Collection de plans du musée national de la Marine
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La collection de plans du musée national de la Marine est un fonds documentaire qui rassemble des dessins et plans d’architecture navale, datant du XVIIe siècle à l’époque contemporaine. Il témoigne de l’histoire de la construction navale en France et de l’évolution des techniques de représentation et de conception des navires.
Le fonds atteste des débuts du dessin d’architecture navale en France. Le plan du bâtiment à construire ne s'impose sur les chantiers qu'à partir des années 1710. Avant cette date, la réalisation de plans est une pratique peu courante chez les maîtres charpentiers. Le musée conserve trois plans originaux de l’ingénieur-constructeur François Coulomb (1654-1717), issu de la première génération de constructeurs navals de la fin du XVIIe siècle. Les plans de construction et de décoration datant de la fin du XVIIe siècle témoignent de la mutation décisive, décelable dès 1679, dans le domaine de la construction navale[1],[2].
Les conditions d’entrée de ce fonds dans les collections du musée sont incertaines. Il pourrait s’agir de plans ayant servi à l’apprentissage des élèves de l’École des ingénieurs-constructeurs, ensuite intégrés aux collections de la salle de Marine au Louvre ou reversés au musée par le ministère de la Marine au cours du XIXe siècle[1],[2].
La première mention explicite du fonds ancien dans les collections du musée remonte à une liste manuscrite de l'amiral François-Edmond Pâris, conservateur du musée de 1871 à 1893. Il relate avoir trouvé ces dessins dans un «grand carton en », soit quelques semaines après sa prise de fonctions au musée[2],[3]. Considéré comme l’un des fondateurs de l’ethnographie navale, celui-ci enrichit la collection par ses propres relevés de navires observés lors de voyages à travers le monde. Il entreprend également la publication de Souvenirs de marine conservés, un ouvrage rassemblant des plans et dessins de divers navires et bateaux, visant à les inscrire dans une perspective patrimoniale[4].
Le fonds moderne se caractérise par une grande diversité. Les marines de pêche, de commerce et de plaisance y sont représentées grâce à des plans d'architectes navals tels que Louis Julienne, Henri Dervin, Georges Soé, François Camatte ou Eugène Cornu. Le fonds Dubigeon comprend environ 50 plans des derniers grands voiliers de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Le fonds de la compagnie d'Orbigny provient de la famille du même nom[5]. Ces fonds documentent l’industrialisation de la construction navale amorcée durant la seconde moitié du XIXe siècle et la professionnalisation du métier d'architecte naval[1].