Conflits navals algéro-portugais
batailles navals impliquant la Régence d’Alger
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Les conflits navals algéro-portugais sont une série de batailles et escarmouches du XVIIe siècle au XIXe siècle, entre la flotte du royaume de Portugal et celle de la régence d'Alger. Ils s’inscrivent principalement dans un contexte plus large de rivalité entre les puissances européennes et les régences barbaresques. Les hostilités entre les deux pays ont conduit à la signature d'un traité de paix et d'amitié le .
Signature d'un traité de Paix et d’Amitié entre la Régence d’Alger et le Royaume de Portugal le 14 juin 1813.
- Le Portugal verse 1 027 000 dollars à la Régence d'Alger en échange de la libération de 615 prisonniers portugais.
| Date | Du XVIIe siècle au XIXe siècle |
|---|---|
| Lieu |
Mer Méditerranée Océan Atlantique |
| Casus belli | Piraterie barbaresque |
| Issue |
Signature d'un traité de Paix et d’Amitié entre la Régence d’Alger et le Royaume de Portugal le 14 juin 1813.
|
| Inconnues | Inconnues |
| Plus d'une centaine de morts ou blessés Plusieurs prisonniers Plusieurs navires endommagés ou perdus |
Plus de 1 400 personnes capturées (depuis le XVIIe siècle) Plus d'une centaine de morts ou blessés Plus d'une dizaine de navires perdus |
Batailles
Sac de Madère
Attaque de Nossa Senhora da Conceição
Bombardement d'Alger (1784)
Action du 26 mai 1789
Action du 27 mai 1802
Contexte
Les attaques des navires algériens contre les portugais datent de plus de deux siècles car le Royaume du Portugal refuse de payer les taxes réclamées par les dirigeants d'Alger, malgré la piraterie barbaresque. En effet, il y a des raids contre les Portugais dès le XVIIe siècle, à proximité du détroit de Gibraltar ainsi que de la partie orientale de l'Océan Atlantique, avec notamment le sac de Madère par les corsaires d'Alger.
Déroulement
Les portugais participent au Bombardement d'Alger en 1784, aux côtés du Royaume d'Espagne, lors de la deuxième campagne d'Antoine Barcelo, avec une flotte composée de quatre navires. Un traité entre la Régence d'Alger et l'Espagne est signé en 1786 mais les affrontements avec les Portugais se poursuivent jusqu'aux premières années du XIXe siècle. Au cours d'une bataille, les marins algériens auraient réussi à capturer 16 navires et 118 prisonniers, ainsi qu'une quantité considérable de marchandises[1],[2].
En 1793, grâce à la médiation britannique, une trêve d'un an est conclue entre les Portugais et les Algériens[3],[4],[5], au cours de laquelle le Dey est informé que le Portugal serait prêt à payer 2 400 000 dollars pour finaliser la trêve, améliorant ainsi les chances de sa réussite. Cependant, la trêve est de courte durée, après que le Portugal ait commencé à protéger les navires américains contre les corsaires algériens[6]. Une nouvelle trêve est rétablie en 1795, bien que les batailles navales aient repris un an plus tard, en 1796[7].
En 1799, sous le commandement du Raïs Ben Tabak, plusieurs Chebec réussissent à capturer 79 marins portugais et leur navire de guerre[7]. Le , Hamidou ben Ali réussit à capturer une frégate portugaise en la trompant en lui faisant croire que son navire est anglais. Il capture également les 282 marins, ainsi que 48 canons[8]. Le lendemain, le , il capture une autre frégate avec 202 marins et 36 canons[9].
En 1803, Raïs Hamidou réussit à capturer plusieurs hommes d'élite portugais[7]. Le , les Algériens parviennent à capturer plusieurs navires du Portugal et de Hambourg[10],[11]. En 1807, à l'issue d'une mission réussie, Raïs Hamidou obtient un groupe d'esclaves portugais, qu'il revend ensuite à l'Empire chérifien pour 11 787 francs[7],[10]. En , Raïs Hamidou capture deux navires portugais chargés de charbon et de blé, ainsi que 74 hommes[10],[12]. En 1810, une force navale algérienne capture 3 navires portugais pleins de tabac. Le commandant rend deux des bateaux et garde le troisième pour lui[7].
Conséquences
Ces affrontements continuent jusqu'à ce que les Portugais négocient une trêve avec les Algériens en 1810, contre le paiement d'une lourde indemnité[13]. Le , la trêve est signée entre le prince régent du Portugal et le dey d’Alger selon laquelle, en échange du paiement d’une importante compensation et de la délivrance de 79 Algériens emprisonnés à Lisbonne, il s’engage à libérer 581 Portugais et 34 esclaves qui sont captifs à Alger. La libération s’effectue en trois groupes et s’achève le [14].
Le , le Royaume de Portugal signe un traité de Paix avec la Régence d'Alger[15], s'engageant à payer un total de 1 027 000 dollars, dont 690 000 pour réparations de guerre et 337 000 pour le retour de 615 prisonniers portugais. Le traité est signé entre le prince régent Jean de Portugal et le dey d’Alger Hadj Ali Deyi qui, en plus de cela, devrait recevoir 16 000 dollars de cadeaux [7],[16],[17],[18].