Codex de Roda
compilation de manuscrits antiques et medievaux de Roda de Isábena
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Le Codex de Roda aussi appelé Codex de Meyá (en espagnol, Códice de Roda ou Códice de Meyá) est un manuscrit médiéval qui constitue une source primaire unique pour des informations détaillées sur le royaume de Navarre du IXe et du début du Xe siècle et les principautés voisines. Il est actuellement conservé à Madrid sous la cote MS 78 de l'Académie royale d'histoire[1].
| Codex de Roda Códice de Roda | |
Codex de Roda, fol. 1r. | |
| Bibliothèque | Académie royale d'histoire |
|---|---|
| Support | parchemin |
| Volume | 232 folios |
| Format | 205 mm × 285 mm |
| Datation | daté fin du Xe siècle et ajout ultérieur |
| Langue | latin |
| modifier |
|
Le codex daterait de la fin du Xe siècle, bien qu'il contienne des ajouts du XIe siècle. Compilé en Navarre, probablement à Nájera, il est écrit en minuscule wisigothique par plusieurs mains et comporte des notes marginales cursives. Ses dimensions sont de 205 mm × 285 mm (8,1 po × 11,2 po) et il contient 232 folios[1].
Il se présente en deux parties :
- Contenu partiel de l' Historia de Paul d'Orose (f. 1r.-155r.)
- Diverses chroniques et autres textes (f. 156r.-232r.)
Le manuscrit semble avoir été conservé à Nájera au XIIe siècle, puis dans les archives de la cathédrale de Roda de Isábena à la fin du XVIIe siècle. Au siècle suivant, il fut acquis par le prieur de Santa María de Meyá, puis passa en mains privées. Dès lors, seules des copies et des manuscrits dérivés furent accessibles à la communauté scientifique jusqu'à la redécouverte du manuscrit original en 1928[2].
Le codex comprend des copies de textes anciens et médiévaux célèbres, ainsi que des documents uniques. Les deux premiers tiers de la compilation reproduisent une seule œuvre : les Sept Livres d’Histoire contre les païens de Paul Orose. On y trouve également l’ Histoire des Goths, des Vandales et des Suèves d’Isidore de Séville, la Chronique prophétique (en)[3], l’Histoire de Melchisédech (en)[4], l’Histoire de Mahomet (en), le Tultusceptru de libro domni Metobii (en) et une généalogie de Jésus. Parmi les documents uniques figurent une liste de souverains arabes et des rois chrétiens des Asturies-León, de Navarre et de France ; une chronique du royaume de Navarre ; la Chronique d'Alphonse III ; une nécrologie des évêques de Pampelune ; et l’épître De laude Pampilone (en). Il contient également un chant en l’honneur de Léodegundia Ordóñez, reine de Navarre, par ailleurs inconnue[1],[2].
Malgré la diversité des documents qu'il contient, le manuscrit est surtout connu pour ses généalogies des dynasties ayant régné de part et d'autre des Pyrénées [2],[5]. Les généalogies du Codex de Roda ont joué un rôle crucial dans l'interprétation des rares sources historiques qui nous sont parvenues concernant ces dynasties. Les récits familiaux s'étendent sur cinq générations, jusqu'à la première moitié du Xe siècle. On y trouve notamment les souverains Íñiguez et Jiménez de Pampelune, les comtés d'Aragon, de Sobrarbe, de Ribagorce, de Pallars, de Toulouse et le duché de Gascogne. Il a récemment été suggéré que ces généalogies, qui rappellent l'œuvre d'Ibn Hazm, ont été établies dans un contexte musulman ibérique, dans la vallée de l'Èbre, et transmises en Navarre au moment de la compilation du codex[2],[5].
Contenu détaillé
Le codex se compose des textes suivants, classés par rubrique :
- fol. 1r–155r : Sept livres d’histoire contre les païens de Paul Orose[6]
- fol. 156r–177r : Histoire des Goths, des Vandales et des Suèves d’Isidore de Séville, intercalée avec sa Chronica Maiora, l’ histoire des Vandales et des Suèves (156r–159r) précédant la Chronica (159r–167r) et celle des Goths (167r–177r)[6],[7]
- fol. 177r–v : Article sur Alexandre, extrait de l’ Apocalypse du Pseudo-Méthode[7],[8]
- fols 186r–189v : Chronica Prophetica, un groupe de traditions mozarabes sur la domination musulmane en Espagne et son éventuel déclin[6],[8] :
- fol. 186r : Dicta de Ezecielis profeta[7]
- fol. 187r : Généalogia Sarracenorum[7]
- fols 187r–188r : Histoire de Mahometh[8]
- fol. 188v : Ratio Sarracenorum de sua ingressione en Espagne[7]
- fols 188v–189r : De Goti qui remanserint civitates Ispaniensis[7]
- fol. 189r : Hii sunt duces Arabum qui regnaverunt en Espagne[7]
- fol. 189r : Item reges qui regnaberunt en Espagne ex origine Ismaelitarum Beniumeie[7]
- fol. 189r–v : Usque rémanente ad diem sancti Martini[9]
- fol. 189v : Nomina regum catholicorum Legionensium, une liste des rois de León[7],[6]
- fol. 190r–v : Épistole de De laude Pampilone[7],[10]
- fols 191r–194r : un groupe de généalogies pyrénéennes[6]:
- fol. 191r–v : Ordo numerum regum Pampilonensium, les rois de Pampelune[7],[10]
- fols 191v–192r : Article alia parte regum[7],[10]
- fol. 192r–v : Item genres comitum Aragonensium, les comtes d'Aragon[7],[10]
- fol. 192v : Item nomina comitum Paliarensium, les comtes de Pallars[7],[10]
- fol. 192v : Item nomina comitum Guasconiensium, les comtes de Gascogne[7],[10]
- fol. 192v : Item nomina comitum Tolosanesium, les comtes de Toulouse[7],[10]
- fol. 193r–v : Nomina imperatorum qui christianis persequuti sunt, un récit de la persécution des chrétiens dans l'Empire romain, comprenant une liste des empereurs romains persécuteurs[6],[11]
- fol. 193v : Nomina sanctorum qui in arcibo Toletano repperta sunt (en), récit de saints vénérés dans les diptyques de l'église de Tolède[6], [7],[11]
- fol. 193v : Nomina Sebigotorum, une liste des rois des Wisigoths[6],[11]
- fol. 194r : De origine Romanorum[11]
- fol. 194r–v : De reges Francorum, une généalogie des rois de France[7],[10]
- fol. 195r : Agnoscamus générations quod processerunt a Noe, une généalogie de Jésus[11],[12]
- fol. 195r–v : De fabrica mundi, un poème pseudo-isidorien[7]
- fols 195v–196r : De laude Spaniae d'Isidore, un poème faisant l'éloge de l'Espagne[12]
- fol. 196r–v : une série de textes tirés de la Chronica Albeldense sous les rubriques Exquisitio Spaniaee, De septem miracula et De proprietatibus gentium[12]
- fol. 196v : De LXXII générations linguarum plus une courte déclaration qui commence Item de uitulorum carnibus[12]
- fols 197r–198r : dessins de Babylone, Ninive et Tolède[12] avec le court texte Historia de Octaviano et Septemsidero[13]
- fol. 198r : De laude Hispaniae, un poème faisant l'éloge de l'Espagne[7],[12]
- fols 198v-207r : Genealogia Christi, avec le texte De orbe terre et une carte T et O insérée aux fols 200v-201r[12]
- fols 207v–208r : De sexta etate seculi[12]
- fols 208r–209r : Ordo annorum mundi[12]
- fol. 209r–v : De natiuitate et passione et résurrectione Domini[12]
- fols 209v–210r : De fine mundi[12],[14]
- fol. 210v : De natura diaboli, un extrait de la Cité de Dieu d'Augustin[11]
- fol. 210v : deux courts textes intitulés Interrogatio et De Christo[11]
- fol. 211r : De ordinibus angelorum[11]
- fol. 211r : Numerus legionum avec une table[11]
- fol. 211v : Item sanctus Augustinus, un extrait du De Genesi ad litteram (en) d'Augustin[11]
- fol. 211v : extraits de Jérôme et Isidore[11]
- fol. 212r : De sepulcro Domini, un extrait des Collectiones de Smaragde de Saint-Mihiel[11]
- fol. 212v : Unde factus est corpus de Adam[7]
- fol. 212v : Liber generationum[11]
- fol. 213v : De sexe peccatis[7]
- fols 214r–215r : Item de cognitio ciuitas Ierusalem, une version abrégée du De situ terrae sanctae (en)[7],[11]
- fols 215r–216r : Item Dicta de Melcisethec (en)[4]
- fols 216v–217r : De natibitate Sancte Marie, un texte sur la nativité de Marie tiré de l' Évangile de Jacques, est barré d'une note marginale l'identifiant comme apocryphe (apogrifum)[7],[11]
- fols 217r-222r : deux formules de croyance, Iterum de beata Maria (217r) et Item de sancta Trinitate (217v-222r)[7],[11]
- fols 222r–225r : Conlatio Trinitatis sancti Agustini ad semetipsum[11]
- fols 225r–230v : Iterum dehinc domini Isidori dicit ad Trinitatem brebiter collecta, un traité sur la Trinité attribué à Isidore[7],[11]
- fol. 231r : De Pampilona[11]
- fol. 231r : Initium regnum Pampilonam[12]
- fol. 231v : Necrologium episcopale Pampilonense[12]
- fol. 232r–v : Versi domna Leodegundia regina, le premier épithalame européen survivant avec musique[7],[12]