Conflit libanais de 2008
From Wikipedia, the free encyclopedia
Tentative d'évincement du Hezbollah
Accord de Doha
Élection présidentielle
| Date | - |
|---|---|
| Lieu | Liban |
| Casus belli |
Absence d’exécutif depuis novembre 2007 Tentative d'évincement du Hezbollah |
| Issue |
Arrêt des combats Accord de Doha Élection présidentielle |
Michel Aoun |
Le conflit libanais de 2008 est une série d'affrontements armés de grande ampleur qui ont lieu en entre le Hezbollah et ses alliés et le Courant du futur.
La crise éclate dans un contexte politique tendu, après qu'une paralysie politique de 18 mois dégénère hors de contrôle.
Le conflit débute lorsque le gouvernement de Fouad Siniora renvoie le directeur de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, réputé proche de l’opposition, et ordonne de démanteler le réseau de télécommunication du Hezbollah.
L’opposition - notamment le Hezbollah, Amal et le Courant patriotique libre - condamne la décision. Le , le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dénonce « une déclaration de guerre à la résistance »[1],[2].
Le Premier ministre refuse de reculer, et, peu après, des violents affrontements éclatent partout dans Beyrouth, opposant principalement des combattants du Hezbollah à ceux du Courant du futur, le parti de Saad Hariri et du premier ministre Fouad Siniora[1]. Des miliciens attaquent le siège du mouvement du futur ainsi que plusieurs journaux. La maison de Saad Hariri est attaquée par des tirs de lance-roquettes[3]. L'armée libanaise reste neutre pendant le conflit.
Dans les jours qui suivent, des affrontements entre partis politiques ont lieu partout dans le pays, notamment dans Tripoli à la frontière avec la Syrie. Sur le mont Liban, des tirs entre membres du Hezbollah et du Parti socialiste progressiste dégénèrent en affrontements aux mortiers.
Les milices du Courant du Futur se rendent au bout de quelques jours, tandis que les deux décrets qui avaient provoqué le conflit sont révoqués Le , les accords de Doha prévoit l'élection à la présidence (vacante depuis ) du général Michel Sleimane, le chef de l'armée, la création d'un gouvernement d'union nationale dans lequel l'opposition disposerait d'une minorité de blocage, et une nouvelle loi électorale qui s'appliquerait lors du prochain scrutin du printemps 2009[2].
Un pays fracturé
Au début des années 2000, le Liban sort d'une guerre civile qui commence en 1975 et dure près de 15 ans.
La Syrie intervient en 1976 à la demande officielle du président libanais, Soleimane Frangié, et des milices chrétiennes conservatrices du Front libanais qui perdaient alors la guerre[4]. Israël envahit le Sud-Liban en 1978 pour éliminer l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), puis une grande partie du pays en 1982.
Début 2000, Israël se retire du Sud-Liban après une longue guérilla du Hezbollah[5] mais la Syrie, qui occupe plusieurs grandes villes comme Tripoli et Beyrouth, refuse de partir.
L'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri le provoque la révolution du Cèdre. Lors de ces événements, une grande partie des Libanais s'opposent à la présence syrienne au Liban qui dure depuis 1976 et à l'influence qu'elle exerce sur la politique nationale libanaise.
Ce mouvement populaire anti-syrien qui rassemble 1,3 million de personnes à Beyrouth va se poursuivre de 2006 à 2008. Il est représenté au niveau politique par la coalition du 14 mars[6]. De l'autre côté de l'échiquier politique se trouve la coalition du 8 mars, coalisée autour du Hezbollah. Ce mouvement islamiste chiite possède une branche armée et est proche des gardiens de la révolution islamique iraniens et du parti Baas syrien[7].
En 2006, la Syrie abandonne le Liban sous pression internationale[8].
Guerre de 2006
Lors de l'été 2006, le Hezbollah, est membre de la coalition gouvernementale et il dispose de plusieurs ministres.
Le mouvement décide le d'envoyer un commando en Israël qui y capture deux soldats et en tue huit autres[9]. Un an plus tôt, Israël avait été frappé par des tirs de roquettes provenant du Liban[10].
Pour Israël, une attaque armée sur son sol revendiquée par un parti officiel de gouvernement n'est rien de moins qu'une attaque d'État. C'est le début de la guerre de 2006. Après 34 jours de combats, le Liban est au sol et connaît une importante crise économique.
Fortes tensions entre 2006 et 2008
Lors des premières semaines au lendemain du conflit, le Hezbollah crie victoire. Lors d'un rallye le , Hassan Nasrallah déclare qu'il faut célébrer une « victoire divine[11] ».
La crise avec Israël a également mis à nu les fortes divisions régionales. Ainsi lors du conflit, l'Iran et la Syrie, soutiennent le Hezbollah et dénoncent publiquement Israël. À l'inverse, l'Arabie Saoudite condamne le Hezbollah [12].
L'Iran et la Syrie sont réputés très proches de la coalition du alors que l'Arabie Saoudite défend elle le Courant du futur (coalition du ) et est proche de l'élite sunnite libanaise, notamment de Rafic Hariri et son fils Saad Hariri.
Entre 2006 et 2008, le système politique libanais est paralysé en raison d'une crise politique liée à la fin du mandat d'Émile Lahoud. Aucun gouvernement ne parvient à se former pendant deux ans.
