Condition des femmes en Corée du Sud
vue globale de la condition féminines en Corée du Sud
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La condition des femmes en Corée du Sud est mise sous pression par une société encore fortement conservatrice et misogyne sur le plan économique, social, politique et légal, et par des mouvements masculinistes au pouvoir croissant n'hésitant pas à déployer des campagnes de harcèlement pour réprimer les mouvements féministes et préserver le statu quo.

Inégalités économiques
Le classement du Forum économique mondial de 2022 lié aux inégalités économiques hommes-femmes place le pays 99e sur 146, et est dernier dans le classement des pays de l'OCDE[1].
Le taux d'emploi des femmes est de 61,4 % en , ce qui place le pays en 31e position sur 38 dans cette catégorie dans le classement de l'OCDE[2]. Les inégalités liées aux accès aux postes à responsabilité se creusent énormément : 6,3% des membres des conseils d’administration des conglomérats en 2022 sont des femmes. Au sein de la fonction publique, en 2022, seulement 18,6% des députés sont des femmes, et le chiffre passe à 7,4% au niveau ministériel[3].
En termes d'inégalités salariales, la disparité hommes-femmes est de 31 % en 2021, ce qui fait du pays le moins bien classé de l'OCDE[4].
Dénonçant le manque de congé de maternité, l’Association des travailleuses coréennes explique en 2022 qu'« environ 50% des femmes qui tombent enceintes font des fausses couches en raison d’un travail excessif, et l’entreprise pénalise celles qui protestent, en leur refusant des congés. »[3].
Inégalités sociales
Visions de la femme
La société sud-coréenne reste « encore très conservatrice », ce qui crée des inégalités misogynes même devant la loi[3].
La femme est vue par les hommes sud-coréens comme devant se soumettre, son devoir étant de se marier et de n'être qu'une femme au foyer[5].
Violences sexuelles et sexistes
89 % des victimes de crimes violents sont des femmes, contre 50 % aux États-Unis[4].
Violences conjugales
Une étude du gouvernement de 2016 chiffre le taux de violences conjugales à 40 %[6].
Violences extra-conjugales
Entre 2013 et 2018, plus de 30 000 affaires de crimes sexuelles liées à l’utilisation de caméras cachées (« molka ») sont recensées. Les crimes sexuels sur les réseaux sociaux sont difficilement condamnés de par une différence de traitement hommes-femmes devant la loi[3].
En 2020, le démantèlement d'un réseau d'exploitation sexuelle de diffusion de vidéos sur internet[3].
Luttes sociales
Mouvements féministes
Réactions masculinistes
60 % des jeunes hommes sud-coréens sondés se disent en 2022 « fortement opposés » au féminisme[7], et se disent en 2021 « repoussés par les féministes ou par le féminisme »[3].
Des groupes masculinistes réagissent à ces mouvements de protestation qu'ils jugent « radicaux », « misandres » et « suprémacistes » par la moquerie et le harcèlement, n'hésitant pas à nier leurs droits et à les traiter de « maladie mentale » et de « cancer »[3],[7]. Les masculinistes harcèlent ainsi sur les réseaux sociaux voire attaquent physiquement des femmes aux cheveux courts, au motif qu'elles remettraient en cause les normes de beauté et donc le patriarcat[3],[8].
Toute interprétation, même alambiquée, d'actes féministes par des entreprises vaut des campagnes de harcèlement et de boycott de la part des masculinistes[9]. Ces campagnes finissent par leur valoir l'approbation tacite ou explicite dans les champs commerciaux, universitaires et politiques[3],[9].