Colin McGinn
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| Naissance | West Hartlepool (Royaume-Uni) |
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| Nationalité |
Britannique |
| Formation | |
| École/tradition | |
| Principaux intérêts | |
| Idées remarquables |
Mystérianisme, clôture cognitive |
| Influencé par |
Colin McGinn est un philosophe britannique appartenant au courant analytique, né le à West Hartlepool en Angleterre. Il a enseigné la philosophie dans plusieurs établissements universitaires d’Europe et des États-Unis dont le University College de Londres et l’université d’Oxford en Angleterre. Il a été, entre 2006 et 2013, professeur de philosophie à l’université de Miami aux États-Unis.
McGinn est reconnu pour l’importance de son travail en philosophie de l’esprit. Il a notamment été à l’initiative d’une conception naturaliste de l’esprit désignée par le terme de « néo-mystérianisme », conception selon laquelle les capacités cognitives de l’homme ne lui permettent pas de résoudre certains problèmes théoriques, dont celui de la nature de la conscience. C’est le neurobiologiste Owen Flanagan qui a introduit en 1991 le terme de « néo-mystérien » (« new mysterian ») pour décrire la position de McGinn.
Depuis 1989, année de la rédaction de son premier article exposant cette thèse (« Can We Solve the Mind-Body Problem »), McGinn se consacre au développement et à la communication de cette pensée, ainsi qu'à d'autres sujets en lien avec la philosophie de l'esprit, la métaphysique et la philosophie des sciences.
Néo-mystérianisme et naturalisme existentiel
Contrairement au « mystérianisme » classique, le néo-mystérianisme de McGinn n’est pas une position dualiste sur le plan ontologique mais une conception naturaliste du monde et de l’esprit. McGinn insiste en effet sur le fait que si l’esprit humain ne peut pas comprendre la nature de la conscience, ce n’est pas parce qu’un tel phénomène aurait quelque chose de surnaturel qui résisterait à toute rationalisation, mais seulement parce que notre appareil cognitif ne nous permet pas une telle rationalisation. Il qualifie ainsi sa thèse de naturalisme transcendantal (ou existentiel), thèse métaphysique qui affirme que :
- rien de ce qui existe dans le monde n’est en soi irrationnel ou surnaturel
- l’existence d’une chose ne dépend pas du fait de pouvoir être compris ou expliqué par nous
Clôture cognitive et dualisme épistémique
McGinn a défendu pour la première fois cette position dans son article « Can We Solve the Mind-Body Problem? » (Mind, 1989). Là, il y expose la notion nouvelle de « clôture cognitive » :
- « Un esprit de type M est fermé cognitivement à une propriété P (ou une théorie T) si, et seulement si, la procédure de formation des concepts dont dispose M ne peut s’étendre à la saisie de P (ou à une compréhension de P)»[1]
La nature profonde de la conscience ainsi que les propriétés du cerveau susceptibles d’expliquer la relation psychophysique appartiendraient à ce genre de propriété.
Pour justifier l’existence de cette limitation intellectuelle concernant le problème difficile de la conscience, McGinn met en avant le fait qu’il n’existe que deux manières d’appréhender l’esprit : par introspection, et par étude empirique du cerveau. Ces deux voies d’accès sont nécessairement limitées et insatisfaisantes car elles ne nous donnent accès qu’à l’un des aspects du problème de la conscience: l’aspect phénoménal dans le cas de l’introspection, l’aspect physique dans le cas de l’étude empirique. Puisque notre connaissance du cerveau et celle de la conscience passent nécessairement par ces facultés cognitives distinctes, une connaissance même approfondie de ces deux termes ne peut nous permettre de comprendre la relation psychophysique.
Pessimisme épistémologique et optimisme philosophique
Il y a une certaine ambivalence dans la position de McGinn entre une forme radicale de pessimisme épistémologique quant à la possibilité de trouver une solution satisfaisante au problème de la conscience, et une attitude philosophique raisonnablement optimiste qui nous encourage à sortir de ce problème, certes fondamental, mais pour nous insoluble. En renonçant à toute tentative présomptueuse et vaine d’expliquer la nature de la conscience ainsi que le phénomène associé de la relation corps/esprit, nous pourrions alors nous sortir de la perplexité dans laquelle ce questionnement philosophique fondamental nous plonge.