et le tropique du Capricorne. Ceci fait de l'Afrique le continent le plus « tropical ».

Le réchauffement par le soleil des mers, des sols et de l'air près de l'équateur entraîne d'importants mouvements ascendants et de convection le long du creux de la mousson ou de la zone de convergence intertropicale. Puis en se déplaçant vers les latitudes moyennes, l'air se refroidit et descend. Ce mouvement (dite cellule de Hadley) cause une zone de dépression près du 30e parallèle des deux hémisphères, et de zones climatologiques à haute pression. Cette circulation de masses d'air transporte puis relâche dans l'atmosphère une grande quantité de chaleur latente. Elle est source d'orages tropicaux[6],[7] et de zones subtropicales très arides, sahariennes notamment.
Les températures les plus chaudes d'Afrique sont enregistrées dans les zones sahariennes de l'Algérie et du Mali[8] et les plus fraîches dans le sud ou en altitude.
La zone la plus chaude de la planète est située à Dallol, en Éthiopie, avec une température atmosphérique annuelle moyenne sous abri de 33,9 °C (33,9 °C)[9]. On a longtemps dit que le record de température de l'air enregistrée en station météorologique dans le monde et en Afrique, était de 57,9 °C (57,8 °C), à Aziziya, Libye, le . Ceci s'est avéré plus tard faux (lecture inexacte d'un thermomètre) ; le lieu le plus chaud du monde serait Death Valley (Californie)[10],[11],[12], et le record officiel pour l'Afrique est 55 °C mesuré le à Kébili, Tunisie[13].
Les températures ressenties, combinant l'effet de la température et de l'humidité, le long de la côte de la mer Rouge de l'Érythrée et de la côte du golfe d'Aden de la Somalie varient entre 57 °C et 63 °C durant l'après-midi[8].
Pour la température au sol, les deux derniers records mondiaux (dans la série de températures de surface, mesurée par le satellite MODIS du au [14]) ne sont pas africains[15] ; ils proviennent du désert de Lout en Iran (80,8 °C) et du désert de Sonora au Mexique[14]. Concernant le nombre de jours par an où le sol est brûlant, dans le biome des arbustes xériques de Djibouti, la température au sol (mesurée par satellite) dépasse dans la journée les 70 °C 4,4 % des jours de l'année, et ce taux atteint 5,2 % dans le désert de Gariep Karoo en Afrique du Sud. Ce sont ne sont pas des records mondiaux (le sol dépasse en effet 70 °C 25 % des jours de l'année dans le désert de Lut), mais ce sont des records pour l'Afrique publiés en 2021, pour les 18 ans de mesure satellitale[14]. L'Afrique détient par contre le record d'étendue désertique en surfaces absolues.
La température la plus basse mesurée en Afrique était −24 °C à Ifrane, au Maroc, le [16], mais la majeure partie de l'Afrique subit des chaleurs extrêmes une grande partie de l'année, surtout dans les déserts, les semi-déserts, les steppes et les savanes. Les déserts africains comptent parmi les plus chauds de la planète (Sahara, et désert de Danakil dans la Corne de l'Afrique notamment).
Vent
Il existe un courant-jet africain de basse altitude. On estime qu'il a un rôle essentiel pour la mousson du sud-ouest de l'Afrique[17], et qu'il contribue à former les vagues tropicales qui traversent l'Atlantique tropical et la partie orientale du Pacifique en saison chaude[18]. Ce jet a une instabilité à la fois barotrope et barocline, source de perturbations à échelle synoptique se propageant vers l'ouest dans le jet (on parle d'ondes d'est africaines ou ondes tropicales).
Quelques systèmes de tempêtes à moyenne échelle intégrés dans ces vagues formeront des cyclones tropicaux après s'être déplacés de l'Afrique de l'Ouest vers l'Atlantique tropical (en août-septembre surtout). Quand le jet se trouve au sud de la normale pendant les mois de pointe de la saison des ouragans dans l'Atlantique, il n'y a pas de formation de cyclones tropicaux[19].
Précipitation

De vastes parties de l'Afrique du Nord et du sud, et toute la Corne de l'Afrique, sont dominées par un climat désertique chaud, ou semi-aride chaud pour les endroits les plus humides.
Le désert du Sahara est le plus grand désert chaud au monde et l'un des plus chauds, secs et ensoleillés de la planète. Juste au sud du Sahara se trouve une étroite steppe semi-désertique (une région semi-aride) : le Sahel. Encore plus au sud, des plaines de savane et essentiellement en Afrique centrale s'étendent des jungles souvent très dense (forêt tropicale).
La zone équatoriale ou proche de la zone de convergence intertropicale est la partie la plus humide d'Afrique. Chaque année, une « ceinture de pluie » s'y déplace vers le nord dans l'Afrique subsaharienne en août, puis repasse vers le sud dans le centre-sud de l'Afrique en mars[20]. Les régions au climat de savane sont situées en Afrique sub-saharienne, avec le Ghana, le Burkina Faso[21],[22], le Darfour[23], l'Érythrée[24], l'Éthiopie[25], et le Botswana ; la saison des pluies y est plus distincte[26]. Par rapport au climat moyen, El Nino cause un assèchement de l'Afrique australe de décembre à février, et dans le même temps, des conditions plus humides en Afrique de l'Est équatoriale[27].
À Madagascar, les alizés humidifient les pentes orientales de l'île, en y déposant des pluies, et apportent des vents descendants plus secs dans les zones sud et ouest, laissant les sections occidentales de l'île « à l'ombre de la pluie ». Le nord nord-est de Madagascar est très pluvieux et le sud-ouest relativement aride[28].
L'Afrique australe reçoit la plupart de ses précipitations d'orages convectifs d'été et des cyclones extratropicaux qui se déplacent au gré des vents d'ouest. Une fois par décennie, les cyclones tropicaux entraînent des précipitations excessives dans la région[29].
Neige et glaciers


Il neige presque tous les ans sur certaines montagnes d'Afrique du Sud, y dont celles du Cedarberg et autour de Cérès dans le sud-ouest du Cap, et sur le Drakensberg au Natal et au Lesotho. Tiffendell Resort dans le Drakensberg est le seul domaine skiable commercial d'Afrique du Sud, où grâce à de la neige artificielle, on peut skier trois mois par an[31]. Le Mountain Club of South Africa (MCSA) et le Mountain and Ski Club (MSC)[32] de l'université du Cap ont tous deux équipé des cabanes de ski dans les montagnes de la rivière Hex. La pratique du ski et du snowboard au Cap restent aléatoires.
La montagne de la Table reçoit parfois un peu de neige (ex. : le [33] [34] [35] et le [36]) de même que Devil's Peak (toutes les quelques années).
et à Johannesbourg ; il a neigé en , , , , et le [37] avec jusqu'à 10 cm d'épaisseur de neige dans la banlieue sud.
L'enneigement et plus consistant et régulier dans les montagnes de l'Atlas au Maghreb, et assez fréquent sur le mont Kenya et sur le Kilimandjaro en Tanzanie dont la calotte glaciaire est en rapide régression (passée de 12,06 km2 en 1912, à 2,36 km2 en 2011), à cause du réchauffement global, et à cause de la déforestation périphérique (moins d'évapotranspiration et donc moins de neige)[30] (illustration ci-contre).
Il y a eu des glaciers permanents sur les monts Rwenzori, à la frontière de l'Ouganda et de la république démocratique du Congo, mais dans les années 2010, ces glaciers étaient en recul et ils sont menacés de disparaître à cause du réchauffement climatique[38].
