Commune de Bologne (Moyen Âge)
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Cet article est une ébauche concernant l’Italie et le Moyen Âge.

La commune de Bologne était l'ensemble des institutions municipales ayant gouverné la ville de Bologne, en Émilie-Romagne, de sa fondation de jure en 1116 à 1327, lorsque le légat Bertrand du Pouget obtint de la commune au nom du pape les pouvoirs de seigneur et gouverneur, et jusqu'à 1506, lorsque le pape Jules II entra dans la ville et l'annexa définitivement aux États pontificaux.
Période consulaire
En 1116, l'empereur Henri V accorde à Bologne divers droits et privilèges plus tard considérés comme la naissance de la commune. Les citoyens de Bologne étaient à l'origine gouvernés par des membres éminents de la société (boni homines), les consuls réunis en collège et mis en relation avec une assemblée du peuple, la contio. Ils sont vite surmontés voire évincés selon les périodes par un podestat, à l'origine arbitre entre factions originaire d'une autre ville que celle dans laquelle il exerce son mandat (1 an puis six mois), puis magistrat suprême de la ville, assisté d'une administration réunie au sein de la curia del Podestà ou curia podestarile. Il était également conseillé par un consilium sapientum, auquel siégeaient des docteurs de l'Université. Au XIIe siècle, le podestat est encore le délégué de l'empereur, qui se heurta au siècle suivant à la préférence violemment guelfe de Bologne. Le premier podestat mentionné est Guido di Sassoferrato en 1147.
La « commune du peuple »

Le XIIIe siècle et les guerres entre guelfes, menés par la famille Geremei, et gibelins, menés par la famille Lambertazzi, est fertile en expériences politiques : deux podestats sont nommés en 1211, et en 1245 émerge la figure du capitaine du peuple (capitano del popolo), concurrente au podestat mais qui ne réussit jamais vraiment à l'évincer. La contio devient un simple organisme de ratification des décisions du conseil consultatif des consuls, le consiglio di credenza, qui comprend en son sein l'élite de la ville : notaires, chefs des grandes familles, représentants des marchands et des changeurs. Lié à lui se développe vers 1217-1219 un consilium generale, assemblée comprenant entre autres des représentants des métiers et corporations (societates) qui prend une importance capitale après la révolte de Giuseppe Toschi en 1228. Celle-ci avait été motivée par les tensions entre les artisans et l'aristocratie urbaine, la défaite militaire contre Modène et une augmentation du prix du blé. Dans les années 1230, le consiglio di credenza qui compte alors plusieurs centaines de membres et le consilium generale sont réunis en un consilium commune comprenant plus d'un millier de conseillers.

En parallèle, le Popolo composé des artisans et des corporations met en place en 1255 un consiglio del popolo surmonté d'un conseil des anciens et des consuls (consiglio degli anziani e consoli, les consuls désignant alors les représentants des marchands et des changeurs, et les anciens désignant les représentants des autres métiers) qui remplace la curia du podestat, le conseil des anciens et des consuls étant lui-même surmonté du capitano del popolo. Le Popolo continue de plus en plus à prendre le contrôle des institutions jusqu'à reléguer le consilium commune à une simple chambre d'élection des officiers.
La commune et le légat pontifical
Par un diplôme solennel du 13 janvier 1278, Rodolphe Ier de Habsbourg, empereur germanique, abandonna officiellement la tutelle qu'il possédait sur la Romagne au profit du pape Nicolas III. C'est le début d'une période qui voit les ingérences de la Papauté de plus en plus visibles sur la ville.
Une des grandes inovations du XIVe siècle est la magistrature du consiglio dei sedici riformatori dello stato della libertà (seize réformateurs de l'état de liberté), fondé en décembre 1393 à l'origine comme un collège extraordinaire mais qui fut favorisé par les papes tout au long du XVe siècle et fut à l'origine du Sénat de Bologne, la plus haute autorité municipale de la ville à l'Époque moderne.
Bibliographie
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- Marco Conti, « Providus et discretus vir. La charge du depositarius des comptes à Bologne de la fin du XIIIe siècle au début du XVe siècle. », Comptabilités [Online], n°9, 2017.
- Sara Cucini, Législation statutaire et gouvernement pontifical en Italie centrale : le cas de l’administration de la justice criminelle à Bologne, deuxième moitié au XVe siècle, thèse de doctorat, Université de Montpellier 3, 2014.
- Massimo Giansante, « Il Comune di popolo a Bologna (1228-1327) » in Massimo Giansante et Diana Tura (dir.), Bologna 1116-1327 : due secoli di autonomia comunale, I quaderni del chiostro, n°8, 2020, pp. 99-173.
- Enea Gualandi, « Podestà, consoli, legati pontifìci, governatori e vice-legati che hanno governato la città di Bologna (1141-1755) », in L’Archiginnasio, t. LV-LVI, 1960-1961, pp. 191-236.
- Giorgio Tomba, « I documenti del governo del comune bolognese (1116-1512) : lineamenti della struttura istituzionale della città durante il Medioevo », Quaderni culturali bolognesi, n°6, 1978.