Collecte Localisation Satellites
société opératrice des systèmes satellitaires Argos et Doris
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Collecte Localisation Satellites (CLS), filiale du Centre national d'études spatiales (CNES) et de la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP), est une société internationale spécialisée dans la fourniture de solutions d'observation et de surveillance de la Terre depuis 1986.
| Collecte Localisation Satellites | |
Logo de CLS. | |
| Création | 1986 |
|---|---|
| Forme juridique | Société à mission |
| Slogan | Pour la Terre, depuis l'espace |
| Siège social | Ramonville-Saint-Agne |
| Président | Stéphanie Limouzin |
| Actionnaires | CNES, CNP |
| Activité | Domaine spatial |
| Société mère | CNES |
| Filiales | Woods Hole Group, Tre Altamira, CLS UK (Fulcrum Maritime), CLS Pérou, CLS Indonesia, CLS Southern Africa, CLS Oceania, Meteodyn, CLS Brasil (PROOCEANO), CLS Japan (CUBIC-I), Meteodyn, EIS ME, Quiet-Oceans, Ground Control, NGIS |
| Effectif | 1200 |
| SIREN | 338034390 |
| TVA européenne | FR95338034390 |
| Site web | https://www.cls.fr/ |
| Chiffre d'affaires | 193 millions € (2024) |
| Société précédente | Service Argos du Centre national d'études spatiales (d) |
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L’entreprise fournit notamment des services satellitaires basés sur la localisation et la collecte de données environnementales[1].
Contexte : le système Argos
Le système Argos (du grec Argos (Panoptès), géant légendaire doté d'un très grand nombre d'yeux) est créé en 1978 par l'agence spatiale française (le Centre national d'études spatiales ou CNES),l'agence américaine d'étude de l'atmosphère et de l'océan (NOAA) et l'agence spatiale américaine (NASA). C'est un système mondial de collecte, de traitement et de diffusion d'informations provenant de plateformes mobiles (balises) avec une couverture s'étendant au monde entier grâce à l'utilisation de système de recueil des données utilisant des satellites. Il est conçu initialement comme un outil de collecte de données pour la recherche météorologique et océanographique avec des balises installées sur des bouées dérivantes. Par la suite il est utilisé pour suivre le déplacement d'espèces animales grâce au recours à des balises miniaturisées. Il vient ainsi compléter les système de radiotracking utilisant un récepteur terrestre. Une application très médiatisée est le suivi des courses de voiliers hauturiers qui ont permis de localiser les navires en détresse. De nos jours le système Argos est utilisé de manière quasi exclusive pour l'étude et à la protection de l'environnement à l'échelle planétaire.
Historique
Création de CLS (1986)
En 1986, le CNES crée la filiale CLS dans le but de prendre en charge la gestion du système Argos. La société compte initialement 25 personnes réparties entre Toulouse et les États-Unis. L'établissement français est basé à Ramonville-Saint-Agne dans la banlieue de Toulouse où se trouve également le siège du CNES[2]. La même année l’explorateur Jean-Louis Étienne parvient à rallier le pôle Nord magnétique tout en étant équipé d’une balise Argos[3].
Durant les années 1980, le suivi par satellites des animaux a commencé à se répandre (ours polaires, albatros, caribou…) grâce aux colliers ou « sac à dos » Argos[4].
Décennie 1990
En 1992, le satellite nommé TOPEX/Poseidon est lancé et permet à CLS de mesurer le niveau moyen de la mer[5].
Noël 1996 correspond à la première intervention de la filiale du CNES dans une opération de sauvetage. C’est lorsque le bateau de Raphaël Dinelli, un des participants du Vendée Globe, se retourne et qu’il se retrouve seul sur la coque de son bateau au beau milieu de l’océan que les balises Argos qu’il transporte permettent de le localiser et de le secourir[6].
Décennie 2000
L’année 2000 correspond à l’entrée de CLS dans la sécurité maritime : lorsqu’un cargo fut attaqué dans le détroit de Malacca et que son capitaine déclencha son système d’alerte anti-piraterie fourni par l’entreprise[7].
À la demande directe du chef de l’État français en 2003, CLS s’implique dans la lutte contre les méfaits de la pêche illégale ayant lieu dans l’archipel des Kerguelen, Terres australes et antarctiques françaises[8].
Cette même année, la filiale Novacom Services équipe et suit une flotte humanitaire de terminaux satellitaires pour le compte de la croix rouge[9].
C'est enfin en 2007, que les experts du Groupe Inter-gouvernemental sur l’évolution du climat se servent de la courbe du niveau moyen de la mer, généré par CLS et ses partenaires (CNES, Legos), pour alerter sur l’importance de réagir face au réchauffement climatique[10].
En 2008, CLS veille à la sécurité des skippers du Vendée Globe et détecte notamment plus de 1 000 icebergs sur la durée de la course[11].
Décennie 2010
En 2012, CLS met en place un système de prédiction des phénomènes océaniques et propose également un service de détection des pollutions accidentelles. Ces deux innovations sont destinées à accompagner les entreprises pétrolières dans le respect des normes environnementales écoresponsables.
Cette même année, CLS prédit une éruption solaire et aide ainsi Arianespace à prévoir le tir de l’ATV.
En , la société remporte trois contrats, en Inde, au Sri Lanka, en Thaïlande. Chaque contrat pèse environ un demi million d'euros[2]. Ce projet visait dès 2012 à établir des pêches durables en Indonésie grâce à une bonne gestion environnementale côtière et à une meilleure lutte contre la pêche illégale. Ces objectifs seront réalisés à partir de l’exploitation et de la valorisation de données océanographiques spatiales[12].
En 2015, CLS soutient la construction du Grand Paris Express[13] (200 km de métro, 68 nouvelles gares…), en utilisant ses solutions pour surveiller cette activité. La même année, Paris accueille la COP 21 et CLS est sollicitée pour exposer au président de la République française, François Hollande, ses solutions pour l’environnement et le climat[14].
En 2017, CLS acquiert la société française SIRS[15]. En février 2017, la société américaine Woods Hole Group est rachetée par CLS[16].
Le est annoncé la création de la filiale Kinéis qui doit déployer une constellation de nano-satellites. L'objectif est de fournir des mini-balises Argos et profiter des technologies numériques IoT pour proposer une nouvelle connectivité simple, efficace et qui couvrirait le monde entier[17].
En a lieu une fusion de la filiale Novacom Services avec CLS[18]. Les deux entreprises fusionnent en [19].
Décennie 2020
En , CLS travaille avec la Marine nationale pour la mise en place des services Trimaran III, un système sans précédent basé sur l’exploitation de données satellitaires multi-capteurs[20]. En mars 2021, CLS rachète la société australienne MSI et la société sud africaine Lwandle, et développe respectivement ses filiales CLS Oceania en Australie et CLS Southern Africa en Afrique du Sud. En octobre 2021, CLS rachète la société Meteodyn[21], experte en ingénierie du vent, en météorologie et en climatologie, spécialisée dans le développement de logiciels et de services à destination des énergies renouvelables, de l’urbanisme et de la sécurité face au vent.
Le Groupe CLS a réalisé un chiffre d’affaires de près de 140 millions en [22].
En 2024, CLS fait l'acquisition de l'entreprise Enviro & Industrial Solutions Middle East, basé au Moyen Orient[23]. Elle rachète la même année la société française Quiet-Oceans, basée à Brest en France[24].
En 2025, l'Agence de météorologie, climatologie et géophysique d'Indonésie choisit CLS pour renforcer sa météorologie marine avec un contrat historique pour la société[25]. Le , Stéphanie Limouzin devient Présidente du groupe CLS[26]. Le 8 octobre 2025, CLS annonce l’acquisition de Ground Control[27], entreprise basée au Royaume-Uni et aux États-Unis, spécialisée dans les solutions de connectivité IoT satellitaire et hybride.
En 2026, CLS fait l'acquisition de la société australienne NGIS[28].