Composante spatiale optique

programme de satellites d'observation français From Wikipedia, the free encyclopedia

La Composante spatiale optique (CSO) est une série de trois satellites de reconnaissance optique faisant partie du programme d'armement français MUSIS (Multinational Space-based Imaging System). Déployés entre 2018 et 2025, ils doivent succéder, avec des performances accrues, aux satellites de génération précédente, Helios 2.

Constructeur Airbus Defence and Space (Toulouse)
Domaine Reconnaissance optique dans le visible et l'infrarouge
Type de mission Observation de la Terre à usage militaire
Faits en bref Organisation, Constructeur ...
Composante Spatiale Optique
Satellites de reconnaissance optique
Description de cette image, également commentée ci-après
La maquette d'un satellite CSO.
Données générales
Organisation Drapeau de la France CNES, DGA et EMA
Constructeur Airbus Defence and Space (Toulouse)
Domaine Reconnaissance optique dans le visible et l'infrarouge
Type de mission Observation de la Terre à usage militaire
Nombre d'exemplaires 3
Statut Opérationnel
Lancement CSO-1 :19 décembre 2018
CSO-2 : 29 décembre 2020
CSO-3 : 6 mars 2025
Lanceur Soyouz ST-A, Ariane 62
Durée 10 ans (mission primaire)
Identifiant COSPAR 2018-106A
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 3 565 kg
Plateforme Pléiades
Source d'énergie Panneaux solaires
Orbite
Orbite Héliosynchrone phasée
Altitude 800 km (CSO-1 et 3)
480 km (CSO-2)
Inclinaison 98,6°
Principaux instruments
Télescope Télescope de grande dimension
Capteurs Capteurs opérant dans le visible et l'infrarouge
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Historique

La France dispose depuis le lancement d'Helios 1A en 1995 de satellites de reconnaissance optique lui permettant d'acquérir des images à usage militaire. Quatre satellites de cette famille sont lancés au total. Pour remplacer les satellites Helios II arrivant en fin de vie, la France tente de fédérer les besoins de plusieurs pays à travers le programme international MUSIS sans rencontrer de succès. Finalement, en 2010, pour répondre aux enjeux d'imagerie spatiale avec la fin de vie prévisible d'Helios, le programme MUSIS est lancé dans un cadre purement national, avec l'acquisition de deux satellites uniquement pour la composante spatiale[1].

En , un accord bilatéral est trouvé avec l'Allemagne, prévoyant une participation allemande de 210 millions d'euros à la construction d'un troisième satellite, en échange d'un droit d'accès aux images[2]. La Suède est également partenaire du programme[3], ce qui permet l'utilisation d'une station terrienne située au nord du cercle polaire, station dédiée qui, du fait de sa position, autorise des récupérations plus régulières des données acquises par les satellites[4].

Caractéristiques techniques

Maquette d’un satellite CSO à l’échelle 1/4e

Contrairement aux satellites Helios qui utilisaient une plate-forme commune aux satellites civils SPOT, les satellites CSO utilisent une technologie de plate-forme dérivée des Pléiades. Ils sont en revanche bien plus lourds, avec une masse de 3 500 kg[4]. Le système comprend trois satellites identiques[5], avec un premier lancement en 2018[3], répartis sur deux altitudes différentes afin d'obtenir des images de type « très haute résolution » ou « extrêmement haute résolution ».

Ces satellites comprennent comme leurs prédécesseurs une capacité de prise d'images dans l'infrarouge[6],[7]. Par rapport aux satellites Helios II, leurs bandes spectrales sont beaucoup plus étendues[3]. Le système CSO fournit quatre fois plus d'images que le système Helios II, pour une capacité d'au moins 280 images par jour par satellite[3],[8].

Le système s'appuie sur le segment sol de MUSIS, qui est mis en œuvre au sein des Armées par le centre militaire d'observation par satellites (CMOS).

Le coût du programme s'élève à 1,3 milliard d'euros[1] auxquels il faut rajouter 300 millions d'euros pour le segment sol et sa maintenance sur douze ans[9]. Le coût marginal d'un unique satellite s'élève également à 300 millions d'euros[2]. Airbus Defence and Space France (centre spatial de Toulouse) fournit la plate-forme des satellites et Thales Alenia Space France fournit l'instrument optique (télescope et sous-ensemble de détection)[10].

CSO-1

Le premier satellite de la composante spatiale est lancé le par un lanceur Soyouz ST-A depuis le Centre spatial guyanais[11],[12]. Il fournit des images en très haute résolution (THR), tout comme les satellites Helios 2[13], d'environ 35 cm[14] public, depuis une orbite héliosynchrone phasée à une altitude de 800 km.

CSO-2

Le second satellite de la composante est lancé le par un lanceur Soyouz-ST[12],[15]. Il vole plus bas, à 480 km[4], afin de fournir des images dites EHR (extrêmement haute résolution).

CSO-3

Initialement prévu pour être lancé en fin d'année 2021[16] par une fusée Ariane 6, le troisième et dernier satellite de la composante a vu sa date de lancement être décalée à fin-2022 sur une fusée russe Soyouz-ST, lancée depuis le Centre spatial guyanais[12],[17]. Après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, le lancement est encore reporté à , sur Ariane 6[18],[19],[20],[21]. Selon l'agence spatiale européenne, suite à « des opérations additionnelles nécessaires sur le moyen au sol », le lancement est de nouveau reporté au lundi puis au à 16h24TU avec succès[22].

Placé en orbite à 800 km, il sert à augmenter la fréquence de revisite du système[5].

Coopération

Liste des États participants au programme CSO[23] :

Participation de la Suisse

En 2018, le nouveau patron du Service de renseignement de la Confédération (SRC), Jean-Philippe Gaudin, souhaite que la Suisse s'engage dans un programme de satellites militaires français. Il s'agit de prendre une participation dans le programme CSO afin de bénéficier de la force de la surveillance française et de son expertise[24],[25].

En , par un accord bilatéral, la Suisse se voit attribuer un droit de participation à la programmation des satellites et elle bénéficie aussi d'un accès à 2 % des images prises quotidiennement, ainsi qu'aux archives d'images du système, gérées par la France. En outre, un groupe de travail franco-suisse examinera quelles sont les options pour approfondir la collaboration sur les plans scientifiques et technologiques. Le programme, estimé à 82 millions de francs suisses, couvre notamment les droits de programmation et l'installation d'une station de réception en Suisse. Le système doit être pleinement opérationnel en 2022[26]. Le contrat-cadre est signé le et prévoit une utilisation à partir de 2025[27].

Avenir

En , la ministre des armées, Florence Parly, annonce que le programme qui succédera à CSO s'appelle Iris[28].

Notes et références

Annexes

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