Concile de Pise (1135)
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Le concile de Pise est réuni en mai 1135 par le pape Innocent II dans le cours de sa lutte contre l'antipape Anaclet II.
En 1130, dans la nuit où meurt Honorius II, seize cardinaux élisent le pape Innocent II. Quelques heures plus tard, vingt cardinaux se réunissent en un nouveau conclave. Ils élisent Anaclet II. Ni l'une ni l'autre de ces élections ne satisfait aux exigences légales — qui, à cette époque, manquent de clarté[1]. Certains, comme Paul Johnson, voient dans cette double élection une rivalité entre deux puissantes familles, celle des Frangipani et celle des Pierleoni[2]. John Norman Davidson Kelly pense, au contraire, qu'elle reflète une profonde division entre les cardinaux :
- les plus jeunes, depuis le concordat de Worms, s'attachent au renouveau interne de l'Église ;
- tandis que les plus vieux estiment que la réforme grégorienne consiste à arracher au Saint-Empire toujours plus de nouvelles concessions[3].
Allié à Roger II de Sicile, Anaclet va gouverner Rome paisiblement durant huit ans[1]. Réfugié en France, Innocent obtient de Louis VI la convocation, en , du concile régional de Clermont, où Bernard de Clairvaux le désigne comme pontife légitime de Rome. Anaclet y est excommunié[4]. Innocent préside l'année suivante le concile régional de Reims, où il jette l'anathème sur Anaclet[5].
Il revient à Rome en 1133, à la suite de l'entrée de Lothaire dans cette ville, mais ne peut s'y maintenir. II se retire alors à Pise[6].