Clubs féminins du projet de la Baie-James
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Les clubs féminins du projet de la Baie-James, dans le nord du Québec, sont des centres sociaux réservés aux femmes travaillant ou vivant sur les chantiers hydroélectriques lors du projet de la Baie-James[1], dont la première phase commence en 1973. Ces clubs féminins voient le jour dans un contexte où les femmes sont interdites d'accès dans les tavernes du Québec, alors que ce chantier hydroélectrique représente le plus grand projet d'infrastructure de l'histoire du Québec[réf. souhaitée].
Contexte


Les chantiers hydroélectriques du Projet de la Baie-James ont été fréquentés par près de 185 000 travailleurs[2]. Parmi eux se trouve une minorité de femmes qui occupent des métiers considérés comme traditionnellement féminins : infirmières, secrétaires, employées de cuisine, préposées à l’entretien[3]. Sur le complexe hydroélectrique La Grande-2 (LG-2), on compte entre 1975 et 1979 un ratio moyen d’une femme pour 27 hommes[3]. La taverne de ce chantier étant réservée aux hommes[4], les femmes y mettent en place dès 1974 un centre social féminin pour compenser l’absence de loisirs et de lieu de réunion qui leur est réservé[2]. C'est le premier club féminin de la baie James[5].
Le club Fémina du chantier LG-2
À LG-2, le premier contingent de femmes arrive en [2]. Elles fondent ensemble le Centre social féminin, qui devient plus tard le Club Femina, composé de deux salles. La première est une large salle avec une piste de danse entourée de tables et d’alcôves pouvant accueillir 260 personnes[3], et la seconde est une salle de repos, avec une télévision et des fauteuils. Le club est ouvert sept jours par semaine, y compris le soir[2]. Des soirées sont organisées au rythme de musiques disco[6], et l'alcool y est autorisé.
Les hommes sont admis seulement s’ils sont accompagnés par une femme[7], et celle-ci est responsable de leurs comportements. Elles ont le droit d’amener un homme avec elles, et lorsqu’elles partent du club, leur invité doit lui aussi partir. Il arrive certains soirs qu’une cinquantaine d’hommes se tiennent devant l’entrée, abordant les femmes qui passent en espérant avoir la chance d'y rentrer avec elles. Ce « privilège » est recherché par les hommes et donne lieu à une certaine compétition entre eux pour avoir l’attention de la gent féminine[2].
Importance des clubs féminins
Ce club permet de rétablir un équilibre femmes/hommes qui n’existe pas dans le reste du chantier. C’est aussi un lieu de rencontre informel, un des seuls du complexe. Le club est finalement un espace dans lequel les femmes ont le contrôle[3] : elles choisissent qui rentre, et sont ainsi moins exposées à certains regards pesants qui parfois les sexualisent, comme cela peut être le cas à la cafétéria, où hommes et femmes occupent le même espace[3].
Liste des clubs
Plusieurs clubs féminins voient le jour sur le différents chantiers de la phase 1 du projet Baie-James.
| Localisation | Nom du club |
|---|---|
| Chantier La Grande-1 | - |
| Chantier La Grande-2 | Fémina |
| Chantier La Grande-3 | La Citadelle |
| Chantier La Grande-4 | Staël |
| Chantier du détournement Eastmain-Opinaca-La Grande (Les Mélèzes) | Le Mistral |
| Chantier du réservoir Caniapiscau | L'Oasis |