Clitophon, ancien disciple de Socrate devenu politicien, a eu un entretien avec le rhéteur Lysias lors duquel il a établi un parallèle entre Socrate et Thrasymaque. Devant la préférence affichée pour Thrasymaque par Clitophon, Socrate demande à connaître les raisons de son jugement.
Le ton du dialogue est tendu : Socrate est critiqué par Clitophon parce qu'il enseigne ce qu'il ne connaît pas forcément, en en faisant l'éloge, privilégiant l'exhortation plutôt que l'apprentissage de la technique par ses leçons[1]. Le discours met en évidence l'opposition entre les socratiques et les sophistes. Les propos de Socrate lui ont été rapportés lorsqu'il rencontre Clitophon qui relate l'entretien ; Clitophon dit qu'il voit Socrate fâché, même si celui-ci feint l'indifférence, et dément. Ce qui a été rapporté à Socrate est une version des faits ; Clitophon expose la sienne.
- Premier questionnement : Les exhortations de Socrate sont-elles suffisantes ?
- Deuxième questionnement : Comment faut-il cultiver la vertu ?
- Troisième questionnement : La vertu enseignée fait-elle intervenir opinion ou science ?
Par ses incongruités de fond et de forme, le Clitophon serait inauthentique[2]. Toutefois, il y a controverse à ce sujet, G. S. Bowe en a passé quelques-unes en revue[3].
Les trois reproches faits à Socrate sont déjà présents dans La République :
- (409 b-c) : Socrate exhorte à la justice sans la définir ni expliciter ses vertus[4]
- (409 d-e) : Socrate ne se contente pas d'une définition de la justice et ce qui en ferait l'instrument de l'amitié des citoyens[5]
- (410 a-b) : Lorsque Socrate définit la justice, il cite Simonide de Céos, que Clitophon combat[6]