Coherence (film, 2013)
film sorti en 2013
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Coherence est un film américain réalisé par James Ward Byrkit (en) sorti en 2013.
Alex Manugian
Hugo Armstrong
Emily Foxler
| Réalisation | James Ward Byrkit (en) |
|---|---|
| Scénario |
James Ward Byrkit Alex Manugian |
| Musique | Kristin Øhrn Dyrud |
| Acteurs principaux |
Nicholas Brendon Hugo Armstrong Emily Foxler |
| Sociétés de production |
Bellanova Films Ugly Duckling Films |
| Pays de production |
|
| Genre | Thriller, science-fiction |
| Durée | 89 minutes |
| Sortie | 2013 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
Huit amis se réunissent pour un dîner chez Mike et Lee alors qu'une comète passe. Emily hésite à accompagner son petit ami Kevin lors d'un long voyage d'affaires à l'étranger. Amir a amené Laurie, l'ex-petite amie de Kevin, qui flirte de manière inappropriée avec Kevin.
Une coupure d'électricité se produit lors du repas. Mike et Lee apportent des bougies et des bâtons lumineux de différentes couleurs. Chacun prend un bâton lumineux bleu et ils s'aventurent dehors où le quartier est sombre à l'exception d'une maison éclairée. De retour à l'intérieur, ils remarquent un verre brisé que personne ne se souvient avoir endommagé. Amir et Hugh décident de demander à utiliser le téléphone de la maison éclairée, car le frère physicien de Hugh a insisté pour que ce dernier l'appelle si quelque chose d'étrange devait se produire lors du passage de la comète, car aucun téléphone portable n'a du réseau.
Hugh et Amir reviennent. Hugh a une coupure au front et Amir a ramené une boîte contenant une raquette de ping-pong et des photos de tout le monde avec des numéros écrits au dos. Hugh dit qu'il a vu par la fenêtre de l'autre maison une table avec huit places. Ils se rendent compte que l'autre maison est une version alternative de la leur.
Hugh écrit une note qu'il laisse à l'autre maison, mais il trouve une copie exacte de la note épinglée sur leur propre porte. Emily, Kevin, Mike et Laurie décident de se rendre dans l'autre maison. En chemin, ils rencontrent un autre groupe de quatre personnes portant des bâtons lumineux rouges plutôt que bleus. Chaque groupe s'enfuit vers sa maison.
Hugh récupère dans sa voiture le livre de son frère, qui traite de la décohérence quantique. Ils supposent que la comète a créé deux réalités séparées, dont l'une s'effondrera une fois la comète passée. Ils supposent que toute personne traversant la zone d'obscurité particulièrement dense à l'extérieur émergera dans une réalité différente. Mike boit beaucoup et envisage de tuer leurs doubles avant que ceux-ci ne les tuent.
Hugh et Amir se rendent compte, grâce aux bâtons lumineux rouges qu'ils portent dans leurs poches, qu'ils viennent de l'autre maison. Ils prennent la boîte et partent avant que les autres ne s'en aperçoivent. Peu après, Hugh et Amir reviennent avec des bâtons lumineux bleus, révélant au groupe qu'ils ont été absents pendant tout ce temps et qu'ils viennent juste de revenir. Ils ont trouvé deux notes dans l'autre maison, ce qui montre que la séparation a créé plus que deux réalités alternatives. Beth voit Laurie embrasser Kevin dans le couloir. Quelqu'un à l'extérieur brise la vitre de la voiture de Hugh. Emily récupère la bague que Kevin lui a offerte dans sa voiture. En parlant à Kevin, Emily se rend compte qu'il vient d'une autre réalité.
Le groupe crée sa propre boîte pour confirmer qu'ils appartiennent tous à la même réalité. En plus de numéroter les photos en lançant un dé, ils ajoutent un objet choisi au hasard. Emily en déduit que seuls Lee et Beth, qui n'ont jamais quitté la maison, sont originaires de cette maison ; qu'elle-même, Kevin et Laurie viennent d'une autre maison ; que Hugh et Amir viennent d'une troisième maison ; et que Mike vient d'une quatrième. La lettre de chantage arrive sous la porte, révélant une liaison adultère passée entre lui et Beth. Un autre Mike entre par effraction, attaque son double et s'en va.
Emily sort et examine plusieurs maisons alternatives, découvrant différentes situations, dont une où personne ne semble être au courant de la séparation. Elle attire tout le monde hors de la maison en brisant la vitre de la voiture de Hugh, puis tend une embuscade à l'autre Emily et lui injecte de la kétamine lorsqu'elle sort sa bague de sa voiture. Elle prend la place de son alter ego pendant que la comète de Miller se disloque au-dessus de sa tête, mais doit à nouveau maîtriser l'autre Emily lorsqu'elle se glisse dans la salle de bain. Elle prend la bague de sa victime après avoir perdu la sienne dans l'altercation, puis retourne dans le salon et s'évanouit.
Emily se réveille à la lumière du jour sur le canapé, sans que le reste de la fête s'en aperçoive. Kevin lui rend sa bague qu'il a trouvée dans la salle de bains. Son téléphone portable sonne et il remarque que, bizarrement, c'est Emily qui appelle. Emily regarde les deux bagues pendant que Kevin répond au téléphone, puis il se tourne vers elle avec le téléphone à l'oreille.
Fiche technique
- Titre : Coherence
- Réalisateur : James Ward Byrkit (en)
- Scénario : James Ward Byrkit et Alex Manugian
- Musique : Kristin Øhrn Dyrud
- Photographie : Arlene Muller et Nic Sadler
- Montage : Lance Pereira
- Effets spéciaux : Digital Sandbox
- Production : Lene Bausager, Doug Blake, Alyssa Byrkit, James Ward Byrkit et Alex Manugian
- Société de production : Bellanova Films et Ugly Duckling Films
- Pays de production :
États-Unis - Genre : thriller et science-fiction
- Durée : 89 minutes
- Dates de sortie : :
- États-Unis : (Fantastic Fest), (Internet)
- France : (DVD)
Distribution
- Nicholas Brendon : Mike
- Hugo Armstrong : Hugh
- Emily Foxler : Em
- Elizabeth Gracen : Beth
- Maury Sterling : Kevin
- Lorene Scafaria : Lee
- Alex Manugian : Amir
- Lauren Maher : Laurie
Production
Genèse et développement
Le projet naît d'une frustration créative et d'une nécessité économique. Byrkit, graphiste de formation ayant travaillé notamment sur les storyboards des Pirates des Caraïbes de Gore Verbinski [1], cherche à s'affranchir des contraintes du système hollywoodien. Il conçoit l'histoire originale en collaboration avec son ami d'enfance Alex Manugian, lui-même scénariste, dans le but explicite de « faire un film sans budget, sans script, sans équipage et sans distribution » [1]. Cette démarche s'inscrit dans une volonté de retour aux fondamentaux narratifs, loin des « blockbusters stupides » et des superproductions où Byrkit s'était illustré comme artiste conceptuel [1],[2].
Le cœur conceptuel du film repose sur la physique quantique et le principe de « cohérence », notion empruntée à la mécanique ondulatoire. Manugian, passionné par la science, introduit ces éléments théoriques qu'il a découverts lors de conférences sur la physique [1]. L'histoire développe le scénario catastrophe d'une comète passant au-dessus d'une maison où huit amis dînent ensemble, créant des boucles temporelles et des réalités parallèles où chaque version des personnages existe simultanément. Byrkit décrit ce dispositif comme une « boîte à malice » où « chaque objet et chaque décision pourrait avoir deux résultats possibles » [2].
Le développement du scénario suit une méthode inhabituelle. Byrkit élabore un traitement détaillé de douze pages, structurant les séquences clés et les transitions narratives, mais réfrène explicitement toute envie d'écrire un dialogue complet. Cette décision relève d'une volonté de capturer « quelque chose de magique qui arrive quand les gens ne savent pas ce qui va se passer » [1], rejetant la rigidité des scripts traditionnels où « on sent qu'ils récitent des mots qu'ils n'ont pas choisis eux-mêmes » [1].
Attribution des rôles
Le casting s'effectue selon des critères hybrides mêlant proximité relationnelle et compétence technique. Byrkit recherche des acteurs capables d'improviser tout en maintenant une structure dramatique cohérente, une combinaison qu'il juge rare à Hollywood où « beaucoup d'acteurs ne peuvent pas improviser » [1]. Sa méthode consiste à rassembler les candidats potentiels pour des sessions de jeu d'une heure, observant leurs interactions et leur capacité à « créer ensemble » [1].
La distribution finale comprend des acteurs principalement connus du petit écran : Emily Baldoni (alors Foxler), Hugo Armstrong, Nicholas Brendon, Elizabeth Gracen, Lauren Maher, Alex Manugian — qui endosse également un rôle à l'écran —, Lorene Scafaria et Maury Sterling. Cette assemblée présente l'avantage de relations préétablies : certains se connaissaient déjà, d'autres ont été appariés en fonction de leur dynamique observée lors des répétitions [1]. Nicholas Brendon, interprète d'Alex dans Buffy contre les vampires, apporte une notoriété particulière, tandis que la présence d'Alex Manugian garantit une compréhension organique des enjeux conceptuels du récit.
Tournage
Le tournage s'étend sur cinq nuits consécutives dans la maison même de James Ward Byrkit à Santa Monica, Californie [1],[2]. Cette localisation répond à l'exigence de confidentialité et de contrôle total : « Ma femme et moi avons une maison à Santa Monica qui est parfaite pour ça, donc nous pouvions faire tout ce que nous voulions », explique le réalisateur [1]. L'intimité du lieu permet d'éviter les complications logistiques traditionnelles et de maintenir l'ambiance de « soirée entre amis » essentielle au récit.
La méthode de travail repose sur une préparation paradoxale : rigoureuse dans sa structure, libre dans son exécution. Chaque soir, les acteurs reçoivent des fiches individuelles — « des notes sur leur personnage, où ils en sont dans l'histoire, ce qu'ils savaient, ce qui se passait dans la pièce » [1] — sans jamais connaître les informations détenues par leurs partenaires de scène. Cette opacité partielle vise à générer des réactions authentiques de surprise et de découverte. Byrkit contrôle l'ensemble depuis une pièce isolée, communiquant avec l'équipe via des écouteurs pour déclencher les événements scénaristiques : coupures de courant, sons étranges, ou instructions spécifiques à certains personnages [1].
L'équipe technique se limite à l'essentiel : une directrice de la photographie, deux assistants caméra, un preneur de son et un régisseur assistant constituant l'intégralité du personnel technique [1]. Byrkit assume lui-même la fonction d'opérateur de la caméra principale, employant un style de prise de vue documentaire où « l'action règle le cadre » [2]. Les mouvements de caméra suivent l'improvisation des acteurs sans chorographie préétablie, créant une esthétique volontairement « frénétique et accidentelle » [2]. Le réalisateur justifie cette approche par une volonté d'authenticité : « Je ne voulais pas que ça ressemble à un film hollywoodien où vous sentez les acteurs réciter des mots qu'ils n'ont pas choisis eux-mêmes » [1].
Des éléments techniques ponctuent le tournage pour guider l'improvisation : des boîtes lumineuses placées dans la pièce s'allument et s'éteignent selon les impératifs scénaristiques, déclenchant des réactions spontanées des interprètes. Byrkit décrit le processus comme une « expérience sociale » où il « testait les limites de leur personnage » tout en maintenant une progression narrative cohérente [1].
Accueil
La réception du film souligne sa capacité à transformer des contraintes économiques en forces stylistiques [1], créant une atmosphère de paranoïa sans effets spéciaux coûteux. La structure en huis clos — évoquant Ils étaient dix ou The Thing — est réinterprétée par la science-fiction quantique [3]. Byrkit lui-même note : « Je ne voulais pas que ça ressemble à un film hollywoodien où vous sentez les acteurs réciter des mots qu'ils n'ont pas choisis eux-mêmes » [1].
L'improvisation des acteurs produit des interactions crédibles, malgré une maîtrise technique inégale : luminosité fluctuante et cadre instable, volontairement documentaires, peuvent désorienter [1],[2]. Le film acquiert la réputation de « film dont il faut savoir le moins possible avant de le voir » [2], rejoignant des œuvres comme Identity. Byrkit insiste : « Je savais que ça devait marcher avec un public » [2], confirmant que l'absence de script n'exclut pas l'ingénierie narrative.
Coherence obtient 65 % sur Metacritic[4].