Col du Mont
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| Col du Mont | ||||||
| Altitude | 2 636 ou 2 639 m[1],[2] | |||||
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| Massif | Alpes grées (Alpes) | |||||
| Coordonnées | 45° 36′ 08″ nord, 6° 58′ 55″ est[1],[2] | |||||
| Pays | | |||||
| Vallée | Vallée de la Tarentaise (ouest) | Valgrisenche (est) | ||||
| Ascension depuis | Sainte-Foy-Tarentaise | Valgrisenche | ||||
| Accès | sentier | sentier | ||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Italie
Géolocalisation sur la carte : Savoie (département)
Géolocalisation sur la carte : Vallée d'Aoste
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Le col du Mont est un col qui relie la vallée de la Tarentaise, en France, au Valgrisenche, en Italie. Il se situe dans les Alpes, à 2 636 ou 2 639 mètres d'altitude, et est accessible par voie pédestre uniquement.
Le col est un passage entre le bec de l’Âne au nord (ou Grand bec du Mont, 3 213 m) et la pointe d'Archeboc au sud (3 272 m). Il se prolonge sur le versant italien par le glacier d’Ormelune[3]. Du col coule en France le ruisseau du Mercuel, dans le vallon du même nom[4].
Côté français, le col est accessible à pied par un sentier passant par le refuge de l’Archeboc[5] et le vallon de Mercuel[6]. Cet itinéraire est utilisé dès l’installation des premiers habitants de la vallée pour passer vers le Valgrisenche[6].
Du côté italien, le sentier 13 permet de rejoindre le col à partir de Valgrisenche[7].
Histoire
Époques romaine et médiévale
Le col du Mont est utilisé comme voie de passage vers Aoste dès l’époque romaine ; certains toponymes pourraient être dérivés du latin, comme celui du vallon de Mercuel (du dieu Mercure)[8].
Le passage est attesté pendant l’Antiquité et au Moyen Âge grâce à des vestiges archéologiques ; la route par le col du Mont pouvait en effet être pratiquée plus facilement et plus longtemps dans l’année, contrairement au col voisin du Petit-Saint-Bernard[9]. Elle présente de plus l’avantage d’être proche d’Aoste et de la route du Grand-Saint-Bernard[9].
Époque moderne
À partir du XVIIe siècle, la région de Valgrisenche, en Italie, acquiert une importance militaire, et les ouvrages de fortification se multiplient pour empêcher une éventuelle invasion française[9]. On trouve des traces de présence militaire italienne au col en 1597, et une carte de 1703 met en évidence des retranchements vers le col[9].
Entre 1792 et 1800, le col du Mont est le théâtre de combats à la suite de la Révolution française ; il est tenu par les Piémontais[10], emmenés par Jean-François Chamonin, natif de Valgrisenche, et par un autre valdôtain, Claude-Joseph Darbelley, après le départ des troupes du roi de Sardaigne : les habitants de la région ont alors gardé les armes et matériels abandonnés par l’armée pour prendre en charge la défense de la vallée[9]. Le 4e bataillon de l’Ain, mené par Thomas Bernard, est stationné à Sainte-Foy-Tarentaise[11]. On attribue au commandant Bernard la phrase suivante : « Ou je prends le col du Mont, ou je meurs, ou je brûle le Miroir ! »[n 1],[12]. En 1795, les armées françaises menées par le commandant Bernard parviennent, après leur troisième tentative, à reprendre le col du Mont aux piémontais ; cette offensive est menée le à partir de minuit par trois groupes de soldats, pour un total de 1 500 hommes : le troisième groupe, celui du commandant Bernard, est bloqué par les conditions climatiques sur le glacier de la Sassière, et beaucoup périssent[13], mais les deux premiers groupes surprennent le matin l’armée italienne, qui abandonne ses positions[12].
Les habitants de Sainte-Foy-Tarentaise sont ensuite mis à contribution en 1799 pour construire des baraquements militaires au col du Mont[12], côté français.
Du côté de Valgrisenche, une caserne est bâtie dans les années 1890 pour abriter 300 hommes[9].
Seconde Guerre mondiale
Durant la Seconde Guerre mondiale, le col est utilisé par les troupes italiennes pour descendre sur Sainte-Foy-Tarentaise, qui est partiellement occupée par les Italiens, puis les Allemands à partir de 1943[14].
Le , 51 ouvriers piémontais de l'usine Cogne et quatre soldats participent à une opération de ravitaillement de la garnison allemande[15] ; les conditions climatiques sont mauvaises, les travailleurs mal équipés, et le ravitaillement n’est pas urgent, mais les ordres sont quand même donnés[16]. La colonne est prise dans une avalanche, et 33 des ouvriers ainsi que deux soldats y meurent[16].
Le col est finalement libéré en après l’intervention des 7e[17] et 27e bataillon de chasseurs alpins[14].
D’après-guerre à nos jours
Une croix est érigée en mémoire des soldats tombés pendant la Seconde Guerre mondiale[18].
En 2015, une stèle est posée du côté italien en mémoire des victimes du [15].