Las Cogotas est un castro situé à Cardeñosa, dans la province d'Ávila, en Espagne. Le site présente deux périodes archéologiques: la première est datée de l'âge du bronze, entre environ 1550 et (Cogotas I), et la seconde appartient à l'âge du fer (Cogotas II).
Dans les années 1920, Juan Cabré effectue des fouilles qui permettent de distinguer deux établissements successifs sur le même site. Le premier correspond à l'âge du bronze et le second à l'âge du fer.
Cogotas I (âge du bronze)
Il semble qu'il s'agisse d'une population sédentaire, mais avec des habitations assez rudimentaires (simples huttes de pierre, de boue et de paille), qui pratique l'inhumation des morts.
Cogotas I (d'environ 1550 à ) est caractérisé par une poterie noire de forme tronconique décorée à l'aide de deux techniques: l'incision et la technique dite boquique. Il s'agit poterie noire grossière avec une décoration particulière, réalisée avec de petits poinçons ou des scies dentées avec lesquelles l'argile est enlevé, créant des traces pour l'incorporation ultérieure de la pâte blanche, capable de faire ressortir les motifs géométriques (oreilles, lignes et figures en zigzag).
Cette culture se développe dans les plaines du plateau central de la péninsule ibérique. Elle est contemporaine de la culture des champs d'urnes dans la vallée de l'Èbre au nord-est de la péninsule qui favorise l'arrivée de la culture celtique. Le sud de la péninsule subit lui des influences diverses.
Cogotas I
Civilisation de la péninsule ibérique vers 1500 av. J.-C. (âge du bronze moyen). La zone occupée par la culture Cogotas I est en orange.
Civilisation de la péninsule ibérique vers 1500 av. J.-C. (âge du bronze moyen). La zone occupée par la culture Cogotas I est en orange.
Cogotas I (1100-800 av. J.-C.): spécimen de céramique de Boquique provenant d'une sépulture découvert à San Román de Hornija et conservé au musée archéologique de Valladolid.
Cogotas I (1100-800 av. J.-C.): spécimen de céramique de Boquique provenant d'une sépulture découvert à San Román de Hornija et conservé au musée archéologique de Valladolid.
La deuxième phase dite «Celtique» correspond à l'âge du fer et donne au peuple des Vettons. À cette période, ce peuple commence à élever des forteresses dénommées «castro» et des sculptures de taureaux et de sangliers en granit comme les taureaux de Guisando ou ceux de Mingorría, dont la signification et la fonction nous sont encore inconnues. Ces animaux doivent avoir une importance particulière pour les Vettons, car de nombreuses représentations de taureaux et de sangliers se trouvent à proximité ou dans leurs établissements, où divers enclos pour le bétail sont également attestés. Selon Jesús Rafael Álvarez-Sanchís, il s'agit de symboles destinés à signaler les pâturages autour des principales agglomérations[1].
De la même manière que sur d'autres sites similaires, Las Cogotas comptait alors plusieurs enceintes, dont certaines destinées au bétail, et une importante nécropole.
La caractéristique la plus remarquable des Vettons est la présence de verracos et de taureaux de granit situés sur des terrains d'économie pastorale.
↑ Paul Cunisset-Carnot, Jean-Pierre Mohen et Jean-Pierre Nicolardot, «Une fibule “chypriote” trouvée en Côte-d'Or», Bulletin de la Société préhistorique française, vol.68, no2, , p.602-609 (lire en ligne)
↑ Paul Cunisset-Carnot, Jean-Pierre Mohen et Jean-Pierre Nicolardot, «Une fibule “chypriote” trouvée en Côte-d'Or», Bulletin de la Société préhistorique française, vol.68, no2, , p.602-609 (lire en ligne)
(es) Martín Almagro Gorbea et G. M. y Ruiz Zapatero, Paleoetnología de la Península Ibérica. Complutum 2-3, .
(es) Martín Almagro Gorbea et G. M. y Ruiz Zapatero, Los Celtas: Hispania y Europa, Madrid, Actas, .
(es) Jesús Rafael Álvarez-Sanchís, Los vettones, Madrid, Real Academia de la Historia, (1reéd. 1999) (ISBN978-84-95983-16-9, lire en ligne).
Articles
(es) Pedro V. Castro Martínez, Rafael Mico Pérez et Maria Encarna Sanahuja Yll, «Genealogía y cronología de la «cultura de Cogotas I»», Boletín del Seminario de Estudios de Arte y Arqueología, t.61, , p.51-118 (ISSN0210-9573, lire en ligne, consulté le ).
(en) Margarita Díaz-Andreu, «Complex societies in copper and bronze age Iberia: a reappraisal», Oxford Journal of Archaeology, vol.14, no1, , p.23-39.
(es) María Dolores Fernández-Posse y de Arnaiz, «La cultura de Cogotas I», Actas del Homenaje a Luis Siret (1934-1984), Séville, Ministero della cultura, , p.475-487.
(es) M. D. Fernández-Posse, «La cerámica decorada de Cogotas I», Zephirvs, t.39, , p.231-236 (ISSN0514-7336, lire en ligne, consulté le ).
(es) F. J. González-Tablas, «Las murallas de Las Cogotas y La Mesa de Miranda. Apuntes a la arquitectura defensiva de los vettones», Zephyrus, no44, , p.63-79.
Chapitres
(es) Jesús Rafael Álvarez-Sanchís, «Los Vettones», dans Martín Almagro Gorbea et Jesús Rafael Álvarez-Sanchís, Celtas y Vettones. Catálogo de la exposición, Ávila, , 3eéd..
(es) Jesús Rafael Álvarez-Sanchís, G. Ruiz Zapatero, J. E. Benito et P. Alonso, «Las Cogotas: anatomía de un oppidum vettón», dans M. Main et E. Terés, Homenaje a Sonsoles Paradinas, Ávila, Asociación de Amigos del Museo de Ávila, , p.73-94.
(es) Germán Delibes de Castro, «El calciolítico: la aparición de la metalurgia», dans Historia de Castilla y León, vol.1: La prehistoria del Valle del Duero, Valladolid, Ambito Ediciones, (ISBN84-86047-45-5), p.36-53.