Comité de secours pour l'Arménie

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Le Comité de secours pour l’Arménie est une organisation internationale d’obédience communiste, émanant du gouvernement de la République socialiste soviétique d'Arménie, liée à l’Internationale communiste, qui a existé de à .

Son importance était due à la présence dans de nombreux pays du monde d'une diaspora arménienne, au sein de laquelle elle avait à lutter contre d’autres organisations opposées au régime soviétique.

La branche française était liée au PCF, plus particulièrement à la MOI ; c’est dans cette organisation que Missak Manouchian, adhérent en 1934, a exercé ses premières responsabilités politiques.

Les formulations courantes : « Comité de secours pour l’Arménie », « Armenian Relief Committee », etc., sont la traduction de l’arménien « Hay(astani) Oknoutian Komité »[1], qui en fonction de différences dialectales peut aussi être « Hay(astani) Oknoutian Gomidé » (on trouve aussi des transcriptions « Haï »[2], « Ocnoutian » et « Comité »).

Ces différences provoquent un problème, dans la mesure où le sigle utilisé pour désigner cette organisation, au moins en France, n’est pas fondé sur la formulation française (CSA), mais sur la formulation arménienne, en fonction de laquelle on peut rencontrer dans la pratique trois sigles, HOK, HOC ou HOG, par exemple (cf. bibliographie pour les références) :

  • HOC est employé par Philippe Robrieux (L’Affaire Manouchian) et par quelques sites ;
  • HOG par Cyril Le Tallec (La Communauté arménienne en France) qui indique que c’est la forme présente sur les cartes de membres de la section française[3] ;
  • HOK par Astrig Atamian (Les Arméniens communistes en France, une histoire oubliée) et Anahide Ter-Minassian (Histoires croisées).

Pour des raisons pratiques, cette page utilise le sigle HOK pour désigner l’organisation internationale et HOG pour la section française.

Quelques éléments sur l'histoire de l'Arménie

En ce qui concerne les Arméniens de l'Empire ottoman, les persécutions des années 1890 ont amené la création d'un premier Comité de secours, organisé autour de la communauté arménienne aux États-Unis, le National Armenian Relief Committee (en) ; une autre organisation est créée en 1910, l'Armenian Relief Society (en) (ARS ou HOM).

L'Arménie sous domination russe devient indépendante à la fin de 1917 dans le cadre d'une République démocratique fédérative de Transcaucasie (avec la Géorgie et l'Azerbaïdjan), puis totalement indépendante en  ; cette Première République d'Arménie est soviétisée au début de , puis entre dans la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie en , entité qui intègre l'URSS en décembre. La RSFST disparaît en 1937, l'Arménie est alors érigée en République socialiste soviétique, statut qu'elle conserve jusqu'en 1991.

Historique du HOK

Le HOK est créé le par un décret du Conseil des commissaires du peuple[4]. Il est placé sous le patronage d'intellectuels arméniens jugés neutres comme Hovhannès Toumanian, Léo, ainsi que des activistes ralliés à la cause soviétique comme Aramaïs Erzinkian, Grigor Vartanian, Alexandre Miasnikian et Drastamad Ter Simonian[4].

En 1921, Hovhannès Toumanian mène une délégation du HOK à Istanbul, qui suscite un certain enthousiasme auprès des Arméniens stambouliotes, provoquant notamment le ralliement d'une cinquantaine d"organisations culturelles et de bienfaisance qui se mobilisent pour lever des fonds et envoyer du matériel[5].

Le HOK fait appel à des organisations internationales, comme le Near East Relief, qui ravitaille l'Arménie jusqu'en 1924[4].

L'organisation est, dans l'entre-deux-guerres, le principal instrument de la politique dirigée par l'Arménie en direction de la diaspora, définie en particulier par l'Appel aux travailleurs arméniens des communautés (1922)[6].

Les premières sections, en dehors du monde soviétique, sont créées en Iran (la première section est créée en à Tabriz[7]) et en Grèce, puis dans plusieurs pays occidentaux vers 1924-1925. En tout, le HOK crée 200 sections qu'il pilote depuis Erevan, et revendique 10 000 membres au début des années 1930 dans de nombreux pays : Russie, Transcaucasie, Iran, Grèce, Bulgarie, Roumanie, Égypte, Grande-Bretagne, Allemagne, États-Unis ou France[8]. Comme le note Claire Mouradian, le HOK devient la « première organisation de masse des relations entre la RSS d'Arménie et la diaspora » à partir de 1924-1925[8]. Le HOK est un ainsi un agent d'influence et de propagande soviétique majeur, notamment via ses activités culturelles et ses périodiques[9].

Grâce aux fonds levés au sein des différentes communautés arméniennes, le HOK participe au financement de nombreuses infrastructures en Arménie : canaux d'irrigation, filature à Alexandropol, mines de cuivre à Ghapan, les gares d'Erevan et d'Ararat, l'hôtel Armenia, logements pour les rapatriés, villes nouvelles (Nor Malatya, Nor Sebastia, Nor Dikranakert)[8].

L'organisation est dissoute par le gouvernement arménien en [8].

Le HOG

Notes et références

Voir aussi

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