Community Memory
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Le système Community Memory (CM) est le premier bulletin board system (BBS) informatisé public, mis en place en 1973 à Berkeley, en Californie. Il est basé sur un ordinateur à temps partagé SDS 940, placé à San Francisco, connecté à un téléscripteur placé dans un magasin de disques de Berkeley, communicant à 110 bauds. Les utilisateurs pouvaient utiliser le téléscripteur pour envoyer leurs messages vers l'ordinateur, ou parcourir sa mémoire pour lire les réponses ou les anciens messages.
Community Memory était initialement pensé pour servir de moyen d'échange de ressources et d'informations pour des organisations économiques, éducatives ou sociales, généralement émanant de la contre-culture. Il devait ainsi les mettre en relation entre elles et avec le public. Community Memory devient vite un « marché aux puces de l'information »[1], qui donne accès à des bases de messages non modérés et bidirectionnels au public, grâce à des terminaux informatiques[2]. Une fois le système mis en place, les utilisateurs en font un mode de communication général, utilisé pour des discussions sur l'art, la littérature, le journalisme, le commerce, les questions de société, ou pour se sociabiliser.
Community Memory est créé par Efrem Lipkin, Mark Szpakowski, Lee Felsenstein et Jude Milhon[3], regroupés au sein du « Projet Community Memory ». Ils se retrouvent et travaillent au centre d'informatique Resource One de la communauté Project One, hébergée dans un hangar à San Francisco. Le groupe de passionnés d'informatique voulait mettre au point un système simple qui servirait de source d'information communautaire[4]. Felsenstein s'occupe du matériel, Lipkin du logiciel, et Szpakowski de l'interface utilisateur et de la gestion des informations. Lors de sa première phase, d'[5] à 1975, Community Memory est une expérience visant à évaluer les réactions des utilisateurs par rapport à l'échange d'informations par ordinateur. En effet, à cette époque, peu de particuliers sont en contact direct avec ce genre de machines. De plus, Community Memory doit aider à renforcer la communauté de Berkeley. Des brochures promotionnelles expliquent que « des canaux de communication forts, libres, non hiérarchisés - que ce soit avec un ordinateur et un modem, un stylo et de l'encre, un téléphone, ou en personne - doivent être en première ligne pour revitaliser nos communautés »[2].
Les créateurs et fondateurs de Community Memory partagent les valeurs de la contre-culture des années 1960 en Californie du nord, notamment la liberté d'expression et le pacifisme ; ils s’engagent aussi en faveur d’une technologie écologique, abordable, décentralisée et facile d’utilisation[6].
Community Memory est présent à Vancouver à partir de , sous l'impulsion d'Andrew Clement. Un deuxième système similaire à Community Memory apparaît à la fin des années 1970, porté par Efrem Lipkin et Ken Colstad.
Dans son livre l'Éthique des Hackers, Steven Levy décrit comment les fondateurs de Community Memory ont lancé leur organisation[7]. Certains participaient au Homebrew Computer Club, une organisation ayant affecté significativement le développement de l'ordinateur personnel.
