Complexe nuragique d'Albucciu

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Complexe nuragique d'Albucciu
Image illustrative de l’article Complexe nuragique d'Albucciu
Entrée du nuraghe.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sardaigne
Province Province de Gallura-Sardaigne Nord-Est
Commune Arzachena
Coordonnées 41° 04′ 05″ nord, 9° 24′ 35″ est
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Complexe nuragique d'Albucciu
Complexe nuragique d'Albucciu
Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
(Voir situation sur carte : Sardaigne)
Complexe nuragique d'Albucciu
Complexe nuragique d'Albucciu

Le complexe nuragique d'Albucciu est un site archéologique situé à Arzachena, dans la Province de Gallura-Sardaigne Nord-Est en Sardaigne. Le site comprend un nuraghe et une tombe des géants.

Architecture

Le nuraghe a été construit adossé à une formation rocheuse granitique occupant une légère surélévation du terrain, orientée nord‑sud, avec une large vue sur la plaine environnante, embrassant les montagnes de S. Pantaleo au sud‑est, les hauteurs qui s’élèvent progressivement depuis les monts de Luogosanto à l’ouest, jusqu’à culminer, au fond vers le sud‑ouest, dans le massif du Limbara[1].

Des traces d’habitations en cabane ont été retrouvées dans la zone entourant le nuraghe, mais un intense travail d’épierrage, réalisé à différentes époques, a presque complètement effacé les structures en élévation, ne laissant au sol que la présence de rares fragments céramiques, usés par le temps[1].

Le nuraghe est un bâtiment de forme sub‑rectangulaire aux angles arrondis. Le rocher naturel est intégré dans la structure et remplace les murs dans de nombreux cas, ce qui confère à l’ensemble un aspect massif malgré la complexe articulation des espaces internes. Il correspond à un type de nuraghes archaïques appelé « proto-nuraghes à couloir », fréquents en Gallura. Les murs sont construits avec des blocs de dimensions moyennes et grandes, non retouchés au ciseau ; seules l’architrave de l'entrée et les grandes consoles montrent des traces de travail. Le sol du terrassement est pavé de galets fluviaux, probablement recueillis le long des rives voisines du rio Bucchilalgu. La longue façade rectiligne aux angles arrondis du nuraghe est couronnée, presque en son centre, par huit grandes consoles en saillie probablement destinées à l'origine à empêcher l’escalade du mur depuis l’extérieur. Une balustrade de bois devait s’élever au‑dessus des consoles afin d'offrir un abri aux défenseurs du nuraghe et de les protéger du risque de chute depuis le haut du terrassement. Des traces de cette balustrade ont été relevées dans les gros amas d’argile portant l’empreinte de branches, retrouvés lors des fouilles à la base du monument et le long du bord du terrassement[1].

L'entrée, à ouverture rectangulaire, est surmontée d’un linteau. Elle est orientée à l’est et mène à un court couloir. Le couloir de forme trapézoïdale est recouvert de deux grandes dalles horizontales séparées l’une de l’autre. Deux petites niches, une de chaque côté, sont visibles près de l'entrée. Elles devaient accueillir les extrémités d’une poutre en bois destinée à maintenir fermée la porte d’entrée une fois que celle‑ci était encastrée dans une rainure creusée dans le pavement parallèlement au seuil. La porte, vraisemblablement en bois, devait être suspendue, à une corde qui, passant à travers un conduit rectangulaire traversant toute l’épaisseur du plafond, était fixée en hauteur, au sommet du terrassement, telle une herse de château-fort. Le couloir débouche sur, à droite, sur une chambre et, à gauche, sur un second couloir bas et étroit[1].

La chambre est de plan elliptique. Elle comporte au fond une petite annexe, avec une porte surmontée d’une fine dalle faisant office d’architrave. Les murs de la pièce annexe, également de plan elliptique, sont posés directement sur le rocher naturel, qui affleure en plusieurs points. Elle est recouverte d'une fausse coupole. Au fond de la chambre, un couloir bas et étroit, permet de sortir du nuraghe. Il s'apparente à un tunnel praticable à quatre pattes et débouche sur le flanc nord du nuraghe, sous deux blocs naturels accolés. Ce tunnel a été construit en réutilisant un conduit naturel qui a été aménagé en creusant partiellement la roche naturelle. Le second couloir dessine un tracé curviligne, manifestement conditionné par la forme du rocher naturel qui en constitue la paroi droite. Ce couloir est recouvert de dix dalles juxtaposées posées en plate‑bande et le sol est formé d’un dallage de petites pierres. La faible hauteur du couloir (1,50 m au maximum) ne permet pas de se tenir debout, il devait donc servir de dépôt pour des outils ou des provisions[1].

Un escalier situé dans le prolongement direct du couloir d’entrée mène au terrassement supérieur. L'escalier dessert une chambre correspondant au plus grand espace de tout le nuraghe. De plan sub-circulaire, elle est entourée de murs épais construits avec de grands blocs de granite. Toute la paroi ouest a été taillée dans le rocher. La paroi sud comporte deux ouvertures probablement destinée à l'aération et l’éclairage de la chambre. Côté est, un petit banc a été construit en fonction du foyer, situé au centre de la chambre, dans un demi‑cercle formé par deux pointes granitiques naturelles[1].

À l'origine, cette chambre devait être divisée en deux étages par un plancher en bois couvrant toute la surface de la chambre. L'accès au niveau supérieur devait être assuré par un escalier en bois qui, depuis le sol, atteignait une trappe ouverte dans le plancher. Il est également probable que l’on pouvait accéder à cet espace supérieur depuis le terrassement par une porte dont il ne reste toutefois aucune trace. L’existence du plancher est suggérée par la très grande quantité d’argile portant l’empreinte de branches, retrouvé au niveau du sol lors des fouilles de la chambre et qui pourrait correspondre à un plancher effondré[1].

Matériel archéologique

Dans la grande chambre, l'effondrement du plancher supérieur a scellé un contexte archéologique constitué de sept couches distinctes[1] :

Couche Nature Contenu Interprétation / Fonction
1 Effondrement Dalles et blocs granitiques de tailles croissantes vers le bas Effondrement final de la partie haute de la chambre scellant les niveaux sous‑jacents
2 Couche culturelle (phase finale d’occupation) Bol caréné, vase type « bouilloire », petite olla Mobilier in situ avant l'effondrement
3 Couche stérile Terre sans mobilier Phase d’abandon du nuraghe
4 Couche d'occupation active Céramiques variées (ollae à col haut, bols carénés, pieds de vases, plats décorés), poids de fuseau, poignard votif en bronze, perles en verre Activités domestiques et artisanales ; éléments importants pour la chronologie
5 Couche d'occupation intense Deux foyers, nombreuses céramiques, beaucoup d’enduit
6 Couche culturelle (la plus riche) Vases type « bouilloire », ollae, bols, plats décorés, poids de fuseau ; pilons, molettes, hache en schiste ; pierres ponces pour affûtage ; glands carbonisés Première phase d’occupation : activités culinaires, artisanales, métallurgiques ; foyer central actif
7 Infiltrations dans le pavement Fragments céramiques mêlés à la terre du sol Résidus infiltrés depuis la strate 6

La stratigraphie révèle une occupation longue et structurée. Les premières phases (strates 6 et 5) montrent une activité domestique et artisanale intense, avec des foyers, des outils et des céramiques variées. La phase suivante (strate 4) confirme une occupation riche, incluant des objets votifs et des parures. Un abandon temporaire (strate 3) précède une ultime réutilisation (strate 2). L’effondrement final (strate 1) scelle définitivement le monument[1].

Le matériel métallique découvert atteste d’une activité métallurgique locale et de contacts avec l'espace méditerranéen (lingots créto‑chypriotes)[1].

La séquence chronologique s’étend du Bronze moyen final au Bronze final, avec une reprise de l'occupation du site au début de l’âge du fer[1].

Tombe de Moru

Notes et références

Annexes

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